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Présidentielle au Pérou: Fujimori en tête, des bureaux rouvrent lundi après des ratés
La candidate de droite Keiko Fujimori est donnée en tête des premières estimations dimanche pour la présidentielle au Pérou, dans un scrutin marqué par de graves perturbations logistiques, retardant l'annonce des résultats.
Des bureaux de vote rouvriront lundi, après des retards dans l'acheminement du matériel électoral qui ont empêché quelque 63.000 électeurs de voter, a annoncé le Jury national électoral (JNE), précisant une ouverture de 07H00 (12H00 GMT) à 18H00 (23H00 GMT).
Leur centre de vote est resté fermé toute la journée, poussant la police et des enquêteurs à se rendre dans les locaux de l'autorité électorale (ONPE), dans le cadre d'une enquête.
La journée a été marquée par de longues files d'électeurs excédés devant des centres fermés, finalement empêchés de voter, ainsi que par des accusations de fraude non étayées.
Malgré ces perturbations, Keiko Fujimori est donnée en tête des premières estimations à la sortie des urnes.
Les instituts Ipsos et Datum prévoient un second tour le 7 juin entre elle et l'un des quatre autres candidats en lice pour la deuxième place, dont l'ultraconservateur Rafael Lopez Aliaga et le candidat de gauche radicale Roberto Sanchez.
L'ancien maire de Lima Rafael Lopez Aliaga a cependant dénoncé lors d'une conférence de presse "une fraude électorale gravissime" et a dit "appeler à une mobilisation citoyenne".
"Le pouvoir exécutif a rempli strictement et de manière responsable son mandat constitutionnel de garantir l'ordre, la sécurité et la protection du matériel électoral", a affirmé la présidence péruvienne.
"Ils n'ont pas garanti un processus clair (...) Il n'y a pas d'autre mot que fraude", a déclaré à l'AFP Karina Herrera, en manifestant devant les locaux de l'ONPE, où des journalistes de l'AFP ont constaté la présence de forces de l'ordre à l'intérieur et aux abords du bâtiment.
Le scrutin, marqué par un nombre record de 35 candidats, s'est déroulé dans un contexte de flambée de la criminalité et de rejet de la classe politique.
Plus de 27 millions d'électeurs étaient appelés aux urnes pour élire président et parlementaires lors de ce vote obligatoire. Le scrutin marque le retour d'un Parlement bicaméral pour la première fois depuis 1990.
- Fragmentation -
"Nous choisissons notre candidat à la présidentielle, mais on sait que ce sera pour un temps limité et que le Congrès finira par le destituer", a dit à l'AFP Rocio del Rio, 57 ans, après avoir voté dans un district populaire de Lima.
Le Pérou a connu huit présidents depuis 2016, dont la moitié destitués par le Parlement. La classe politique est discréditée par des scandales de corruption à répétition. Quatre anciens chefs d'Etat sont emprisonnés.
Les sondages sortie des urnes confirment un paysage politique très fragmenté. Derrière Keiko Fujimori, plusieurs candidats se disputent la deuxième place.
Rafael Lopez Aliaga recueille entre 11% et 12,8% des voix au coude-à-coude avec les candidats de gauche Roberto Sanchez (10% et 12,1%) et Hernando Nieto (10,7% et 11,6%), ainsi qu'avec le centriste Ricardo Belmont (10,5% et 11,8%).
Face à l'insécurité, les candidats ont rivalisé de propositions radicales, allant de prisons dans la jungle au rétablissement de la peine de mort.
L'héritière de l'ancien président Alberto Fujimori (1990-2000), condamné pour corruption et crimes contre l'humanité, s'est engagée dans un entretien à l'AFP à la veille du scrutin, à "rétablir l'ordre" dès ses 100 premiers jours.
L'actuel président de gauche par intérim, José Maria Balcazar, ne pouvait pas se présenter et sera remplacé par le nouveau président investi le 28 juillet prochain.
J.Fankhauser--BTB