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Journée de mobilisation : des blocages avant le départ des premiers cortèges
Blocage de lycées et de dépôts de bus, coupure d'eau en Martinique : plus d'une centaine d'actions étaient recensées jeudi matin en France par les autorités au matin d'une journée de mobilisation visant à peser sur les choix budgétaires du nouveau Premier ministre.
A 10h00, ces actions avaient réuni près de 8.000 manifestants selon la gendarmerie et la police, cette dernière faisant état de plus d'une cinquantaine d'interpellations, de 80 blocages en cours et de deux gardes à vue.
"Aujourd'hui, on bloque parce qu'on est contre ce gouvernement, parce que même si Bayrou a démissionné, on a Lecornu, qui est la même figure politique", dénonce Louise, 16 ans, lycéenne en première au lycée parisien Victor-Hugo, également bloqué.
A Paris, l'université de Tolbiac a fermé son campus à la suite "d'actions violentes à l'encontre des personnels et à un blocage des issues du bâtiment".
Dans le Nord, plusieurs dizaines de manifestants ont bloqué quelques heures un dépôt de bus à Villeneuve-d'Ascq, près de Lille.
"On en a marre, on en a ras-le-bol d'être taxés à gogo" et d'avoir "des difficultés à finir nos fins de mois" dès "le 15 du mois", explique Samuel Gaillard, 58 ans, un chauffeur de camion-poubelles et syndicaliste CGT.
A Marseille, des petits groupes qui tentaient de se rassembler ont été rapidement dispersés, parfois à coup de lacrymogènes, notamment dans le quartier de la Joliette, près du port, selon l'AFP.
En Martinique, une tentative de "sabotage" sur un réseau d'eau a été déjouée, selon le ministre démissionnaire de l'Intérieur Bruno Retailleau qui a évoqué également des "points de blocage débloqués" en région parisienne.
Les perturbations dans les transports en commun sont quant à elles "conformes aux attentes", avec la plupart des métros et RER qui ne circuleront qu'aux heures de pointe, a indiqué la RATP à l'AFP.
Sur l'ensemble des transports, "on a certes une situation perturbée mais elle n'est pas bloquée", a déclaré le ministre des Transports Philippe Tabarot.
- Drones et canons à eau -
Jusqu'à 900.000 manifestants sont attendus par les autorités, une affluence qui dépasserait largement la mobilisation, moins structurée, du 10 septembre (près de 200.000 personnes d'après le décompte officiel) et égalerait celle des journées d'action contre la réforme des retraites en 2023.
Quelque 250 cortèges sont prévus dans toute la France, avec pas moins d'un tiers d'enseignants grévistes dans les écoles.
Les premiers cortèges partiront en milieu de matinée à Montpellier, Marseille, St Malo, notamment.
A Paris, le cortège s'élancera, avec les neuf leaders syndicaux et plusieurs responsables de gauche, à 14h de la place de la Bastille vers la place de la Nation.
Les pharmaciens se mobilisent, eux aussi, pour dénoncer la réduction des remises commerciales sur les médicaments génériques. Neuf officines sur 10 devraient rester fermées.
- Front commun -
Les signaux d'apaisement qu'a tenté d'envoyer le nouveau Premier ministre Sébastien Lecornu en abandonnant l'impopulaire suppression de deux jours fériés et en supprimant les "avantages à vie" des anciens Premiers ministres, n'ont pas essoufflé la mobilisation.
Refus d'une nouvelle réforme de l'assurance chômage et du gel des prestations sociales, demande de moyens pour les services publics et de justice fiscale... Les revendications sont nombreuses et les crispations sur la très controversée réforme des retraites, adoptée sans vote en 2023, persistent.
"Nous récoltons aujourd'hui le résultat de la mobilisation enclenchée il y a deux ans" contre cette réforme, a estimé mercredi la numéro 1 de la CGT, Sophie Binet, qui réclame toujours son "abrogation".
Son homologue de la CFDT, Marylise Léon, a appelé à sa "suspension".
Comme aux grandes heures de la mobilisation de 2023, CFDT, CGT, FO, CFE-CGC, CFTC, Unsa, FSU et Solidaires font front commun pour dénoncer les mesures d'économie annoncées par François Bayrou en juillet.
Pourtant, des divergences apparaissent déjà dans ce front, depuis la réception des syndicats à Matignon ces derniers jours. La CGT en est sortie en dénonçant une rupture de façade avec les choix de François Bayrou tandis que François Hommeril (CFE-CGC) a estimé que cet entretien ouvrait "des perspectives" et Cyril Chabanier (CFTC) a senti "un Premier ministre prêt à bouger les lignes".
La CFDT a reconnu certains signaux d'ouverture mais plaidé pour que le monde du travail ne soit pas "le seul à payer" la facture.
La plan de François Bayrou prévoyait un effort massif d'économies de 44 milliards d'euros pour le budget 2026. Son successeur a l'intention d'en faire un point de départ, avant de laisser les parlementaires l'amender.
F.Müller--BTB