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Rwanda, Ouzbékistan: ces pays où l'Europe envisage d'ouvrir des "hubs" pour migrants
Rwanda, Ouganda, Ouzbékistan...: une poignée d'Etats européens étudie actuellement la possibilité de mettre en place des "hubs de retour" ou d'autres projets migratoires avec une dizaine de pays.
Cinq pays européens particulièrement investis sur les questions migratoires -- le Danemark, l'Autriche, la Grèce, l'Allemagne et les Pays-Bas -- se réunissent régulièrement, notamment à Bruxelles, afin d'explorer ces pistes, ont indiqué plusieurs sources à l'AFP.
Ils ont au cours des dernières semaines élaboré une liste de pays avec lesquels ils pourraient être susceptibles d'ouvrir des centres pour migrants, ou d'autres "solutions innovantes" -- le terme employé à Bruxelles pour évoquer ce type de mesures.
D'après plusieurs sources, y figurent notamment: le Rwanda, le Ghana, le Sénégal, la Tunisie, la Libye, la Mauritanie, l'Egypte, l'Ouganda, l’Ouzbékistan, l'Arménie, le Monténégro et l'Ethiopie.
Plusieurs sources proches des discussions ont précisé que cette liste n'était pas encore arrêtée et que les échanges étaient encore à un stade très préliminaire.
Plusieurs projets pourraient être noués avec ces pays. Des centres pour y envoyer les migrants dont la demande d'asile aurait été rejetée, les fameux "hubs de retour", des centres pour examiner les demandes de migrants sauvés en mer...
Autant de mesures décriées par la gauche et les ONG, qui s'inquiètent du traitement des migrants dans ces établissements, mais de plus en plus plébiscitées par les pays de l'UE.
Les partisans d'une ligne migratoire ferme soulignent que ces mesures ont aussi un effet dissuasif: ils espèrent ainsi décourager des migrants de tenter de s'installer en Europe.
- Apprendre des "erreurs" -
L'idée de créer des hubs pour détenir des migrants avant ou après l'examen de leur demande d'asile n'est pas nouvelle.
Sous l'impulsion de la Première ministre Giorgia Meloni, elle a été testée par l'Italie en Albanie. Ce centre est longtemps resté largement vide, en raison d'une série de contestations judiciaires. En février, il accueillait environ 90 personnes, selon une source au sein des autorités italiennes.
Un accord sur le sujet avait également été scellé entre le Royaume-Uni et le Rwanda, mais Londres a rapidement abandonné le projet, là encore en raison d'obstacles judiciaires. Les deux pays s'affrontent désormais devant les tribunaux.
Les cinq pays européens étudient ces modèles, afin d'apprendre de leurs "erreurs", a affirmé un diplomate à l'AFP.
Ils se basent notamment sur leurs liens diplomatiques existants pour élaborer cette liste: l'Allemagne travaillait déjà de très près avec l'Ouzbékistan sur les questions migratoires, le Danemark a déjà échangé sur ces questions avec le Rwanda...
"On ne se contente pas de lancer des fléchettes sur une carte du monde", a affirmé un autre diplomate à l'AFP.
Ces Etats membres de l'UE sont réticents à confirmer avec quels pays ils souhaitent travailler, tant le dossier est sensible.
La piste la plus aboutie jusqu'ici est le Rwanda, où une mission organisée par plusieurs pays européens, dont l'Autriche, pourrait avoir lieu prochainement.
Un responsable de la Commission européenne a confirmé à l'AFP que l'institution participait à ces réunions en tant qu'"observateur", sans opiner directement sur l'élaboration de la liste.
"Nous travaillons de très près avec les Etats membres et nous les soutenons dans leurs efforts", a-t-il affirmé.
Sans évoquer de liste spécifique, le ministre allemand de l'Intérieur, Alexander Dobrindt, a évoqué fin mars les travaux de ce groupe de pays européens, assurant que l'idée était de conclure des accords "d'ici la fin de l'année".
L'objectif? Passer dès que possible "à l'étape suivante: la mise en place de ces centres de retour", a-t-il expliqué lors d'une conférence de presse.
D'autres pays, dont la France et l'Espagne, se montrent sceptiques quant à l'efficacité de ces hubs et sont restés en retrait des discussions.
O.Bulka--BTB