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Aide à l'Ukraine: les dirigeants de l'UE entrent dans le vif du sujet
Les dirigeants européens, réunis en sommet, sont entrés jeudi soir en conclave avec l'espoir de trouver le moyen de financer durablement l'effort de guerre de l'Ukraine.
"La décision doit être prise d'ici la fin de cette année", a rappelé le président ukrainien Volodymyr Zelensky lors d'une conférence de presse à Bruxelles, où il s'est déplacé pour mieux marteler son message.
Les chefs d'État et de gouvernement de l'Union européenne ont débuté un dîner de travail, sans conseillers ni téléphones, avec un sujet central au menu: comment utiliser les avoirs gelés de la banque centrale russe en Europe pour financer l'Ukraine au cours des deux ans à venir.
Un accord bute depuis des semaines sur la vive réticence de la Belgique, où se trouve l'essentiel de ces avoirs gelés, soit quelque 210 milliards d'euros. L'idée est d'y recourir pour financer un "prêt de réparation" de 90 milliards en faveur de l'Ukraine.
Mais le Premier ministre belge Bart De Wever a posé plusieurs conditions avant de donner son feu vert, refusant que son pays soit seul à assumer les risques en cas de problème ou de représailles russes.
- Conciliabules et bilatérales -
Des heures de conciliabules entre experts et de rencontres bilatérales entre dirigeants de l'UE ont permis quelques progrès, selon certains diplomates.
Mais, le diable est dans les détails, selon l'un d'entre eux, et il reste encore à trouver un compromis entre les exigences de la Belgique, qui réclame des garanties quasi illimitées, et les réticences de ses partenaires, peu enclins à lui signer un chèque en blanc.
"On a besoin d'un parachute avant de sauter. Si on nous demande de sauter, on saute tous ensemble", a martelé jeudi matin Bart De Wever devant les parlementaires belges.
"On peut redouter certaines démarches judiciaires de la Fédération de Russie, mais, pour être honnête, ce n'est pas aussi effrayant que lorsque la Russie est à vos frontières", a déclaré de son côté M. Zelensky, interrogé sur les craintes belges.
En l'absence d'accord, l'Ukraine risque de se retrouver à court d'argent dès le premier trimestre 2026, alors que les combats continuent en dépit d'intenses négociations en cours.
Le président américain s'est à nouveau impatienté jeudi, invitant l'Ukraine à "bouger rapidement", avant que la Russie ne "change d'avis".
M. Zelensky avait confirmé plus tôt la tenue de nouveaux pourparlers aux États-Unis, vendredi et samedi, entre négociateurs ukrainiens et américains. Il espère y obtenir des détails sur les garanties de sécurité fournies à Kiev pour empêcher tout nouvelle attaque russe.
"Il y a une question à laquelle je n'arrive toujours pas à obtenir de réponse (...). La question qui porte sur l'ensemble des garanties de sécurité", a-t-il déclaré devant la presse à Bruxelles, indiquant vouloir savoir "ce que feront les États-Unis si la Russie commet une nouvelle agression".
- "Moral, juste et légal" -
A Bruxelles, il a surtout pressé les Européens de se décider rapidement pour enfin utiliser l'argent du Kremlin gelé en Europe, afin que son pays puisse se défendre. "C’est moral. C’est juste. C’est légal", a-t-il insisté.
"(Vladimir) Poutine parie sur notre échec, ne lui offrons pas cela!", a lancé de son côté la cheffe de la diplomatie de l'UE Kaja Kallas.
Les Européens se sont engagés à assurer, au cours des deux prochaines années, l'essentiel du soutien financier et militaire à Kiev, après la fermeture du robinet américain décidée par Donald Trump.
"Si nous n'arrivons pas à le faire, la capacité d'action de l'Union européenne sera gravement compromise pour des années, et même plus longtemps", avait-il mis en garde en début de semaine.
T.Bondarenko--BTB