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Le transporteur Ziegler France mis en liquidation, 1.500 salariés touchés
Le transporteur Ziegler France et l'une de ses filiales ont été placés mardi en liquidation sans poursuite d'activité par le tribunal de commerce de Lille Métropole, une catastrophe pour leurs quelques 1.500 salariés dans le pays.
La décision du tribunal a été accueillie par des huées de salariés présents au délibéré, certains criant "sales voleurs" et "assassins".
"C'est un gâchis absolu", a réagi Jean-Louis Borie, l'avocat des salariés de Ziegler France.
Cependant, "le débat ne porte pas sur ce qui vient de se passer aujourd'hui", mais "sur ce qui s'est passé avant: pourquoi on n'a pas déposé le bilan il y a deux ans", quand la société était déjà en cessation des paiements? s'est interrogé Me Borie.
"Si la situation avait été prise à bras le corps bien avant, il aurait pu y avoir un plan social avec peut-être un peu de casse, mais moindre que celle qu'on va subir à l'heure actuelle", a complété David Clairet, délégué syndical central CGT de Ziegler France.
Mais avec un placement en redressement judiciaire le 2 mars et moins d'un mois pour trouver des repreneurs viables, la liquidation judiciaire était "inéluctable", selon Me Borie.
- "Comme une tornade" -
Alain Ziegler, PDG du groupe familial belge dont fait partie Ziegler France, a évoqué dans un communiqué la "baisse significative de l'activité" ou la "dégradation de la rentabilité liée à la hausse des coûts de l'énergie" pour expliquer les déboires de l'entité française. Il dit prendre "acte avec une profonde tristesse" de la liquidation.
Amandine Damay, une salariée de Satra, filiale de Ziegler France également placée en liquidation judiciaire mardi et basée dans les Hauts-de-France, était en pleurs à la sortie de l'audience.
"Ça veut dire que c'est fini et que les portes se ferment dès ce soir (...). On s'y attendait, mais on ne voulait pas forcément y croire", a-t-elle déclaré à l'AFP.
"C'est arrivé comme une tornade (...) Du jour au lendemain on n'a plus de travail" a commenté Xavier, salarié au sein de Ziegler France depuis huit ans, se disant "en colère" contre "un patron qui s'en fout d'[eux]" et qui "[les] a laissé couler".
Les difficultés de Ziegler France sont anciennes, le tribunal de commerce ayant retenu comme date de cessation de paiements le mois de septembre 2024. L'entreprise, qui a son siège social à Roncq, près de Lille, n'a pourtant été placée en redressement judiciaire que début mars.
Les élus du personnel ont été laissés "totalement dans l'ignorance" de la situation économique de l'entreprise, alors qu'elle a accusé des "pertes abyssales" sur les exercices 2023 et 2024, a encore dénoncé mardi Me Borie.
Avec la flambée actuelle des prix des carburants à cause de la guerre au Moyen-Orient, trouver un ou plusieurs repreneurs solides en moins d'un mois était une mission quasi impossible.
Il y avait des offres de reprise pour quelques-unes de la cinquantaine d'agences que compte Ziegler en France, mais elles étaient "dérisoires" par rapport à l'entreprise dans son ensemble, avait souligné Me Borie avant l'audience.
Deux autres filiales, Ziegler Services et Dornach (services informatiques), ont elles obtenu mardi la poursuite de leur période d'observation jusqu'au 28 avril. Le sort d'une autre filiale, Transco, sera examiné le 13 avril, selon Me Borie.
Ziegler France fait partie du groupe familial belge Ziegler, créé en 1908 et présent sur toute la chaîne logistique mondiale.
Début février, le groupe avait fait état d'une "réflexion" en cours pour stabiliser la situation de son entité française dans un premier temps et envisager un "remodelage possible" des activités.
"Monsieur Ziegler a essayé de faire son maximum, mais malheureusement il n'est pas magicien", a réagi mardi auprès de l'AFP son avocat, Ralph Boussier, assurant que la volonté du groupe était "de sauver le plus de salariés".
I.Meyer--BTB