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Les ambulanciers privés mobilisés avec des mots d'ordre différents
Les ambulanciers, mobilisés mercredi à l'appel de leurs syndicats, ont été reçus au ministère de la Santé, a annoncé le ministère.
Les deux principaux syndicats d'ambulanciers privés ont appelé à débrayer mercredi avec des mots d'ordre différents, l'un visant les interventions d'urgence, l'autre une suspension d'autres missions, comme les retours d'hospitalisation.
"Les représentants des ambulanciers, qui avaient demandé à être reçus au Ministère de la Santé l'ont été ce jour", a indiqué ce ministère mercredi soir, soulignant que l'ensemble des demandes et propositions exposées "vont être analysées de manière détaillée par les ministères concernés" et qu'un "nouvel échange serait organisé d'ici la fin du mois".
"C'est maintenant qu'on se mobilise et qu'on demande des fonds d'urgence, car il y a de vrais risques de défaillances d'entreprises immédiats", a expliqué mercredi à Orléans, Guillaume Horstmann, représentant dans le Loiret de la Chambre nationale des services d'ambulances (CNSA), première organisation représentative de la profession.
Une quarantaine d'ambulances venues de plusieurs départements de la région stationnaient devant l'Agence régionale de santé, où une délégation a été reçue pendant une heure.
Le CNSA a appelé dans toute la France à interrompre, de 09H00 à 20H00, "tout ou partie des missions", sauf celles liées à l'urgence vitale.
Ainsi, des trajets de retour d'hospitalisation ou de retour de services d'urgences seront par exemple annulés, selon ce syndicat, ce qui pourrait désorganiser les sorties hospitalières et, par ricochet, engorger certains services.
Selon le syndicat, les tarifs des interventions prises en charge par l'Assurance maladie sont insuffisants pour couvrir la hausse des charges, en particulier pour "l'urgence préhospitalière", lorsque le Samu demande à une ambulance privée d'intervenir.
Pour ces interventions, l'entreprise est "rémunérée 64 euros de l'heure pour mettre à disposition deux ambulanciers, le véhicule, le matériel et les consommables", et se retrouve "largement déficitaire", selon Dominique Hunault, président de la CNSA.
"Le nombre de défaillances d'entreprises a triplé en 2025 (atteignant 147, ndlr) par rapport à l'année précédente", déplore la CNSA, qui réclame le "déblocage de fonds d'urgence", et "l'ouverture de négociations avec l'Assurance maladie" pour trouver "un modèle soutenable".
La fédération nationale de la mobilité sanitaire (FNMS), deuxième organisation représentative, se bat elle contre une réforme contenue dans le projet de loi de décentralisation, qui prévoit de confier aux préfets l'organisation du transport d'urgence.
"Ni la profession ni le Samu n'ont été associés à la réflexion, on nous a mis de côté", critique le co-président de la FNMS, Olivier Assié. Il craint notamment que la "logique médicale" ne soit reléguée "au second plan", au profit d'une "approche organisationnelle ou sécuritaire".
Le syndicat appelle donc mercredi les ambulanciers à se retirer des tableaux de garde ambulancière, c'est-à-dire "des moyens mis à disposition du Samu", explique son responsable. Mais lorsque ces tableaux sont incomplets, "les préfets réquisitionnent", montrant que les ambulanciers sont indispensables sur le terrain, ajoute-t-il.
Selon lui, des ambulanciers ont été réquisitionnés dans "plus de la moitié des départements".
J.Fankhauser--BTB