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Le Mercosur réuni au Brésil, l'UE vise le 12 janvier pour l'accord
Les représentants des pays du Mercosur sont réunis à partir de vendredi dans la ville brésilienne de Foz do Iguaçu (sud), tandis que l'Union Européenne espère pouvoir signer l'accord de libre-échange avec le bloc sud-américain le 12 janvier.
L'Argentine, le Brésil, le Paraguay et l'Uruguay espéraient initialement parapher le traité samedi, tout comme la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, et la plupart des pays européens.
Mais cette signature a finalement été reportée, face à la grogne des agriculteurs européens, notamment en France et en Italie.
Mme von der Leyen s'est toutefois dite "confiante" sur la possibilité d'une signature en janvier.
Une source au sein de la Commission européenne et deux diplomates ont indiqué que la nouvelle échéance visée est désormais le 12 janvier au Paraguay, confirmant une information du média spécialisé Euractiv.
Négocié depuis plus de 25 ans, l'accord UE-Mercosur prévoit la création de la plus grande zone de libre-échange au monde.
Il permettrait aux européens d'exporter davantage de véhicules, machines, vins et spiritueux en Amérique du Sud. Dans le sens inverse, il faciliterait l'entrée en Europe de viande, sucre, riz, miel et soja sud-américains, ce qui alarme les filières concernées.
La FNSEA, premier syndicat agricole français, a appelé ses adhérents à rester mobilisés malgré le report, car "le Mercosur, c'est toujours NON!".
Le gouvernement Allemand, l'un des plus favorables au traité, a jugé vendredi que la signature était acquise.
"Le chancelier (Friedrich Merz) est très satisfait, car on ne demande plus si (l'accord sera signé) mais quand" il le sera", a déclaré le porte-parole adjoint du gouvernement, Sebastian Hille, lors d'un point presse.
- "Patience" -
Jeudi, le président brésilien Luiz Inacio Lula da Silva a affirmé en conférence de presse que la Première ministre italienne, Giorgia Meloni, lui avait demandé de la "patience" lors d'un échange téléphonique, tout en assurant que son pays soutiendrait l'accord in fine.
Lula avait mis un point d'honneur à ce que le traité soit signé dans son pays, qui assure cette année la présidence tournante du Mercosur.
Mercredi, il avait lancé une forme d'ultimatum, affirmant que si l'accord n'était pas signé "maintenant", il ne le sera pas sous sa présidence, qui s'achève fin 2026, avant de nuancer ses propos jeudi.
"Si ce n'est pas possible de le signer maintenant car ils ne sont pas prêts, je ne peux rien y faire", a-t-il déploré, soulignant que la signature de l'accord serait "importante pour la défense du multilatéralisme".
Le président français Emmanuel Macron a jugé dans la nuit de jeudi à vendredi qu'il était "trop tôt" pour dire s'il acceptera la signature en janvier.
"Je l'espère, parce que ça veut dire qu'on aura obtenu des avancées pour certaines qui seront des avancées historiques", a-t-il ajouté.
Vendredi, des dizaines d'agriculteurs ont manifesté devant la villa de M. Macron au Touquet, déversant des tonnes de fumier, de pneus et de branchages à l'entrée de la résidence.
Des "clauses de sauvegarde" sont prévues en cas de déstabilisation des marchés agricole, mais "dans l'opinion publique française, il y a des choses dépassant le rationnel qui empêchent la signature" de l'accord, a dit à l'AFP une source gouvernementale brésilienne.
La réunion du Mercosur, qui débute vendredi par une réunion ministérielle, avant le sommet des chefs d'Etat samedi, sera par ailleurs marqué samedi par la présence du président argentin, l'ultra-libéral Javier Milei, aux antipodes de Lula sur l'échiquier politique.
Des divergences exacerbées cette semaine par une publication de M. Milei sur Instagram qui a suscité la polémique: on y voit une carte d'Amérique du Sud représentant le Brésil et d'autres pays gouvernés par la gauche comme une énorme favela et l'Argentine comme un pays futuriste, tout comme le Chili, qui vient de basculer à l'extrême droite.
B.Shevchenko--BTB