-
Le sommet de l'Otan vante des contrats d'armement, tente d'apaiser Trump
-
Marine Le Pen bientôt fixée sur sa candidature à la présidentielle 2027
-
Verdict attendu dans le procès du prince Harry contre le Daily Mail
-
Wimbledon: Arthur Féry, le conte de fées du plus Français des Britanniques
-
Les Bourses européennes entre légère hausse et repli prudent
-
L'incendie des Pyrénées-Orientales n'a pas progressé depuis lundi soir, 12.000 évacués
-
Un peu trop cool ? Quand les bouddhistes sud-coréens tentent de charmer la Gen Z
-
Journée cruciale pour la présidentielle avec le dénouement du procès Le Pen
-
Avant les élections, Trump ressort la peur du grand méchant Rouge
-
Equateur: le "canal de la mort", décharge à cadavres à Guayaquil
-
Macron retrouve Chareh pour sa deuxième journée à Damas
-
Mondial-2026: L'Espagne sort Ronaldo, la Belgique punit les USA, malgré Trump et Infantino
-
Samsung prévoit un bénéfice d'exploitation multiplié par 19 au 2e trimestre
-
Cuba, sous blocus pétrolier américain, s'efforce de rétablir son réseau électrique
-
Séismes: les secouristes étrangers s'en vont, le Venezuela cherche toujours
-
Mondial-2026: L'Espagne sort Ronaldo, Balogun attendu, Trump et Infantino scandalisent
-
Sommet de l'Otan: les Européens espèrent éviter la colère de Trump
-
Des bombardements russes font au moins 28 morts en Ukraine
-
Wimbledon: nouveau roi du Central, Arthur Féry continue d'écrire sa légende
-
Après le feu d'artifice géant, Washington est devenue brièvement la ville la plus polluée au monde
-
Mondial-2026: l'Espagne, sans éclat, pousse le Portugal et Ronaldo vers la sortie
-
L'astronaute canadien de la mission Artemis II prend sa retraite
-
Venezuela : le bilan du double séisme monte à 3.535 morts
-
Basket: les Bleus cuisent à l'étouffée les Finlandais
-
Face aux crises, l'Afghanistan a besoin des hommes et des femmes, insiste l'ONU
-
Wall Street clôture en hausse, tirée par les semi-conducteurs
-
Après le feu d'artifice géant, Washington plongé dans un nuage toxique
-
Canicule: les salariés de RTE exercent leur "droit d'alerte" sur les infrastructures
-
Wimbledon: nouveau roi du Central, Arthur Féry continue l'aventure
-
Ukraine: des bombardements russes font au moins 24 morts à Kiev et dans sa région
-
Microsoft supprime 4.800 postes, lance la restructuration de Xbox
-
Au procès Finaxiome, des parties civiles exaspérées, un prévenu qui dément toute implication
-
En Iran, le cercueil d'Ali Khamenei est arrivé dans la ville sainte de Qom
-
EU Inc., une menace pour les droits des travailleurs européens?
-
Sommet Otan: les alliés vont dévoiler des "dizaines de milliards de dollars" de contrats
-
Cédric Jubillar change de stratégie de défense et reconnaît avoir tué son épouse
-
Maserati: BYD ne discute pas d'un partenariat avec Stellantis, assure la dirigeante du groupe chinois
-
Le prince Harry est arrivé à Londres pour une visite dont l'organisation tourne au psychodrame
-
Interdiction des réseaux : Bruxelles appelle la France à revoir sa copie
-
Macron en Syrie, première visite d'un chef d'Etat occidental depuis la chute d'Assad
-
Nouvelle panne électrique générale à Cuba, sous blocus pétrolier des Etats-Unis
-
Incendies: deux hommes suspectés de plusieurs départs de feu dans l'Hérault
-
Le Hamas dissout ses instances dirigeantes à Gaza, Israël y voit une "ruse"
-
Avant la mort de Jean Pormanove, mauvaises blagues ou vraies violences ?
-
Mondial-2026: Espagne-Portugal à l'ombre du scandale Balogun, Trump assume, Infantino se défend
-
L'incendie des Pyrénées-Orientales ralentit, des moyens aériens supplémentaires attendus mardi
-
Les fortes chaleurs s'étendent, 61 départements en vigilance orange
-
Wimbledon: Paolini stoppe Eala, trois débutantes en quarts
-
Le chef de l'ONU appelle à une gouvernance mondiale "pensée et organisée" de l'IA
-
Pyrénées-Orientales: "C'était comme entrer dans un tunnel de fumée"
Euthanasie: les derniers instants de Lydie, Française partie mourir en Belgique
Hémiplégique de naissance, malvoyante, Lydie Imhoff, Française de 43 ans, a perdu progressivement l'usage de ses membres. Une situation qui l'a poussée à entamer les démarches pour une euthanasie en Belgique de “peur de vivre dans un corps mort”.
L'AFP l'a rencontrée une première fois en mars 2023 pour son entretien avec un psychiatre à Bruxelles, dont elle avait reçu le feu vert.
Puis l'équipe de l'AFP l'a accompagnée début 2024 dans ses derniers instants, de Besançon, dans l'est de la France, où elle vivait seule avec son lapin, à Bruxelles, où ses cendres ont été dispersées.
Mardi 30 janvier, Besançon, fin d'après-midi
À travers la baie vitrée, les dernières lueurs du jour pénètrent dans l'appartement de Lydie, quasiment vide.
Dans son fauteuil roulant, elle soupire pendant que sa lapine Lucky se balade. Chaque respiration résonne dans la pièce vide.
