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"Le Passage", plongée d'un père dans les abysses de la dépression adolescente
"Comment se fait-il que dans la nuit étoilée, elle ne voie plus que le noir infini ?" s'interroge l'illustrateur Mathieu Persan dans un puissant roman graphique, "Le Passage", récit de la dépression profonde de sa fille de 15 ans et hommage aux nombreux enfants qui, en France, "ne vont pas bien".
Sur la couverture, deux petites silhouettes cheminent sous un ciel étoilé, vers un lointain point de lumière.
Publié le 11 mars chez Hachette, c'est un récit sans pathos, où la voix d'une adolescente répond à celle de son père, un roman graphique à l'illustration épurée en noir et blanc, plein de fantaisie et d'humour, malgré son sujet grave.
Il dépeint le "passage" de l'adolescence, une époque "compliquée pour tout le monde, sans doute beaucoup plus aujourd'hui", mais aussi celui "d'un type de 47 ans qui se sent décrocher face à un monde qui change très vite", dit Mathieu Persan à l'AFP.
"C'est aussi l'épreuve qu'on traverse tous les deux, pour arriver à redécouvrir que la vie vaut la peine" d'être vécue, poursuit ce père aux traits juvéniles, illustrateur de presse reconnu, "très peu orthodoxe" car il "fait tout à la souris" d'ordinateur.
"J'aurais aimé qu'on me dise que ça allait secouer", dit le narrateur. Car un soir, la police appelle: il faut rentrer de toute urgence. Fous d'inquiétude, sa femme et lui courent, main dans la main vers un "abysse inconnu": leur fille aînée a voulu mettre fin à ses jours.
Une détresse jusqu'ici cachée. "Comment se fait-il que dans la nuit étoilée, elle ne voie plus que le noir infini ?", se demande l'auteur.
Dans le roman, l'ado relate les jours "brumeux et froids" qui s'enchaînent dans un monde absurde, le sentiment d'abriter un parasite qui dévore les désirs, l'énergie, l'envie de vivre... la bonne élève se sent "sortie d'un moule dans lequel on (l')a pressée trop fort".
"Ils ne savent pas comment s'y prendre pour me recoller", dit-elle, lucide. Pendant les mois d'hospitalisation de sa fille, aujourd'hui âgée de 18 ans, Mathieu Persan se remémore avoir eu avec elle "de grandes discussions très apaisées, qu'on ne pense jamais avoir avec son enfant, sur le sens de la vie, des choses très crues".
"Elle m'a raconté la dépression, une maladie qui vous fait vivre dans un état de torpeur absolument atroce". "Elle exprimait quelque chose de très fort qu'il fallait transmettre", poursuit l'illustrateur, qui s'est lancé à corps perdu, huit heures par jour, dans ce roman composé en un été.
- "ParcoursPsy" -
"Parce que la dépression n'est pas une faiblesse de l'âme, or on entend encore: "+Va faire du sport !+, +Lève-toi, regardons ce film+... nombre d'amis m'ont dit: +Mais pourquoi vous ne partez pas en vacances ?+", dit-il.
Confronté à ce qu'il appelle "ParcoursPsy", Mathieu Persan dénonce une véritable "sélection sociale", sorte de Parcoursup des soins où les familles sont confrontées à la rareté d'établissements saturés, la cherté des consultations de psychologues non remboursées, et une prise en charge parfois déshumanisante. "Comment font les personnes aux moyens modestes, dans les déserts médicaux ?"
Le 4 avril, il participera à la course solidaire "Run for Lorène" organisée à Nantes par l'association Effervescence Jeunes. Créée par les parents d'une jeune fille de 15 ans, poignardée par un élève de son lycée souffrant de troubles mentaux à Nantes, en avril 2025, elle finance des projets en faveur de la santé mentale des jeunes.
Mathieu Persan veut rendre hommage à "tous ces enfants qui ne vont pas bien et qu'aujourd'hui on n'entend pas". En 2024 les hospitalisations d'adolescentes pour tentatives de suicide ou automutilations ont augmenté "massivement" selon les statistiques publiques (Drees): +22% pour celles âgées de 10 à 14 ans, +14% de 15 à 19 ans, des chiffres qui ne suscitent plus d'émoi, déplore-t-il.
"Le proviseur de son lycée nous a dit, et c'est assez terrifiant: +Ne vous inquiétez pas on a l'habitude, on en a deux à trois par classe+". "Notre fille a arrêté les cours en décembre: on ne nous a jamais rappelés pour savoir ce qu'elle devenait: on a juste reçu un bulletin sans aucune note".
Les droits d'auteurs du "Passage" sont reversés à des associations oeuvrant pour la santé mentale des jeunes.
A.Gasser--BTB