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Explosions à Téhéran, des hauts dirigeants en pleine rue en défi aux Etats-Unis et Israël
Des puissantes explosions ont à nouveau secoué vendredi Téhéran, où plusieurs hauts dirigeants iraniens ont marché en pleine rue au côté d'autres manifestants, comme pour défier les Etats-Unis et Israël.
Sur les images de la télévision d'Etat, on voit notamment le chef de la sécurité Ali Larijani et le président iranien Massoud Pezeshkian au milieu de la foule, eux qui ne sont que peu pas apparus en public depuis le début du conflit le 28 février.
En ce 14e jour d'une guerre qui ébranle l'économie mondiale, des Iraniens pro-gouvernement étaient rassemblés pour un défilé annuel en soutien aux Palestiniens, malgré les bombardements qui ont commencé à secouer la ville dès le matin.
Des explosions ont notamment été entendues dans le centre de la capitale, à courte distance de ce rassemblement. Une femme a été tuée dans la frappe, selon l'agence iranienne Irna.
"Le problème de (Donald) Trump, c'est qu'il ne comprend pas que le peuple iranien est une nation courageuse, une nation forte, une nation déterminée. Plus il accentuera sa pression, plus la détermination de la nation se renforcera. Ces attaques (près du rassemblement) sont liées à la peur, au désespoir", a déclaré Ali Larijani à la télévision d'Etat.
Le conflit a provoqué des exodes massifs au sein du pays: plus de 3 millions de personnes ont été déplacées à l'intérieur de l'Iran, selon le HCR.
"Presque chaque famille ici héberge au moins une famille venue de Téhéran", confie à l'AFP une femme de 30 ans résidant à Kermanshah, dans l'est du pays.
Sur place, la "population est extrêmement tendue et révoltée", notamment à cause des rationnements de pain ou de ruban adhésif, censé protéger les vitres des déflagrations.
- Mort d'un soldat français -
L'armée israélienne, qui avait dit viser des "infrastructures du régime" iranien dans la matinée, continue aussi à pilonner le Liban, où huit personnes ont été tuées dans une frappe dans le sud du pays.
La guerre, déclenchée il y a deux semaines, a fait sa première victime française dans la nuit de jeudi à vendredi: un soldat tué par un "drone Shahed" au Kurdistan irakien, d'après son chef de corps.
L'armée américaine a quant à elle annoncé la mort de quatre membres d'équipage dans le crash d'un avion américain de ravitaillement en carburant dans l'ouest de l'Irak, tout en assurant qu'il n'était pas dû à "des tirs hostiles".
Les attaques se poursuivent aussi dans le Golfe.
Des explosions ont été entendues par des journalistes de l'AFP aux Emirats arabes unis, à Dubaï, dont le centre était recouvert vendredi matin d'un nuage de fumée.
Et l'Arabie saoudite a annoncé avoir abattu un "drone hostile" se dirigeant vers le quartier diplomatique de sa capitale, Ryad.
Dans son tout premier message jeudi, le nouveau guide suprême iranien Mojtaba Khamenei avait insisté sur la capacité de l'Iran à semer le chaos dans la région.
Et notamment en réduisant l'offre de pétrole en continuant à bloquer le détroit d'Ormuz, voie stratégique par laquelle transite un cinquième du pétrole mondial.
- Pétrole russe -
Ce choc énergétique majeur a des conséquences très concrètes à travers le monde: plusieurs compagnies aériennes, comme Air France ou SAS, ont déjà augmenté certains de leurs tarifs. Au Népal, on ne vend désormais plus que des bonbonnes de gaz à demi-remplies.
Déterminé à poursuivre cette guerre afin d'empêcher l'Iran, "empire du mal", de se doter d'"armes nucléaires", le président américain Donald Trump tente en parallèle de contenir ce choc pétrolier.
Afin de réduire les tensions sur l'offre, son administration a annoncé jeudi autoriser temporairement la vente du pétrole russe stocké sur des navires, assouplissant ainsi des sanctions économiques visant Moscou.
Après avoir bondi de 10% la veille, le baril de Brent, référence du marché mondial, s'échangeait toujours au-dessus des 100 dollars vendredi matin - seuil franchi jeudi pour la première fois depuis août 2022.
"Les Etats-Unis reconnaissent en fait l'évidence: sans le pétrole russe, le marché mondial de l'énergie ne peut pas rester stable", s'est félicité l'émissaire du Kremlin Kirill Dmitriev.
burx-cjc/mdh
A.Gasser--BTB