“D'un côté j'ai hâte d'être libérée, de l'autre je culpabilise de laisser les personnes que j'aime. Mais bon, c'est un choix de ma part”. Dans une ambiance lourde, elle manie aussi volontiers l'humour: “Faudra pas que j'oublie de mettre les clés dans la boîte aux lettres sinon je vais me faire tuer !”.
Mercredi 31 janvier, départ pour Bruxelles au petit matin
Il fait encore nuit quand Denis Rousseaux et sa femme Marie-Josée arrivent chez Lydie avec un van loué pour l'occasion.
Anesthésiste et infirmière retraités, ils aident Lydie dans sa démarche depuis l'été 2023.
Coupée de sa famille, Lydie ne compte que sur une poignée d'amis et de bénévoles.
Sur les sièges arrières, Lydie se blottit contre Marie-Josée et remonte son plaid encore plein de poils de Lucky, qui a été adopté par une famille la veille de son départ.
Une fois la chaise roulante chargée dans le grand coffre, Denis démarre.
C'est la première fois qu’ils accompagnent quelqu'un en Belgique.
“C'est essentiellement un geste humain, le geste politique vient après coup" explique Denis Rousseaux, les yeux rivés sur la route.
Mercredi 31 janvier, déjeuner à Longwy
Escale à Longwy, peu avant la frontière, pour retrouver Claudette Pierret, militante pour la fin de vie choisie.
C'est elle qui a mis en relation Lydie et le Dr Yves de Locht, le médecin généraliste belge qui assurera le dernier geste.
Une table est dressée. “C'est un repas d'anniversaire ça !” lance Lydie.
“J'espère que là-haut je serai tranquille et que je vais avoir un peu de repos. Je suis fatiguée, je suis fatiguée de me battre contre mon quotidien, contre la maladie, contre mon handicap, contre tout en fait", lâche-t-elle. "J'ai beau me marrer, j’ai beau dire des conneries à longueur de journée, mais voilà".
Montrant son visage elle enchaîne: “Ce qu'on voit-là, c'est pas ce qu'il y a en dessous en fait.”
Le repas terminé, les adieux se font devant le portail d'entrée. Le van reprend sa route vers Bruxelles.
La journée n’est toujours pas terminée pour Lydie. À l'hôpital, elle prend place dans une grande chambre au décor marin.
“Bon c'est quoi le repas du condamné ce soir ?”.
Mercredi 31 janvier, hôpital de Bruxelles
Avant de passer sa dernière nuit, Lydie s’entretient avec le Dr de Locht.
- “Vous êtes toujours d'accord pour le faire ?”
- “Oui ! Vous êtes sûr que je ne vais pas me réveiller hein ?”
- “Dites-moi ce que vous avez encore sur le cœur.”
- “Je pense aux gens que je laisse derrière moi".
- “Vous savez ce qu'ils vont se dire, malgré la tristesse qu'ils vont ressentir, ils vont quand même se dire que vous êtes libérée.”
A la fin de l'entretien, Lydie serre le médecin dans ses bras. “Il est tout doux votre pull !”
Jeudi 1er février
Un grand soleil illumine Bruxelles. Les rideaux sont tirés dans la chambre de Lydie.
Marie-Josée et Denis sont assis de chaque côté du lit. Malgré les manifestations d'agriculteurs, le Dr de Locht arrive à l'heure.
Il demande une dernière fois à Lydie si elle souhaite mourir. Réponse positive. “Ok, on va préparer les produits, je vous laisse encore un peu ensemble et dans quelques minutes on arrive”.
Le Dr de Locht est aidé par le Pr Wim Distelmans, chef du service de soins palliatifs. Dans un petit laboratoire, c'est lui qui prépare le mélange, à base de trois ampoules de Thiopental.
La seringue est prête, les deux médecins traversent le couloir de l'hôpital. Dans la chambre, Denis présente le Pr Distelmans à Lydie.
“C'est le big boss ?” demande-t-elle, provoquant des éclats de rire. Tous se regroupent autour du lit. Des derniers mots s'échangent, le Dr de Locht annonce enfin : “Lydie, je vous dis au revoir.”
“On se retrouve là-haut ?” demande Lydie.
“Bon, allez, salut les Belges, salut les Français !”
Le fauteuil roulant vide de Lydie fait face à la porte de la chambre quand le docteur et le professeur sortent.
Dans un couloir de l'hôpital, le Dr de Locht se confie: "mon sentiment est que la maladie la tuait petit à petit et moi j'ai arrêté ses souffrances, ce qui correspond à mon éthique de médecin. Je n'ai pas du tout le sentiment de l'avoir tuée, j'ai le sentiment d'avoir abrégé ses souffrances".
Dans un bureau, en compagnie du Pr Distelmans, il finalise les papiers qu'il fournira à la Commission de contrôle. Avant de partir, il échange quelques mots avec Denis et Marie-Josée : "On l'a libérée".
Quatre jours après sa mort, Lydie a été incinérée et ses cendres dispersées dans l'herbe d'un jardin mémoriel en bordure de Bruxelles. Aucun proche n'était présent. C'est le personnel du crématorium qui, après avoir récupéré l’urne, a dispersé les cendres dans le vent.
La loi belge de 2002 qui a dépénalisé l'euthanasie exige au moins deux avis concordants pour que l'injection puisse avoir lieu, celui d'un psychiatre venant compléter le diagnostic d'un médecin généraliste.
Le texte stipule aussi que la demande doit répondre à une souffrance "constante, insupportable et inapaisable" résultant d'une affection "grave et incurable".
En 2022, 2.966 euthanasies ont été pratiquées en Belgique, selon la commission fédérale de contrôle et d'évaluation. Sur ce total, 53 personnes résidaient en France.
D.Schneider--BTB