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Destructions d'emplois, chômage en hausse: coup de semonce au pays de Donald Trump
Les États-Unis ont détruit des dizaines de milliers d'emplois en février, un développement qui ravive les inquiétudes sur l'état réel de l'économie américaine dont Donald Trump vante la bonne santé.
Selon les données officielles publiées vendredi, la première économie mondiale a détruit 92.000 emplois le mois dernier et le chômage a grimpé, à 4,4%.
La publication a créé la surprise.
Les investisseurs s'attendaient à des créations nettes d'emplois et à ce que le chômage reste inchangé à 4,3%.
La baisse du nombre d'emplois est notamment due à une grève dans le secteur de la santé (les grévistes sont temporairement comptés comme des salariés en moins), souligne le service statistique du ministère du Travail (BLS) dans un communiqué.
Cela ne suffit toutefois pas à expliquer un tel recul.
Surtout, les mois précédents ont subi d'importantes révisions à la baisse. Le rapport de janvier, qui avait été jugé très bon, l'est désormais un peu moins.
Et l'actualisation des données montre que les États-Unis avaient en fait déjà détruit des emplois au mois de décembre.
"L'histoire économique vient de changer de manière spectaculaire. (...) Les questions relatives à une éventuelle récession sont de nouveau d'actualité", a estimé, sur X, Justin Wolfers, professeur d'économie à l'université du Michigan.
- Le gouvernement confiant -
Depuis son retour au pouvoir l'an dernier, le président Donald Trump affirme qu'il a remis l'économie sur les rails.
La croissance a toutefois ralenti en 2025, à 2,2% contre 2,8% sous son prédécesseur démocrate Joe Biden.
Même si le chômage est resté relativement faible, les embauches ont été au point mort l'an dernier.
La santé et le travail social ont été les rares secteurs à créer des emplois du fait du vieillissement de la population.
Mais "tout le monde ne peut pas devenir infirmier", pointaient cette semaine des analystes du site de recherche d'emploi Indeed.
L'industrie, placée en tête des priorités du gouvernement Trump, a détruit 12.000 emplois en février.
Après la publication vendredi, un des principaux conseillers économiques de la Maison Blanche, Kevin Hassett, a considéré que l'économie américaine était "vraiment solide" et que les destructions d'emplois n'étaient pas un motif d'inquiétude pour le gouvernement.
En combinant janvier et février, les créations nettes d'emplois restent "positives", a-t-il mis en avant sur la chaîne de télévision CNBC.
"Il y aura bientôt tellement d'activité que tout le monde pourra trouver un emploi s'il le souhaite", a aussi affirmé M. Hassett.
- "Changer de cap" -
Dans une toute autre veine, le chef de la minorité démocrate au Sénat, Chuck Schumer, a vu dans les chiffres de l'emploi "un signal d'alarme retentissant".
"Notre économie était déjà faible avant la guerre irréfléchie et inflationniste de Donald Trump", a-t-il estimé dans un communiqué en faisant référence à la guerre au Moyen-Orient, dont l'impact sur les prix à la pompe a été très rapide aux Etats-Unis.
"Les droits de douane augmentent les coûts, les prix de l'essence montent en flèche et les emplois se volatilisent", a dénoncé l'élu pour qui les républicains doivent "immédiatement changer de cap".
"Plus le conflit dure, plus les répercussions négatives sur l'économie américaine et le marché du travail risquent d'être importantes", a estimé l'économiste de Nationwide, Kathy Bostjancic, dans une note.
Après le déclenchement de la guerre la semaine dernière, les marchés avaient conclu que la prochaine baisse des taux de la Réserve fédérale américaine (Fed) arriverait plus tard que prévu, du fait des répercussions du conflit sur les prix de l'énergie et donc l'inflation.
Le calcul pourrait changer si le marché du travail américain présentait d'autres signes de faiblesse.
Les responsables monétaires s'accordaient jusque-là à dire qu'il semblait en train de se stabiliser.
L.Janezki--BTB