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Derrière l'attentat déjoué contre Bank of America, l'ombre d'un groupuscule pro-iranien
L'attentat déjoué contre le siège parisien de Bank of America pourrait bel et bien être lié à un groupuscule pro-iranien, a annoncé mercredi le parquet antiterroriste, qui a saisi des juges d'instruction et requis le placement en détention de quatre suspects, dont trois mineurs.
Le Parquet national antiterroriste (Pnat) a ouvert mercredi une information judiciaire, confiée à des juges d'instruction, pour association de malfaiteurs terroriste criminelle, fabrication, détention et transport d’un engin explosif, ainsi que tentatives de destructions en relation avec une entreprise terroriste.
Il a également requis la mise en examen et le placement en détention provisoire de quatre personnes: trois mineurs, dont le casier judiciaire est vierge, et un majeur, condamné en 2025 pour trafic de stupéfiants notamment, ajoute le Pnat dans un communiqué.
Une cinquième personne, un majeur, a vu sa garde à vue levée sans poursuite à ce stade.
La tentative d'attentat "paraît pouvoir être rattachée" au groupuscule pro-iranien "Harakat Ashab al-Yamin al-Islamiya" (Hayi), "sans que cet élément ait pu être formellement établi, à ce stade de la procédure", ajoute le Pnat.
- "Proxies" soupçonnés -
Quelques jours plus tôt, le 23 mars, les services de police avaient été "informés de la diffusion sur les réseaux sociaux d’une vidéo de propagande émanant du groupe pro-Iranien HAYI", (Mouvement des compagnons de la main droite de l’islam), "visant les intérêts et la communauté juive en France et en Europe, ciblant spécifiquement le siège français" de Bank of America.
Le groupuscule a revendiqué ces derniers jours plusieurs attaques contre la communauté juive, en Belgique, au Royaume-Uni et aux Pays-Bas.
Mercredi matin, le ministre de l’Intérieur, Laurent Nuñez, a de nouveau fait état sur franceinfo d'un "lien" possible entre cette tentative et l'Iran.
"On sait que quand il y a des tensions avec l'Iran, ils sont en capacité de déclencher ce type d'action", avec l'aide d'intermédiaires, de "proxies" recrutés en Europe, a-t-il ajouté.
Les faits se sont déroulés tôt samedi matin, vers 03H30, rue La Boétie, dans le centre-ouest de Paris, devant les locaux de Bank of America.
Des policiers y ont interpellé un homme de 17 ans qui venait de déposer un engin explosif artisanal et s'apprêtait à l'allumer avec un briquet.
Dans les jours qui ont suivi, deux mineurs de 16 ans, et un majeur ont été interpellés.
Expertisé par le laboratoire central de la préfecture de police de Paris, "le dispositif explosif apparaissait comme composé d’un cylindre en carton d’une contenance de 650 g de matière active et d’une mèche", détaille le Pnat.
"Le laboratoire précisait que c’était le premier artifice de cette puissance retrouvé à sa connaissance en France à ce jour. Il était relevé que ces effets étaient plus proches d’un engin explosif que de ceux de pétard grand public", ajoute le Pnat.
"Le laboratoire concluait ainsi que l’engin constitué d’un artifice de très forte puissance et d’un bidon contenant de l’essence pour automobiles aurait pu générer au moment de l’explosion une forte boule de feu de plusieurs mètres de diamètre et propager un incendie", selon le parquet antiterroriste.
- Pour quelques centaines d'euros -
Selon de premiers éléments de l'enquête, conduite par la section antiterroriste de la brigade criminelle de la préfecture de police (PP) et de la Direction générale de la sécurité intérieure (DGSI), les trois mineurs auraient été recrutés dans la nuit du 26 au 27 mars par le majeur pour déposer l'engin explosif, moyennant une somme comprise entre 500 et 1.000 euros.
"Le majeur indiquait qu’un tiers se présentant lui-même comme un intermédiaire l’avait sollicité via la messagerie d’un réseau social pour faire déposer l’engin explosif dans le cadre d’une vengeance personnelle. L’engin explosif lui aurait été remis à son domicile par une personne qu’il ne connaissait pas", poursuit-il.
Si la France n'est pas en elle-même une cible, le gouvernement et les services de sécurité mettent en garde, depuis le début de la guerre au Moyen-Orient, contre le risque d'actions à caractère terroriste pouvant viser tout ce qui a trait aux États-Unis et à Israël sur le territoire.
K.Brown--BTB