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Moyen-Orient: les marchés mondiaux sceptiques quant à une sortie de crise rapide
L'illusion n'aura duré que 24 heures. Les marchés ne semblent plus croire mardi à une sortie de crise rapide, d'autant que l'annonce la veille par Donald Trump de "négociations" avec l'Iran est entachée de soupçons de manœuvre d'initiés.
A New York, les trois indices de Wall Street ont commencé la journée à la baisse: Dow Jones -0,78%, Nasdaq -0,63%, S&P 500 -0,57%.
"Le dollar américain, les indices boursiers, l’or et le pétrole brut continuent de tanguer au gré de chaque nouvelle liée au conflit au Moyen-Orient", résume l'analyste Fawad Razaqzada (FOREX.com).
Après une ouverture en demi-teinte, les Bourses européennes repliaient la voilure à la mi-journée. Vers 13H30 GMT, Paris était passé du vert au rouge (-0,63%, contre +0,10% vers 11H45 GMT), l'indice de Francfort accélérait son recul (-1,04%, contre -0,25%). Londres reculait (-0,16%), tout comme Milan (-0,62%).
En plus du Moyen-Orient, les places européennes devaient digérer l'annonce du ralentissement de l'activité du secteur privé en mars dans la zone euro, selon l'indice PMI Flash publié mardi par S&P Global.
"La hausse des coûts des intrants et le retour des perturbations dans les chaînes d’approvisionnement alimentent déjà les anticipations d’inflation, compliquant la trajectoire de politique monétaire de la Banque centrale européenne", selon l'analyste Fawad Razaqzada (FOREX.com).
A la mi-journée à Paris, l'agence de notation Fitch Rating invitait même des journalistes à une conférence virtuelle jeudi sur les conséquences économiques d'un "conflit de longue durée en Iran".
Sur le terrain, L'Iran et Israël continuaient d'échanger des frappes mardi.
Lundi, Donald Trump avait annoncé des négociations avec un haut dirigeant iranien.
Le président du Parlement iranien Mohammad Bagher Ghalibaf avait démenti sur X toute négociation, évoquant "de fausses informations" destinées à "manipuler les marchés financiers et pétroliers".
De fait, un volume supérieur à la moyenne de contrats pétroliers ont été échangés lundi, juste avant l'annonce de Donald Trump qui a fait chuter les prix, ont révélé le Financial Times et Bloomberg.
Le Brent toujours autour des 100 dollars le baril
En fort recul la veille avec l'annonce — suspecte — de Trump, les cours du pétrole ont repris leur hausse mardi, selon un pointage peu après 13H30 GMT.
Le Brent reste au-dessus de la barre des 100 dollars le baril (+103,59 dollars, +3,63%). Son homologue américain du WTI progressait de 4,91% à 92,47 dollars le baril.
"Le détroit d'Ormuz reste fortement contraint, avec seulement un nombre limité de pétroliers traversant cette voie maritime stratégique", note Ipek Ozkardeskaya de Swissquote.
L'incertitude sur les marchés obligataires
Lundi, les taux d'intérêt sur la dette des États avaient connu une journée en montagnes russes, avec un repli après une forte hausse.
Principale référence en Europe, le rendement de la dette allemande à dix ans évoluait au dessus du seuil des 3%, à 3,02%. Son équivalent français grimpait à 3,76%, contre 3,71% la veille en clôture.
Le taux américain à dix ans grimpait à 4,40%, contre 4,37% lundi soir.
Même l'or ne brille plus
Dans ces marchés incertains, l'or n'est plus une valeur refuge, analyse John Plassard, responsable de la stratégie d'investissement de Cité Gestion Private Bank dans sa note matinale.
"La semaine passée, l'or a subi sa plus violente correction hebdomadaire depuis 1983, un constat qui a sidéré tous ceux qui continuaient à voir dans le métal jaune un refuge automatique dès que le monde s'embrase", note-t-il.
K.Thomson--BTB