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La Fed sur le point de baisser les taux d'intérêt américains, sans s'engager pour la suite
La banque centrale des Etats-Unis devrait réduire, mercredi, ses taux d'intérêt pour la deuxième fois consécutive pour donner de l'élan à l'économie et soutenir le marché du travail, même si l'inflation continue de tourmenter les Américains.
Le deuxième et dernier jour de réunion du comité de politique monétaire (FOMC) a débuté à 09H00 (13H00 GMT), a rapporté un porte-parole à la presse.
La Fed rendra sa décision à 14H00 (18H00 GMT) puis son président Jerome Powell prendra la parole.
Les investisseurs s'attendent sans ambiguïté à une réduction des taux directeurs d'un quart de point, pour les ramener dans une fourchette comprise entre 3,75% et 4%, selon l'outil de suivi CME FedWatch.
Il s'agirait de la deuxième détente monétaire de l'année. Le compteur s'est ouvert lors de la précédente réunion, en septembre.
Jerome Powell devrait une nouvelle fois s'abstenir de donner des indices pour la suite (la prochaine réunion sera les 9 et 10 décembre). D'autant que les banquiers centraux américains naviguent encore une fois à vue.
Après avoir eu du mal à jauger l'impact du choc douanier déclenché par le président Donald Trump, ils ne disposent plus ces derniers temps des indicateurs officiels produits par les agences gouvernementales en raison de la paralysie budgétaire ("shutdown" en cours).
- L'inflation au tournant -
Le dernier taux de chômage disponible (pour le mois d'août) montre que celui-ci reste contenu, à 4,3%, tandis que l'inflation a réaccéléré à 2,7% (selon l'indice PCE de référence, également pour août).
La détente monétaire enclenchée le mois dernier relève d'une "mesure préventive pour éviter que le marché de l'emploi ne devienne vraiment un problème à l'avenir", a déclaré à l'AFP Wendy Edelberg, spécialiste de l'économie à la Brookings Institution.
Sur le papier, "l'économie va plutôt bien, mais est sans conteste en train de ralentir", a observé de son côté Gregory Daco, économiste en chef pour le cabinet EY.
La Fed devient en parallèle moins obnubilée par l'inflation, a-t-il pointé car "la situation est très différente de 2021-2022", dans le sillage de la pandémie de Covid-19.
Les entreprises peinaient alors à trouver de la main-d'oeuvre et étaient prêtes à payer plus cher leurs salariés, répercutaient le coût supplémentaire dans leurs prix, alimentant l'inflation... Cet effet boule de neige "risque moins d'arriver" dans un marché du travail atone, où le pouvoir de négociation des employés s'étiole, selon Gregory Daco.
La Fed ne devrait toutefois pas "perdre l'inflation de vue", a mis en garde Loretta Mester, ancienne présidente de la Fed régionale de Cleveland (nord des Etats-Unis). "Elle est tout de même depuis maintenant plus de quatre ans au-dessus de l'objectif" que l'institution monétaire s'est elle-même fixé (2%).
Lors du vote, au moins une dissension semble acquise, celle du gouverneur Stephen Miran, récemment promu par le président Donald Trump.
Il s'était déjà distingué de ses collègues lors de la précédente réunion — sa première — en estimant que la baisse aurait dû être plus forte, d'un demi-point d'un coup. Il n'a depuis cessé de plaider dans ce sens, sans sembler convaincre les autres membres de la Fed.
Certains sont favorables à une détente accrue, mais à petits pas, comme de coutume. D'autres paraissent réservés à l'idée d'abaisser les taux directeurs tant que l'inflation n'est pas contenue.
T.Bondarenko--BTB