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La guerre au Moyen-Orient pourrait créer un "stress systémique" sur les marchés, selon le vice-président de la BCE
Le secteur financier en zone euro a jusqu'à présent bien tenu face au conflit en Iran, mais celui-ci pourrait provoquer un "stress systémique" sur les marchés, avertit jeudi un haut responsable de la Banque centrale européenne.
"Dans un contexte d'incertitude mondiale déjà élevée, ce conflit - lancé par Israël et les Etats-Unis contre l'Iran fin février - pourrait (...) provoquer un stress systémique", a déclaré le vice-président de la BCE, Luis de Guindos, dans un discours prononcé à Tallin, en Estonie.
La guerre pourrait "perturber le sentiment de marché à un moment où les valorisations des actifs sont élevées, conduisant potentiellement à une forte réévaluation du risque pour les emprunteurs très endettés et les États, et amplifiant les tensions dans le secteur financier non bancaire", a-t-il expliqué.
La guerre fait grimper massivement les prix de l'énergie et alimente les pressions inflationnistes : un cocktail qui augmente le risque de pertes financières chez les entreprises et de ralentissement économique majeur, aggravé en cas de hausse des taux pratiquée par les banques centrales pour juguler un regain d'inflation.
La guerre pourrait en outre "déclencher l'effondrement de vulnérabilités interconnectées", selon M. de Guindos.
Dans le système financier mondial, de nombreux risques sont interconnectés, entre entreprises et Etats très endettés, institutions financières exposées aux mêmes actifs et chaînes d'approvisionnement dépendantes.
Avec près de 20% du pétrole mondial bloqué au détroit d'Ormuz, l'arrêt du trafic provoque un choc d'offre majeur dont les effets sur l'économie et la stabilité financière dépendront de l'ampleur et de la durée du conflit.
Les effets de contagion sur le secteur financier de la zone euro "sont restés jusqu'à présent limités", a expliqué le banquier central.
Il en veut pour preuve des expositions réduites des banques à la région, un système bancaire bien capitalisé et des appels de marge par les chambres de compensation auprès d'investisseurs qui sont bien gérés.
Les marchés s'attendent globalement à ce que la guerre "soit relativement brève", a-t-il souligné.
S.Keller--BTB