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ALEX BODI ȘI AMBASADORUL REPUBLICII SUDANUL DE SUD, GUM DOMINIC MATIOK, DISCUTĂ LA BERLIN DESPRE POSIBILITATEA ÎNFIINȚĂRII UNUI CONSULAT ONORIFIC LA BUCUREȘTI
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L'Ouganda bloque internet avant les élections
Internet a été coupé mardi en Ouganda, deux jours avant les élections présidentielle et législatives au terme desquelles Yoweri Museveni, président depuis 40 ans, aspire à se maintenir au pouvoir, ont constaté des journalistes de l'AFP à Kampala.
La Commission ougandaise des Communications avait demandé cette suspension du réseau, dès 18H00 (15H00 GMT) et pour une durée indéterminée, dans une lettre adressée aux fournisseurs d'accès, afin d'"atténuer la propagation rapide de la désinformation (...) en ligne, la fraude électorale et les risques connexes, ainsi que pour empêcher l'incitation à la violence".
Deux journalistes de l'AFP à Kampala ont perdu l'accès à internet et certains appels internationaux ne passaient plus peu après l'heure dite.
L'ONG de surveillance de la cybersécurité Netblocks a fait état sur X d'une "perturbation à l'échelle nationale de la connectivité à l'internet en Ouganda".
Le pays d'Afrique de l'Est avait déjà bloqué l'accès à l'internet lors de la présidentielle de 2021, remportée par l'indéboulonnable Yoweri Museveni, désormais âgé de 81 ans.
L'ancien chanteur populaire devenu homme politique Bobi Wine - de son vrai nom Robert Kyagulanyi -, son principal adversaire il y a cinq ans et challenger numéro 1 encore aujourd'hui, avait alors dénoncé une "mascarade" électorale, entachée de dizaines de morts.
- "Fraude électorale" -
Dans un communiqué publié sur X, la Commission des droits de l'Homme du Kenya (KHRC), une ONG kényane, a "exhorté les citoyens ougandais à documenter soigneusement tout cas de fraude électorale ou de violence de la part des forces de sécurité". Nombre d'ONG dénoncent une entraide entre les dirigeants kényans, ougandais et tanzaniens pour faire taire les voix dissidentes dans ces trois pays.
Kampala n'a fait aucune déclaration publique au sujet de cette coupure.
L'exécutif ougandais avait pourtant répété à plusieurs reprises que le réseau ne serait pas bloqué pendant l'élection. Le 5 juillet, il avait même posté sur X que "les affirmations suggérant le contraire sont fausses, trompeuses et destinées à provoquer une peur et une tension inutiles au sein du public".
La suspension d'internet est intervenue quelques heures après le dernier meeting du président Museveni, auquel des milliers de personnes, dont de nombreux sympathisants habillés de jaune, sa couleur, ont assisté mardi.
"Quarante ans, ce n'est pas important", a expliqué Banura Oliver, une quadragénaire portant t-shirt et casquette jaunes, "on a besoin qu'il reste au pouvoir même 80 ans" de plus.
Bobi "Wine est un type sympa. Je l'écoute depuis mon enfance (...) Sa musique est bien mais c'est le président Museveni qui doit être dans le fauteuil du président", a de son côté estimé Tamaal Albany Farockel, autoentrepreneuse de 32 ans.
Certains participants ont toutefois affirmé n'être là que pour le riz et la viande servis gratuitement et n'avoir pas l’intention de voter pour le chef de l'Etat.
"Tu me donnes à manger pour aujourd'hui, mais demain ?", a lancé Mugaala, 23 ans, sans emploi, qui n'a pas souhaité communiquer son nom de famille à l'AFP.
- "Intimidation généralisée" -
De nombreux reporters étrangers, malgré une accréditation du gouvernement, se sont par ailleurs vu refuser l’accès au meeting présidentiel et plusieurs ont été menacés d’arrestation.
"Votre caméra n'est pas la bienvenue", a déclaré un membre des forces de sécurité aux journalistes après avoir inspecté cartes de presse et autorisations.
Les élections en Ouganda se déroulent "dans un climat marqué par une répression et une intimidation généralisées", a estimé vendredi le bureau du Haut-Commissaire onusien pour les droits de l'Homme.
Au moins 400 partisans de la Plateforme d'unité nationale (NUP), le parti de Bobi Wine, ont été arrêtés ces derniers mois simplement pour l'avoir soutenue, estime l'ONG Amnesty international.
L'un d'entre eux a été tué en novembre, la police affirmant alors qu'elle faisait face à des "hooligans".
L'Ouganda avait annoncé fin décembre restreindre l'importation de Starlink et d'autres récepteurs internet satellite qui auraient permis de contourner la coupure nationale d'internet.
La crainte s'accroît d'une répétition du scénario vécu en Tanzanie voisine, où internet avait été bloqué plusieurs jours à partir du 29 octobre, lors d'élections finalement jugées frauduleuses par des observateurs étrangers.
Des manifestations antipouvoir avaient été réprimées dans le sang, avec plus de 2.000 personnes tuées selon l'opposition, dans l'opacité la plus totale.
A.Gasser--BTB