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Plus de 40 pays appellent l'Iran à la "réouverture immédiate" du détroit d'Ormuz, sous peine de sanctions
Les représentants d'une quarantaine de pays ont appelé jeudi à la "réouverture immédiate et inconditionnelle" du détroit d'Ormuz, menaçant l'Iran de nouvelles sanctions, selon la ministre britannique des Affaires étrangères Yvette Cooper qui présidait la réunion virtuelle.
"L'Iran tente de prendre en otage l'économie mondiale dans le détroit d'Ormuz. Il ne doit pas l'emporter. À cette fin, les partenaires ont appelé aujourd'hui à la réouverture immédiate et inconditionnelle du détroit et au respect des principes fondamentaux de la liberté de navigation et du droit de la mer", a déclaré la ministre dans un communiqué.
Les pays ont convenu "d'explorer des mesures économiques et politiques coordonnées, telles que des sanctions, pour faire pression sur l'Iran si le détroit reste fermé", a-t-elle ajouté.
Depuis le début de la guerre, la quasi-paralysie par Téhéran du détroit d'Ormuz, par où transite en temps normal un cinquième de la production de pétrole mondiale, ainsi que du gaz naturel liquéfié et des engrais, a un impact économique mondial et a entraîné une forte hausse du prix des hydrocarbures.
- "Menace directe" -
Ce blocage est une "menace directe pour la prospérité mondiale", a souligné Mme Cooper.
Les pays se sont aussi mis d'accord pour "accroître la pression diplomatique" sur l'Iran. Mais il n'a pas été question d'une sécurisation du détroit à ce stade, alors que le président américain Donald Trump exhorte les pays dépendants du transport maritime dans le détroit à se mobiliser pour le débloquer.
"Allez au détroit, emparez-vous-en, protégez-le, servez-vous-en", a déclaré mercredi Donald Trump, qui reproche à plusieurs alliés de Washington au sein de l'Otan de n'être pas venus en aide aux Etats-Unis depuis le début du conflit déclenché le 28 février par des frappes israélo-américaines sur l'Iran.
Depuis Séoul, le président français Emmanuel Macron a lui jugé qu'une opération militaire pour "libérer" le détroit serait "irréaliste" et comporterait "des tas de risques".
Les pays du Golfe réclament quant à eux un feu vert de l'ONU pour pouvoir débloquer le détroit par la force.
Nombre de pays membres de l'initiative lancée mi-mars par le Royaume-Uni, la France, l'Allemagne, l'Italie, les Pays-Bas et le Japon, ont insisté sur le fait qu'une mission de sécurisation du détroit ne pourrait s'envisager qu'une fois le conflit terminé.
Une position réitérée jeudi par un porte-parole du ministère français des Affaires étrangères, qui a affirmé qu'une mission dans le détroit n'était possible "qu'une fois que la partie intense des bombardements sera derrière nous".
- Chute de 93% du trafic -
La semaine prochaine, Londres présidera une réunion au niveau des "planificateurs militaires" des mêmes pays afin d'examiner les options pour rendre le détroit d'Ormuz accessible et sûr à la navigation après l'arrêt des hostilités.
A l'occasion de la réunion de jeudi, l'Italie s'est dite favorable à la création dans le cadre de l'ONU d'un "corridor humanitaire" pour laisser passer les engrais, "afin d'éviter une nouvelle crise alimentaire, en particulier dans les pays africains".
Seuls quelques navires - essentiellement iraniens, émiratis, indiens, chinois et saoudiens - continuent de transiter quotidiennement par le détroit.
Depuis début mars, 225 navires de transport de marchandises ont emprunté le détroit, selon la société d'analyse maritime Kpler, soit une chute de 93% par rapport à la situation en temps de paix.
Le gouvernement philippin a annoncé jeudi avoir reçu l'engagement de l'Iran qu'il permettrait aux cargaisons de pétrole transportées par des bateaux battant pavillon philippin de passer en sécurité.
De son côté, l'Irak a indiqué avoir commencé à exporter son pétrole par camions via la Syrie, faute de débouché maritime.
La Chine, partenaire commercial de premier plan de l'Iran restée discrète depuis le début du conflit, a accusé jeudi les Etats-Unis et Israël d'être la "cause première" du blocage du détroit, en raison de leurs "opérations militaires illégales" contre l'Iran.
O.Lorenz--BTB