Berliner Tageblatt - La Russie intransigeante pour un G20 miné par les conflits

Euronext
AEX -0.68% 1134.44 €
BEL20 0.01% 5840.99 €
PX1 -0.01% 7969.42 €
ISEQ -0.81% 14206.59 €
OSEBX 0.34% 2144.97 kr
PSI20 -0.47% 9276.13 €
ENTEC -0.41% 1416.23 €
BIOTK -0.43% 4305.75 €
N150 -0.33% 4277.19 €
La Russie intransigeante pour un G20 miné par les conflits
La Russie intransigeante pour un G20 miné par les conflits / Photo: © AFP

La Russie intransigeante pour un G20 miné par les conflits

Personne ne s'attendait à une percée dans la guerre en Ukraine lors d'une réunion des pays du G20 vendredi à Atlanta, aux États-Unis, mais le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov s'est montré comme à son habitude intransigeant.

Taille du texte:

Le diplomate russe n'a montré aucun signe d'assouplissement lors de la réunion, a déclaré à l'AFP la cheffe de la diplomatie européenne, Kaja Kallas.

"Non", a-t-elle répondu à la question de savoir si le ministre russe avait donné une quelconque indication de la volonté de négociation de Moscou, ajoutant que "bien sûr, il avait avancé beaucoup de mensonges, beaucoup de fausses thèses que nous avons également pu réfuter par la suite".

M. Lavrov a pris la parole devant le G20 sous les auspices du secrétaire d'État américain Marco Rubio avec qui, a-t-il dit à la presse, il a eu un bref aparté.

Une source diplomatique européenne a indiqué à des journalistes que le ministre russe s'était montré "clairement provocateur" lors de son intervention.

Avec M. Rubio, "nous avons eu une conversation plutôt agréable, brève, pour des raisons évidentes (...) Nous avons évoqué certaines de nos relations bilatérales, ainsi que notre coopération dans les organisations multilatérales", a déclaré M. Lavrov lors d'une conférence de presse.

Cette réunion n'a pas été confirmée par la partie américaine.

Les discussions pour mettre fin à la guerre en Ukraine sont à l'arrêt depuis le début de l'année. Une réunion entre Russes, Ukrainiens et Américains pourrait se tenir en novembre aux Émirats arabes unis pour relancer les efforts de paix, mais Washington ne l'a pas encore confirmé.

À Atlanta, il n'y aura pas eu de traditionnelle photo de famille, celle-ci ayant été annulée. Les Européens n'ont pas souhaité s'afficher à ses côtés.

Un responsable américain a affirmé que les États-Unis avaient préféré annuler cette séance photographique plutôt que de risquer de créer "une distraction diplomatique" devant des journalistes du monde entier.

- Moment décisif -

Ouvrant le G20, le secrétaire d'État américain a évoqué vendredi un "moment décisif" pour le monde, alors que les conflits en Iran et en Ukraine restent dans l'impasse et que les cours du pétrole flambent.

Cette réunion, qui se tient jusqu'à samedi, se déroule à quelques jours des élections de mi-mandat aux États-Unis mardi.

Elle doit déblayer le terrain en vue du sommet de mi-décembre que le président américain Donald Trump accueillera dans son golf en Floride.

Dans des propos liminaires, M. Rubio a déclaré que "nous sommes confrontés à une série de crises économiques et géopolitiques interdépendantes, dont beaucoup constituent de graves menaces pour les fondements essentiels de l'ordre économique mondial".

Le G20 rassemble les grandes économies mondiales (États-Unis, Chine, Inde, Japon, France, Brésil), ainsi que la Russie, mais s'affiche divisé sur les grands enjeux.

L'administration Trump, qui assure la présidence du groupe avant de passer la main au Royaume-Uni, juge que cette instance a dévié de ses objectifs initiaux et s'est affairée à "réorienter" le G20, avançant que la sécurité mondiale et la prospérité économique "sont indissociables".

À Atlanta, les discussions abordent les défis liés à l'énergie et à la chaîne d'approvisionnement, ainsi que la liberté de navigation entravée notamment dans le détroit d'Ormuz, a relevé M. Rubio.

Aucune "déclaration finale" négociée entre les pays n'est attendue, mais plutôt des "conclusions" de la présidence américaine.

La réunion intervient alors que les signaux d'une nouvelle escalade au Moyen-Orient s'accumulent.

Selon le Wall Street Journal, les États-Unis ont demandé à plusieurs pays du Golfe de se préparer à une campagne courte et intense après les élections américaines prévues le 3 novembre.

"On fera peut-être une autre petite +Fureur épique+", avait déclaré le président américain la semaine dernière, en référence au nom de l'offensive militaire des États-Unis en Iran qui avait débuté le 28 février.

À cet égard, Mme Kallas a dit que les Européens "appelaient à une solution diplomatique car personne ne peut bénéficier d'une escalade".

Grande absente : l'Afrique du Sud, qui selon une source diplomatique a reçu le soutien de nombre de pays vendredi, n'a pas été conviée à Atlanta, mise au pilori par Washington qui lui reproche une prétendue persécution des descendants des colons blancs européens, les Afrikaners.

En revanche, Washington a invité la Pologne, souhaitant que ce pays en devienne membre à part entière, ce à quoi s'oppose farouchement Moscou.

P.Anderson--BTB