Berliner Tageblatt - Explosion de la rue de Trévise: le procès de la Ville de Paris s'ouvre mardi pour sept semaines

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Explosion de la rue de Trévise: le procès de la Ville de Paris s'ouvre mardi pour sept semaines
Explosion de la rue de Trévise: le procès de la Ville de Paris s'ouvre mardi pour sept semaines / Photo: © AFP/Archives

Explosion de la rue de Trévise: le procès de la Ville de Paris s'ouvre mardi pour sept semaines

Près de huit ans après l'explosion accidentelle au gaz d'un immeuble de la capitale qui avait fait quatre morts et 200 blessés, la Ville de Paris et le syndic de l'immeuble comparaissent à partir de mardi devant le tribunal correctionnel.

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Le drame avait fait également 400 sinistrés.

Les deux personnes morales, qui plaideront la relaxe, sont notamment poursuivies pour homicides et blessures involontaires. Face à elles, quelque 200 parties civiles. Le procès doit durer sept semaines.

Le 12 janvier 2019, à 8H59, la violente explosion avait éventré un immeuble et endommagé une quinzaine d'autres dans la rue Trévise dans le IXe arrondissement de Paris, à deux pas des Grands Boulevards.

Les voitures calcinées, vitrines déchiquetées et fenêtres soufflées avaient achevé de défigurer tout un pâté d'immeubles cossus.

Parmi les quatre tués, deux pompiers qui appartenaient à une équipe intervenue sur place une dizaine de minutes plus tôt en raison d'une forte odeur de gaz.

Après plusieurs expertises, l'enquête a relevé des "fautes d'imprudence et de négligence de la Ville de Paris" : elle n'a pas, selon l'accusation, diligenté "les investigations nécessaires pour rechercher les causes de l'affaissement du trottoir".

Situé devant le porche de l'immeuble, celui-ci avait fait l'objet de plusieurs reprises dès 2015. Or, c'est cet affaissement qui avait entraîné la "rupture brutale" d'une canalisation de gaz à l'origine de l'explosion.

De son côté, le syndic de copropriété a tardé "à faire procéder à la réparation du collecteur d'eaux usées de l'immeuble", alors qu'il était informé "dès le 25 novembre 2015" d'une fuite, selon l'ordonnance des juges d'instruction qui avaient renvoyé les deux personnes morales devant le tribunal correctionnel.

"Les écoulements d'eau dans la terre ont nécessairement contribué à fragiliser le terrain" et sont "la seule cause possible" de l'affaissement : "le sol ne remplissait plus sa fonction et ne soutenait plus la canalisation de gaz qui s'est rompue net sous son poids par une unique rupture transversale générant une importante fuite de gaz souterraine", avaient poursuivi les magistrats instructeurs.

Les investigations se sont appuyées sur deux rapports d'expertise fin 2019 et 2020, puis une contre-expertise en 2023.

D'autres expertises ont également été réalisées dans la procédure civile de l'affaire, avec des conclusions parfois divergentes : un expert a par exemple suggéré, dans le volet civil, la responsabilité de GRDF, alors que le gazier n'a pas été inquiété pénalement - l'entreprise s'est au même constituée partie civile.

- "Aucun manquement" -

"Ce procès arrive sept ans après, c'est trop lent", a déploré auprès de l'AFP l'une des avocats de parties civiles, Me Samia Maktouf, selon qui il sera malgré tout "l'occasion pour les victimes d'être entendues, de comprendre les circonstances de ce drame qui a bouleversé leur vie et surtout que leurs préjudices soient enfin reconnus".

Par la voix de ses deux avocats, Mes Sabrina Goldman et Patrick Klugman, la Ville de Paris a pour sa part exprimé "sa profonde solidarité avec les victimes", "sans jamais nier (leur) douleur". Mais elle entend démontrer son innocence en estimant que "ses services ont agi avec diligence et professionnalisme et aucun manquement de leur part n'est à l'origine de l'accident".

Fait "exceptionnel", les débats du tribunal correctionnel de Paris seront diffusés en différé sur une web radio accessible pour les victimes.

Un dispositif "justifié par l'envergure nationale, le nombre des parties civiles, leurs difficultés très concrètes de déplacement ou leur domiciliation en dehors de l'Île-de-France, ainsi que la durée des débats", avait indiqué début octobre le premier président de la cour d'appel de Paris, compétent pour prendre une telle décision.

Dans le passé, seuls les procès des attentats du 13 novembre 2015, de Nice et du Mediator avaient fait l'objet d'une telle mesure.

O.Bulka--BTB