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Moyen-Orient: les marchés mondiaux hésitent quant à une sortie de crise rapide
Les marchés mondiaux naviguent au gré des nouvelles venant du Moyen-Orient mardi, ne semblant plus croire à une sortie de crise rapide, d'autant que l'annonce la veille par Donald Trump de "négociations" avec l'Iran est entachée de soupçons de manœuvre d'initiés.
"L'incertitude entourant la situation au Moyen-Orient continue de tenir fermement les investisseurs du monde entier (...) sous son emprise", a commenté Andreas Lipkow, analyste de CMC Markets.
M. Trump a effectué un revirement spectaculaire, passant d'une menace d'escalade de la guerre avec l'Iran à l'annonce lundi de "très bons" pourparlers pour y mettre fin, démentis toutefois par la République islamique.
Le président américain a affirmé lundi que les Etats-Unis avaient été en contact avec un dirigeant iranien qu'il n'a pas nommé. C'est "l'homme qui, je crois, est le plus respecté et le leader", une personne "très raisonnable", a-t-il ajouté, en précisant toutefois qu'il ne s'agissait pas du nouveau guide suprême Mojtaba Khamenei.
Mais Mohammad Bagher Ghalibaf, président du Parlement iranien, présenté par le site d'informations Axios comme l'interlocuteur, a démenti lundi avec force l'existence de discussions, alors que le conflit est entré dans sa quatrième semaine et paralyse une partie du transport mondial d'hydrocarbures.
Il a affirmé que cette annonce relevait de "fake news" destinées "à manipuler les marchés financiers et pétroliers et à permettre à ce que les Etats-Unis et Israël échappent au bourbier dans lequel ils sont empêtrés".
De fait, un volume de contrats pétroliers supérieur à la moyenne ont été échangés lundi, juste avant l'annonce de Donald Trump qui a fait chuter les prix, ont révélé le Financial Times et Bloomberg.
"Alors que la quasi-totalité des investisseurs tente de prendre des décisions d'investissement dans un contexte d'incertitude maximale, un petit groupe semble manifestement en savoir plus que le reste du monde", a relevé M. Lipkow.
"Dans un tel environnement, prendre des décisions pour soi-même ou pour ses clients est quasiment impossible", a expliqué cet analyste. "La majorité des acteurs de marché reste donc pour l'instant en retrait et se tient sur la touche", a-t-il remarqué.
Les prix du brut s'affichent toujours en franche hausse. Vers 17H00 GMT, le baril de Brent de la mer du Nord, référence mondiale du brut, prenait 4,26% à 104,20 dollars. Son équivalent américain, le WTI, grimpait de 4,37% à 92,50 dollars.
"Le détroit d'Ormuz reste fortement contraint, avec seulement un nombre limité de pétroliers traversant cette voie maritime stratégique", a rappelé Ipek Ozkardeskaya, analyste de Swissquote.
- Les Bourses indécises -
"Les marchés restent fortement dépendants des gros titres géopolitiques et des publications constantes de Donald Trump sur les réseaux sociaux, qui envoient des messages contradictoires", a souligné l'analyste Fawad Razaqzada, de Forex.com.
"En conséquence, les marchés actions peinent toujours à trouver une direction, tandis que le pétrole reste soutenu, les investisseurs tentant d'intégrer une large gamme de scénarios possibles", a-t-il noté.
Les Bourses européennes ont terminé mardi une séance en demi-teinte sans direction commune. Paris a gagné 0,23%, Londres 0,72% et Milan 0,42% tandis que la Bourse de Londres a cédé 0,07%.
A Wall Street, l'hésitation est également de mise. Le Dow Jones perdait 0,10%, le S&P 500 fléchissait de 0,32% et le Nasdaq de 0,84% vers 17H00 GMT.
- Obligataire en hausse -
Concernant les marchés obligataires, Kathleen Brooks, directrice de recherche chez XTB, a observé une "large" tendance "de hausse des rendements mondiaux, après le répit observé lundi qui s'est inversé mardi", à mesure que les prix de l'énergie ont remonté.
Référence en Europe, le rendement de la dette allemande à dix ans évoluait au-dessus du seuil des 3%, à 3,01%. Son équivalent français grimpait à 3,73%, contre 3,71% la veille en clôture.
Le taux américain à dix ans se stabilisait à 4,37%, comme lundi soir.
L.Janezki--BTB