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ALEX BODI ȘI AMBASADORUL REPUBLICII SUDANUL DE SUD, GUM DOMINIC MATIOK, DISCUTĂ LA BERLIN DESPRE POSIBILITATEA ÎNFIINȚĂRII UNUI CONSULAT ONORIFIC LA BUCUREȘTI
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Le pouvoir syrien maître d'Alep après avoir délogé les Kurdes
Le gouvernement syrien s'est assuré dimanche le contrôle d'Alep, grande ville du nord du pays, après des jours de combats meurtriers dans les quartiers kurdes et l'évacuation de centaines de combattants kurdes vers les zones autonomes gérées par cette minorité.
Ces affrontements, les plus violents dans la deuxième ville syrienne depuis la chute du président Bachar al-Assad en décembre 2024, viennent fragiliser le précaire processus de transition dans un pays meurtri par près de 14 ans de guerre civile.
Ils interviennent alors que les négociations pour mettre en oeuvre un accord conclu en mars 2025, visant à intégrer les institutions civiles et militaires de l'administration autonome kurde au sein de l'Etat syrien, sont dans l'impasse.
Après avoir refusé pendant de longues heures de se rendre, les combattants kurdes retranchés dans leur dernier bastion de Cheikh Maqsoud ont finalement quitté Alep dans la nuit, embarquant dans des cars en direction du nord-est.
Au total, les forces syriennes ont évacué 419 combattants dont 59 blessés, a indiqué un responsable du ministère de l'Intérieur à l'AFP, sous couvert d'anonymat, ainsi que "des personnes tuées" dont il n'a pas précisé le nombre.
- Voeux de vengeance -
A six heures de route de là, dans la ville kurde de Qamichli (nord-est), des centaines de personnes ont accueilli les combattants avec colère et des promesses de vengeance, selon une équipe de l'AFP sur place.
"Nous vengerons Cheikh Maqsoud, nous vengerons nos martyrs", a lancé Oum Dalil, une femme de 55 ans.
Dans la foule, des slogans contre le président syrien Ahmad al-Chareh et son image barrée d'une grande croix, tout comme celle de l'ennemi juré turc, représenté par son ministre des Affaires étrangères Hakan Fidan.
L'émissaire américain Tom Barrack était aussi ciblé après avoir rencontré la veille M. Chareh à Damas et lancé un appel à la "retenue" et à la fin des hostilités.
Outre ces hommes évacués, 300 autres Kurdes ont été arrêtés à Alep, selon le responsable du ministère qui n'a pas donné de détail sur leur identité.
Samedi, un correspondant de l'AFP avait vu plusieurs dizaines de jeunes gens, en civil, assis par terre, sous la garde des forces syriennes, avant d'être conduits sous escorte dans des cars à la destination inconnue.
Les combats qui avaient éclaté le 6 janvier ont fait au moins 24 morts et 129 blessés, et provoqué le déplacement d'environ 155.000 personnes, selon les autorités.
L'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH), une ONG disposant d'un vaste réseau de sources dans le pays, a fait état d'un bilan plus élevé de 45 civils tués et de 60 morts parmi les forces armées des deux côtés.
Il a aussi dénoncé des "exécutions sur le terrain" et des corps brûlés à Cheikh Maqsoud par les forces gouvernementales, mais l'AFP n'a pas été en mesure de vérifier ces informations.
- "Maisons pillées" -
Dans le quartier d'Achrafieh, premier des deux bastions kurdes à être tombé aux mains de l'armée, des habitants portant sacs et couvertures ont pu dimanche rentrer chez eux après une fouille des forces de sécurité, a constaté un correspondant de l'AFP.
"Nous avons trouvé des trous dans les murs et nos maisons ont été pillées", déplore Yahya al-Soufi, un vendeur de vêtements de 49 ans. "Maintenant que le calme est revenu, nous allons faire des réparations et rétablir l'eau et l'électricité", dit-il.
L'autre quartier de Cheikh Maqsoud, qui a connu les plus violents combats, reste pour l'heure interdit d'accès.
Les combats d'Alep ont rappelé aux habitants les années de la guerre civile, lorsque de violents affrontements avaient opposé la partie est, aux mains des rebelles, au secteur ouest tenu par les forces gouvernementales.
L'armée avait pris le contrôle de toute la ville en décembre 2016, forçant les opposants et leurs familles à évacuer vers ce qui était alors le réduit rebelle d'Idleb dans le nord-ouest.
Depuis la chute de Bachar al-Assad, le pouvoir islamiste s'est engagé à protéger les minorités. Mais les combats d'Alep sont le troisième épisode de violences avec des minorités, après des massacres d'alaouites sur la côte en mars et des combats avec les druzes dans le sud en juillet.
Les Kurdes, qui ont tiré profit du chaos de la guerre civile (2011-2024) pour s'emparer de vastes territoires du nord et nord-est de la Syrie - incluant champs pétroliers et gaziers - réclament notamment un système de gouvernance décentralisé, ce que rejette Damas.
C.Kovalenko--BTB