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Les marchés boursiers reprennent leur souffle, malgré la hausse du pétrole
Les Bourses mondiales ont de nouveau terminé en hausse mardi, résistant aux incertitudes géopolitiques et à la hausse des prix du pétrole, les investisseurs portant leur attention sur les réunions des banques centrales.
La Bourse de Paris a progressé de 0,49%, Francfort a pris 0,71% et Londres a gagné 0,83%.
A Wall Street, le Dow Jones a pris 0,83%, l'indice Nasdaq a avancé de 1,22% et l'indice élargi S&P 500 s'est octroyé 1,01%.
"Les marchés poursuivent leur rebond aujourd'hui, alors même que les attaques s'intensifient au Moyen-Orient", remarque Jose Torres, d'Interactive Brokers.
Et les cours du pétrole ont une nouvelle fois terminé en hausse, poursuivant leur course folle face aux perturbations d'approvisionnement.
Le prix du baril de Brent de la mer du Nord, pour livraison en mai, a avancé de 3,20% à 103,42 dollars.
Son équivalent américain, le baril de West Texas Intermediate, pour livraison en avril, a gagné 2,90% à 96,21 dollars.
Depuis le début de la guerre au Moyen-Orient, la flambée de l'or noir a provoqué dans son sillage un recul des indices boursiers, les investisseurs affichant leurs inquiétudes sur les conséquences économiques du conflit.
Mais "comme hier (lundi), nous sommes dans une vague de reprise (boursière), peut-être technique", résume Frédéric Rozier, gestionnaire de portefeuille pour la banque privée Mirabaud.
Passée la "stupéfaction" des premiers jours, "il y a une forme de normalisation (...) au bout de deux ou trois semaines de conflit", décrypte l'analyste.
- Les banques centrales en ligne de mire -
Les investisseurs s'attendent à un probable statu quo sur les taux directeurs après la réunion de la Banque centrale européenne (BCE) jeudi et de la Banque d'Angleterre.
La Réserve fédérale américaine (Fed) devrait elle aussi garder ses taux inchangés mercredi, entre 3,50% et 3,75%.
Dans ses projections, l'institution devrait aborder "la question de la guerre, et les risques d'une accélération de l'inflation avec la hausse des prix du pétrole", anticipe auprès de l'AFP Peter Cardillo, de Spartan Capital Securities.
Avant les premières frappes menées par Israël et les Etats-Unis en Iran, les investisseurs entrevoyaient une baisse des taux d'intérêt en juin ou juillet. Ils parient désormais sur octobre au plus tôt, selon l'outil de veille CME FedWatch.
De son côté, la Banque de réserve d'Australie (RBA) a relevé mardi son taux directeur d'un quart de point de pourcentage, à 4,10%, invoquant la "forte hausse des prix des carburants" provoquée par la guerre au Moyen-Orient, qui risque d'alimenter les tensions inflationnistes.
- Détente sur les taux d'emprunt des États -
Malgré la course folle des prix du pétrole, "le marché a envie de croire que les banques centrales vont considérer cette inflation comme temporaire et donc ne vont pas sur-réagir par une hausse des taux", commente Frédéric Rozier.
Dans ce contexte, les taux d'intérêt sur les emprunts émis par les États pour financer leurs dettes reculaient, après avoir bondi aux premiers jours du conflit.
Le rendement de l'emprunt allemand à échéance 10 ans (Bund), qui fait référence en Europe, se maintenait à 2,90% contre 2,95% la veille. Il évoluait autour de 2,64% avant la guerre.
Son équivalent français affichait un rendement à 3,56% contre 3,61% lundi en clôture (et contre 3,22% avant le début du conflit).
Le rendement à dix ans des emprunts de l'Etat américain se détendait à 4,20% vers 20H45 GMT contre 4,22% à la clôture la veille. Il s'établissait à 3,94% avant les premières frappes israélo-américaines en Iran.
Le billet vert lâchait pour sa part 0,30% face à la monnaie unique européenne, à 1,1539 dollar pour un euro.
Le "buck", l'un des surnoms de la monnaie américaine, a gagné environ 2,27% depuis le début du conflit, car la monnaie est utilisée pour les achats d'or noir.
Y.Bouchard--BTB