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Le Venezuela accuse les Etats-Unis du "vol" d'un second pétrolier
Le Venezuela a dénoncé samedi le "vol" par les Etats-Unis d'un second pétrolier au large de ses côtes, quelques jours après la mise en place par Washington d'un blocus naval visant à accentuer la pression économique sur le pays présidé par Nicolas Maduro.
En début de semaine, le président américain Donald Trump a annoncé la mise en place d'un "blocus total" contre des pétroliers sous sanctions se rendant ou partant du Venezuela. Il a même déclaré vendredi qu'il n'excluait pas une guerre avec ce pays pétrolier d'Amérique du Sud, bête noire des Etats-Unis depuis des décennies.
L'administration Trump est soupçonnée de chercher à faire partir le président socialiste Maduro, qu'elle accuse d'être à la tête d'un réseau de trafiquants de drogues.
"Lors d'une opération menée avant l'aube ce matin du 20 décembre, les garde-côtes américains, avec le soutien du ministère de la Guerre (le Pentagone, NDLR), ont intercepté un pétrolier qui avait accosté pour la dernière fois au Venezuela", a annoncé sur X la ministre américaine de la Sécurité intérieure, Kristi Noem.
Son message est accompagné d'une vidéo de près de huit minutes avec des prises de vue aériennes montrant un hélicoptère au-dessus du pont d'un pétrolier en mer et un soldat y débarquant.
- "Narcoterrorisme" -
"Les Etats-Unis continueront de traquer le flux illégal de pétrole sous sanctions qui sert à financer le narcoterrorisme dans la région", a martelé Mme Noem, une fidèle de Donald Trump.
Selon le New York Times, le navire saisi samedi bat pavillon panaméen et transporte du pétrole vénézuélien appartenant à une compagnie chinoise.
"Le Venezuela dénonce et rejette catégoriquement le vol et l'enlèvement d’un nouveau navire privé transportant du pétrole vénézuélien, ainsi que la disparition forcée de son équipage, actes commis par des militaires des Etats-Unis", a tonné le gouvernement dans un communiqué samedi.
Les forces américaines avaient déjà saisi le 10 décembre un pétrolier au large du Venezuela, une opération qualifiée de "piraterie navale" par Nicolas Maduro.
Caracas a assuré que "ces actes ne resteraient pas impunis", et a promis d'"exercer toutes les actions (adéquates), y compris la dénonciation devant le Conseil de sécurité des Nations Unies, d'autres organismes multilatéraux et les gouvernements du monde".
- Embargo américain -
Soumis à un embargo américain depuis 2019, le pétrole vénézuélien est écoulé sur le marché noir à des prix inférieurs et à destination notamment de la Chine.
Caracas dément toute implication dans le trafic de drogue et assure que Washington cherche à renverser le président Maduro pour s'emparer des réserves pétrolières du pays.
Pour justifier le blocus, Donald Trump affirme que le Venezuela se sert de l'or noir pour financer "le narcoterrorisme, la traite d'êtres humains, les meurtres et les enlèvements".
Il a également assuré cette semaine que le Venezuela avait volé du pétrole et des terres appartenant aux Etats-Unis, sans étayer cette accusation qui semble liée à la nationalisation de l'industrie pétrolière vénézuélienne dans les années 1970 et à l'obligation imposée aux "majors" étrangères présentes dans le pays de travailler au sein d'entreprises mixtes contrôlées par PDVSA.
Les Etats-Unis ont déployé depuis cet été un important dispositif militaire dans les Caraïbes, et bombardé des embarcations en provenance du Venezuela au nom de la lutte contre le trafic de drogues, des opérations à la légalité mise en doute par des experts, ONG et responsables des Nations unies.
Ces opérations ont tué au moins 104 personnes dans les Caraïbes et le Pacifique, sans que Washington ne fournisse la moindre preuve que les navires visés étaient effectivement impliqués dans un quelconque trafic.
Et le président américain agite depuis des semaines la menace d'une intervention terrestre.
Les tensions entre les deux pays se sont imposées samedi au programme du sommet du Mercosur à Foz do Iguaçu, au Brésil.
Le président brésilien Lula a mis en garde contre une "catastrophe humanitaire" en cas de conflit armé au Venezuela, alors que son homologue argentin Javier Milei a salué "la pression" de Washington sur Caracas.
burs-ph-pgf/nr/gmo
K.Thomson--BTB