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Trump somme Téhéran de "devenir sérieux", l'Iran répond à son plan de paix
Donald Trump a exhorté jeudi l'Iran à "devenir sérieux très vite avant qu'il ne soit trop tard", alors qu'un média officiel iranien affirme que Téhéran a répondu au plan américain de cessation des hostilités et attend un retour.
L'émissaire américain Steve Witkoff a dit voir des "signaux forts" quant à un possible accord, après presque quatre semaines d'une guerre dont les conséquences économiques mondiales se font sentir chaque jour un peu plus.
L'un d'eux pourrait être l'autorisation par Téhéran du passage de dix pétroliers dans le détroit d'Ormuz, bloqué de facto depuis plusieurs semaines et par lequel transite en temps normal 20% des approvisionnements mondiaux en pétrole et gaz naturel liquéfié.
Téhéran a laissé passer "dix navires", a assuré le président américain en conseil des ministres, jugeant que ce geste montrait que son administration "négociait avec les bonnes personnes" en Iran.
Depuis le début de la semaine, des initiatives diplomatiques se sont développées pour faire taire les armes. Si Téhéran refuse d'utiliser à ce stade le terme de "discussion", des échanges de messages ont lieu en coulisses.
"La réponse de l'Iran au plan en 15 points proposé par les Etats-Unis a été officiellement transmise (mercredi) à travers des intermédiaires et l'Iran attend un retour de l'autre partie", a déclaré jeudi une source anonyme, citée par l'agence de presse Tasnim.
- "Petit détour" -
Ni Donald Trump ni Téhéran n'ont divulgué l'identité des négociateurs iraniens.
Islamabad s'est imposé comme le médiateur majeur de la crise, de par ses bonnes relations avec Washington et Téhéran, en assurant la transmission des "messages" d'une capitale à l'autre.
"Des pays frères comme la Turquie et l'Egypte, entre autres, apportent également leur soutien à cette initiative", a ajouté le ministre pakistanais des Affaires étrangères, Ishaq Dar.
A défaut d'accord, "ça ne va pas être joli", a une fois encore menacé le président, qui avait promis la veille "l'enfer" à l'Iran en cas d'échec des discussions.
"La conviction de Washington qu'il peut parvenir à un accord avec un +modéré+ iranien masque, et peut-être ignore, à quel point les extrémistes (...) monopolisent désormais l'appareil du pouvoir", avertit cependant le Soufan Center, basé à New-York.
Alternant entre agressivité et offre de conciliation, le chef de l'Etat a assuré que l'opération militaire était "extrêmement" en avance sur son calendrier initial.
"Nous estimons que cela prendrait environ quatre à six semaines pour accomplir notre mission", a-t-il déclaré, décrivant l'offensive débutée le 28 février comme un "petit détour" qui "finirait bientôt". Prendre le contrôle du pétrole iranien est aussi une "option" à sa disposition, a-t-il fait valoir.
- "Atouts stratégiques" -
Les Etats du Golfe, où les infrastructures énergétiques et les intérêts américains sont régulièrement ciblés, ont demandé à participer au processus de négociation.
Ils entendent "contribuer au renforcement de leur sécurité et de leur stabilité", selon Jassem Al-Budaiwi, secrétaire général du Conseil de coopération du Golfe (Arabie saoudite, Emirats arabes unis, Bahreïn, Qatar, Koweït et Oman).
Israël, silencieux sur le sujet, poursuit pendant ce temps sa stratégie de décapitation du pouvoir iranien.
Dernier assasinat en date, celui du chef de la marine des Gardiens de la Révolution, Alireza Tangsiri, décrit par le ministre israélien de la Défense Israël Katz comme "directement responsable du minage et du blocage du détroit d'Ormuz".
Sa mort rend la région "plus sûre", a salué le chef du commandement américain pour la région, Brad Cooper, invitant les membres de la marine des Gardiens à "rentrer chez eux afin d'éviter tout risque supplémentaire de blessures ou de décès inutiles".
Téhéran n'a pas confirmé l'information. Mais son intransigeance ne faiblit pas, témoignant de la confiance de ses dirigeants malgré la perte de nombreux responsables, dont le guide suprême Ali Khamenei, tué au premier jour de la guerre.
"A de rares exceptions près, l'ensemble des dirigeants du régime qui ont survécu insistent pour utiliser les atouts stratégiques de l'Iran pour dissuader les Etats‑Unis de l'attaquer à l'avenir", assure le Soufan Center.
Jeudi, les rebelles houthis du Yémen, dernier des groupes armés alliés de l'Iran à n'être pas encore entré dans la guerre, a menacé d'une "réponse militaire" à la moindre évolution du conflit, selon les termes de leur chef Abdel Malek al-Houthi.
- Frappes et alertes sur Israël -
Sur le terrain, les attaques de missiles et de drones se poursuivent. L'armée israélienne a fait état de "frappes à grande échelle" sur plusieurs zones d'Iran dont Ispahan, dans le centre.
A Queshm, au large de Bandar Abbas, Sadeq, un homme de 42 ans contacté par l'AFP, espère que la plus grande île iranienne du Golfe ne deviendra pas un site militaire. Mais "notre guerre la plus importante, c'est contre la République islamique", a-t-il insisté.
Des images de l'AFP montrent un cratère et des voitures renversées dans une rue de Kafr Qassem (centre) liés, selon le maire, à des bombes à sous-munitions conçues pour libérer un grand nombre de petites charges explosives.
Israël poursuit enfin son intervention contre le Hezbollah pro-iranien au Liban, où ses frappes ont fait plus d'un million de déplacés depuis que ce pays a été entraîné dans la guerre.
Des images de l'armée israélienne montrent des gerbes de flamme s'élever au-dessus de ce qu'elle présente comme des "cibles du Hezbollah" dans le sud du pays.
R.Adler--BTB