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Iran: au moins 1.500 condamnés à mort exécutés en 2025, record "depuis plus de 35 ans", selon une ONG
Au moins 1.500 condamnés à mort ont été exécutés en Iran en 2025, selon un décompte de l'ONG Iran Human Rights (IHR), qui affirme qu'il s'agit du chiffre annuel d'exécutions le plus élevé recensé par l'organisation depuis 35 ans.
"Ce dont nous sommes sûrs, c'est que le nombre d'exécutions dépasse les 1.500. C'est un record. C'est le plus grand nombre d'exécutions recensées ou signalées depuis la fin des années 1980, soit depuis plus de 35 ans", a déclaré jeudi à l'AFP Mahmood Amiry-Moghaddam, directeur de cette ONG basée en Norvège.
D'autres exécutions restent à confirmer, a-t-il ajouté, évoquant une hausse "sans précédent".
Selon l'IHR, plus de 700 des personnes exécutées en 2025 avaient fait l'objet de condamnations liées à la drogue.
Des organisations de défense des droits humains accusent régulièrement la République islamique de mener des exécutions à un niveau jamais atteint ces dernières années, dans un contexte marqué par des mouvements de protestation contre le pouvoir de l'ayatollah Ali Khamenei en 2022-2023 et la guerre de 12 jours contre Israël en juin.
Selon Mahmood Amiry-Moghaddam, le nombre d'exécutions a augmenté depuis le mouvement de contestation qui a secoué l'Iran fin 2022, après la mort en détention d'une jeune femme nommée Mahsa Amini, arrêtée pour avoir prétendument enfreint le code vestimentaire en vigueur.
"Le nombre d'exécutions augmente de façon dramatique d'année en année. De plus de 500 en 2022, nous sommes passés à plus de 800 en 2023, puis à 975 en 2024, et aujourd'hui, on en est à plus de 1.500", a-t-il détaillé.
"Les autorités iraniennes utilisent la peine de mort comme un instrument de terreur. (...) L'objectif de ces exécutions était d'empêcher de nouvelles manifestations. Mais comme vous le voyez, ces derniers temps, elles n'ont pas réussi", a-t-il estimé.
L'Iran connaît des manifestations depuis cinq jours, dans le cadre d'un mouvement lancé dimanche par des commerçants de la capitale Téhéran dénonçant l'hyperinflation galopante et la dégradation de la situation économique dans le pays. Depuis, des rassemblements sporadiques se sont tenus dans plusieurs villes et universités.
Des affrontements localisés entre manifestants et forces de l'ordre ont fait trois morts jeudi, selon des médias locaux, les premiers recensés dans le cadre de ces mobilisations.
Ce mouvement contre la vie chère est à ce stade sans commune mesure avec celui qui avait secoué l'Iran après la mort de Mahsa Amini. Plusieurs centaines de personnes avaient alors trouvé la mort, dont des dizaines de membres des forces de sécurité
Selon des organisations de défense des droits humains, dont Amnesty International, l'Iran est le deuxième pays au monde qui exécute le plus de personnes, après la Chine qui procéderait à des milliers d'exécutions chaque année, bien qu'aucun chiffre précis ne soit disponible.
I.Meyer--BTB