Berliner Tageblatt - Crue dans l'Himalaya : deux nouveaux miraculés, les secours continuent

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Crue dans l'Himalaya : deux nouveaux miraculés, les secours continuent

Crue dans l'Himalaya : deux nouveaux miraculés, les secours continuent

A chaque jour ses miracles: les efforts persistants des secours ont permis samedi de retrouver deux nouveaux rescapés au Népal, un Chinois extrait d'un tunnel et une sexagénaire sortie de sa maison sous la boue, dix jours après la crue meurtrière qui a balayé l'Himalaya.

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Après deux ouvriers népalais la veille, c'est un ressortissant chinois qui est ressorti en claudiquant, soutenu par deux sauveteurs, d'un des tunnels explorés sans relâche depuis la catastrophe.

L'homme, identifié sous le nom de Luhaitao, a été récupéré par les secours à 225 m à l'intérieur du tunnel du chantier du barrage de Trishuli-1, selon l'armée népalaise.

Dans une vidéo diffusée dans la foulée, le miraculé est assis dans l'hélicoptère qui l'évacue vers un hôpital de Katmandou, une veste militaire sur les épaules, avec un médecin à son chevet qui lui prend la tension.

Les services du Premier ministre ont ensuite annoncé samedi le sauvetage tout aussi improbable d'une femme de 64 ans, Chandrika Shrestha, retrouvée vivante dans sa maison renversée par la crue et débordant de boue.

"Une équipe de la police l'a trouvée en nettoyant le secteur", a confirmé auprès de l'AFP un haut-responsable de la police, Iqbal Hawari. "Elle a été évacuée par voie aérienne vers Katmandou pour y être soignée", a-t-il ajouté, sans autre détail sur son état de santé.

- "Toutes mesures possibles" -

Les photos publiées par la police la montrent les yeux mi-clos, assise à même le sol, enveloppée dans des couvertures et entourée de ses sauveteurs.

Vendredi, après neuf jours d'efforts, les secours étaient parvenus à extraire sains et saufs deux ouvriers népalais - Sanjay Sah, 30 ans, et Kabir Maharjan, 45 ans - d'un tunnel du barrage en chantier de Trishuli-3.

"Nous étions au moins 40 ou 45" au moment de la crue, a raconté M. Sah dans une vidéo publiée par un média népalais.

Juste après le désastre, les autorité népalaises avaient estimé qu'une centaine d'ouvriers étaient susceptibles d'être encore bloqués dans ce tunnel.

Le ministre de l'Energie, Biraj Bhakta Shrestha, a assuré samedi soir que les secours continuaient à mettre en oeuvre "toute les mesures possibles" pour trouver d'autres rescapés. "Il est impossible de prédire l'issue" de ces efforts, a-t-il toutefois concédé.

Samedi, l'autorité népalaise de gestion des situations de crise a légèrement révisé son bilan provisoire de la catastrophe, désormais annoncé à 1.331 morts et environ 5.000 disparus.

Côté chinois, les médias d'Etat ont fait état de 31 morts et 531 disparus.

Parmi les portés manquants figurent plusieurs centaines de touristes, de pèlerins ou d'ouvriers étrangers.

L'immense vague d'eau, de glace et de débris, créée par l'effondrement d'un glacier et de roches, qui a déferlé la semaine dernière à la frontière du Népal et de la Chine, a causé des dégâts considérables.

- Drapeau replanté -

Le gouvernement népalais en a dressé samedi un premier inventaire, encore très provisoire: plus de 7.500 maisons détruites, 48 bâtiments publics, 55 kilomètres de routes, une centaine de ponts, plus de 1.800 hectares de terres cultivées et 13 barrages en construction...

"Les autorités travaillent activement à réparer les routes, rétablir l'électricité et les télécommunications (...) et assurer en temps et en heure le ravitaillement des personnes sinistrées", a assuré le ministère des Affaires étrangères dans son point quotidien de situation.

Le ministre, Shisir Khanal, a évalué le coût de la reconstruction à "plusieurs milliards de dollars".

Vendredi, l'ONU a lancé un appel d'urgence pour collecter près de 50 millions de dollars pour subvenir aux besoins essentiels de 84.000 victimes privées de tout. "Le temps joue contre eux", ont souligné les agences onusiennes au Népal.

De nombreuses familles restent également sans nouvelles de leurs proches portés manquants et continuent inlassablement à faire la tournée des hôpitaux, de la police et des autorités en quête d'information sur leur sort.

Symboliquement, le Premier ministre Bamendra Shah a annoncé samedi soir que le drapeau népalais avait été replanté dans la zone dévastée, au nord du pays à la frontière avec la Chine, "après trois jours d'efforts continus".

I.Meyer--BTB