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Lait infantile: Nestlé réfute les accusations de Foodwatch
Nestlé, accusé d'avoir tardé à rappeler du lait infantile après avoir identifié la présence de toxine dans ses produits, a réfuté vendredi les accusations de l'association Foodwatch qui a porté plainte auprès du parquet de Paris aux côtés de huit familles.
"Les allégations de Foodwatch, formulées sans aucun fondement factuel, exposent Nestlé à des soupçons inacceptables car infondés", a indiqué le groupe, dans une lettre ouverte à l'association publiée sur son site internet.
"Si Foodwatch continue à diffuser des informations trompeuses ou fausses à ce sujet, Nestlé se réserve le droit de prendre toutes les actions nécessaires pour protéger ses intérêts", a-t-il ajouté.
La plainte contre X, que l'AFP a pu consulter, vise une série de délits, dont la mise en danger et l'atteinte à l'intégrité physique des nourrissons, la tromperie aggravée ou le manquement aux obligations de sécurité.
Vendredi, le quotidien français Le Monde a indiqué que la présence d'une toxine dans des produits de Nestlé avait été identifiée dix jours avant les premiers rappels, dès la fin de novembre.
Cette chronologie est reconnue par Nestlé qui évoque, dans un communiqué publié sur son site internet, de "très faibles niveaux" de toxine détectés fin novembre et rappelle l'absence "de réglementation fixant une limite maximale pour la céréulide".
"Nous avons néanmoins agi rapidement en retirant les produits ne répondant pas à nos exigences de qualité", ajoute le groupe.
Cette toxine, produite par certaines bactéries Bacillus cereus, est susceptible de provoquer des troubles digestifs, comme des diarrhées et vomissements.
- "Très faibles niveaux" -
"A la fin du mois de novembre 2025, à la suite de contrôles de routine (...) dans notre usine aux Pays-Bas, nous avons détecté de très faibles niveaux de céréulide dans des échantillons de produits", indique le géant de l'agroalimentaire.
Nestlé assure avoir à ce moment-là "immédiatement bloqué la production" et lancé "des analyses plus approfondies en laboratoire".
"Les résultats reçus début décembre 2025 ont confirmé la présence d'infimes quantités de céréulide dans les produits toujours sous notre contrôle", c'est-à-dire pas encore distribués, établit-il.
"Nous avons demandé à nos experts de faire une analyse de risque de santé – c'est-à-dire comprendre les symptômes et conséquences liés à la consommation de produits qui en contiennent pour la partager avec les autorités compétentes", a précisé une porte-parole à l'AFP.
"Le 10 décembre 2025, nous avons informé les autorités aux Pays-Bas (où se situe l'usine) ainsi que celles de tous les pays potentiellement concernés ainsi que la Commission Européenne, pour fournir nos analyses et notre évaluation du risque", retrace le groupe dans sa chronologie.
Depuis le début de l'affaire, Nestlé assure que le vaste rappel de laits infantiles de la marque est lié à un "problème de qualité", et affirme à cette heure n'avoir reçu aucune preuve de lien entre une maladie et ses produits.
"Nous avons pris des mesures dès que nous avons confirmé le problème, à la fois en décembre et en janvier", a insisté le groupe, dans sa lettre ouverte à Foodwatch, affirmant qu'il était "faux" de parler de rappel tardif.
Nestlé souligne également, dans cette lettre, avoir "alerté de manière proactive l'ensemble de l'industrie via des associations professionnelles (dès le 30 décembre), étant donné que ce problème pouvait toucher d'autres fabricants de laits infantiles".
Outre Nestlé, plusieurs industriels, dont les géants Danone (Blédilait, Gallia) et Lactalis (Picot), mais aussi de plus petits acteurs comme Vitagermine (Babybio Optima), ont procédé depuis décembre à des rappels de laits infantiles dans plus d'une soixantaine de pays au total, dont la France, en raison de ce risque de contamination à la céréulide.
S.Keller--BTB