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ALEX BODI ȘI AMBASADORUL REPUBLICII SUDANUL DE SUD, GUM DOMINIC MATIOK, DISCUTĂ LA BERLIN DESPRE POSIBILITATEA ÎNFIINȚĂRII UNUI CONSULAT ONORIFIC LA BUCUREȘTI
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Procès Péchier: "Il faut des preuves", martèle la défense
"Il faut des preuves": Après le rouleau compresseur de l'accusation, qui a requis la perpétuité contre Frédéric Péchier, la défense de l'anesthésiste de Besançon est entrée en scène lundi avec une plaidoirie destinée à instiller le doute et arracher l'acquittement.
"C'est le procès d'une vie", a confié quelques minutes avant de prendre la parole Randall Schwerdorffer, qui assure la défense de l'anesthésiste - épaulé par Julie Péchier, avocate et sœur de l'accusé.
Silhouette imposante et chevelure de jais, l'avocat a débuté sa plaidoirie à 9H15 devant la cour d'assises du Doubs pour porter la voix et la version du médecin de 53 ans.
La question "ce n'est pas : +est-ce que Frédéric Péchier nous plaît, ne nous plaît pas, est-ce qu'il pleure ou ne pleure pas+", a déclaré son avocat en référence au manque d'empathie qui a été reproché à son client.
"Il faut des preuves", a-t-il martelé. "On n'est pas là pour préjuger quelqu'un, on est là pour le juger", selon le conseil qui en appelle à l'"impartialité" des jurés.
Accusé d'avoir empoisonné 30 patients - dont 12 sont morts - au bloc opératoire, entre 2008 et 2017 dans deux cliniques de Besançon, Frédéric Péchier, qui comparaît libre depuis le 8 septembre, n'a cessé de clamer son innocence, a rappelé son conseil.
Son défenseur veut tenter d'obtenir des six jurés populaires et des trois magistrats professionnels un acquittement.
Après sa plaidoirie, la parole sera donnée une dernière fois à l'accusé, puis la cour d'assises du Doubs se retirera pour délibérer. Elle rendra son verdict d'ici à vendredi.
La semaine dernière, au terme d'un réquisitoire fleuve de plus de dix heures d'une rare intensité, les deux avocates générales Thérèse Brunisso et Christine de Curraize ont requis la réclusion criminelle à perpétuité, assortie d'une période de sûreté de 22 ans, à l'encontre de celui qu'elles ont qualifié de "tueur en série" aux crimes "hautement pervers".
Frédéric Péchier est "l'un des plus grands criminels de l'histoire", il "a utilisé la médecine pour tuer", ont-elles asséné.
- "L'imposture Péchier" -
Jamais Frédéric Péchier n'a flanché malgré les assauts répétés et implacables du ministère public.
"Je maintiendrai toujours que je ne suis pas l'empoisonneur", a une ultime fois soutenu l'accusé lors de son dernier interrogatoire sur les faits.
Depuis plus de trois mois, les débats de la cour d'assises ont passé en revue l'enquête de police, les expertises médicales et les témoignages émouvants des victimes présumées et de leurs familles, défendues par 27 avocats.
Selon le duo de magistrates de l'accusation, le praticien introduisait, sans se faire remarquer, du potassium, des anesthésiques locaux, de l'adrénaline ou encore de l'héparine dans des poches de perfusion. Ces poches empoisonnées étaient ensuite perfusées aux patients, ce qui déclenchait des arrêts cardiaques ou des hémorragies incompréhensibles pour les soignants.
L'empoisonneur cherchait ainsi à nuire à des médecins avec qui il était en conflit et "nourrir sa soif de puissance", selon le ministère public.
Une démonstration saluée par les avocats des parties civiles, qui pendant les trois mois d'audience ont exhorté l'accusé à avouer, en vain.
"Douze morts, dix-huit rescapés, je crois qu'on ne pouvait pas requérir autre chose" que la perpétuité, a noté Me Stéphane Giuranna.
Pour son confrère Frédéric Berna, à présent que les avocates générales ont "définitivement débusqué l'imposture Péchier", les "écrans de fumée de la défense" ne pourront plus "faire échapper Péchier à la vérité judiciaire".
Pour être "bien condamné", l'accusé doit être "bien défendu", a reconnu le conseil. "Je ne doute pas qu'il le sera, mais encore une fois, j'espère que la défense aura la dignité de sortir de la position d'imposture qu'elle a eue jusque-là".
J.Horn--BTB