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Rebond surprise de l'emploi aux États-Unis, au meilleur de sa forme en 50 ans
Le marché du travail aux États-Unis a montré en juillet un dynamisme inattendu, retrouvant son niveau d'avant la pandémie au moment où la lutte contre l'inflation fait craindre une récession, une bonne nouvelle pour Joe Biden à quelques mois de cruciales élections de mi-mandat.
Il y a désormais "plus de personnes qui travaillent aux États-Unis qu'avant le début de la pandémie", et même "qu'à n'importe quel moment de l'histoire américaine", a salué le président américain depuis la Maison-Blanche.
Le pays a retrouvé les 22 millions d'emplois qui avaient été détruits avec la pandémie, et le taux de chômage est retombé à 3,5%, comme en février 2020. Le marché du travail était alors au meilleur de sa forme en 50 ans.
La santé de l'emploi est en ce moment scrutée de très près aux États-Unis. Si ce rebond conforte l'idée que la première économie du monde n'est pas en récession, c'est en revanche une mauvaise nouvelle pour l'inflation.
"Les fortes dépenses des consommateurs ont continué de stimuler une forte demande de main-d'œuvre et de soutenir le marché du travail", résume Julia Pollak, cheffe économiste pour ZipRecruiter, dans un blog.
"Cela reste l'un des marchés de l'emploi les plus solides des 50 dernières années, pas de réconfort pour ceux qui espèrent un ralentissement qui réduirait l'inflation", commente Mike Fratantoni, chef économiste de l'association des banquiers immobiliers (Mortgage bankers association).
- "Incroyablement solide" -
En juillet, deux fois plus d'emplois qu'attendu ont été créés (528.000 embauches), a annoncé vendredi le département du Travail, dans tous les secteurs, notamment les loisirs et l'hôtellerie, les services professionnels et commerciaux et les soins de santé.
De plus, les créations de mai et juin ont été révisées en hausse, respectivement à 386.000 et 398.000, ce qui représente 28.000 emplois de plus qu'annoncé.
Mais cela ne devrait cependant pas durer, car "la demande de main-d'œuvre devrait (...) se modérer au second semestre 2022, les entreprises feront face à des coûts plus élevés, à une demande de consommation réduite et à une rentabilité plus faible", selon Kathy Bostjancic, économistes pour Oxford Economics.
En attendant, la concurrence reste féroce entre les employeurs, qui cherchent à attirer des travailleurs trop peu nombreux.
Par conséquent, les salaires continuent de grimper. Le salaire horaire moyen dans le secteur privé est désormais de 32,27 dollars, 5,2% de plus qu'il y a un an.
Cela ne suffit cependant pas à compenser l'inflation, qui a atteint en juin 9,1% sur un an.
Joe Biden a assuré comprendre les difficultés des familles qui ont "un emploi et (font) face à la hausse des prix de l'alimentation, de l'essence et bien d'autres". Il a pressé le Sénat d'adopter son grand plan d'investissements dans la santé et le climat.
- "Effrayant" -
La banque centrale (Fed) est à la manœuvre pour tenter de refroidir la surchauffe de l'économie, et, pour cela, relève ses taux pour rendre le crédit plus onéreux, et donc inciter les consommateurs à moins dépenser.
Ces chiffres devraient peser lourd dans la balance lors de sa prochaine réunion monétaire, fin septembre, et convaincre ses responsables de frapper fort. Ils pourraient de nouveau relever les taux de trois quarts de points de pourcentage, comme en juin puis en juillet - du jamais vu depuis 1994, et bien loin de l'habituel quart de point.
"C'est bien de voir autant d'emplois créés, mais c'est effrayant d'imaginer ce que cela signifie pour la taille de l'ajustement que nous pourrions voir venir", a commenté Jason Furman, professeur d'économie à Harvard et ancien conseiller économique de la Maison-Blanche sous Barack Obama.
La Bourse de New York évoluait ainsi dans le rouge vendredi, craignant une attitude encore plus stricte de la Fed.
De premiers signes de ralentissement de l'emploi avaient pourtant émergé.
Le nombre de postes vacants a reculé en juin, tombant au plus bas depuis neuf mois, mais les démissions sont restées massives, selon les données du bureau des statistiques (BLS) publiées mardi.
Quant aux inscriptions hebdomadaires au chômage, qui donnent une indication sur le niveau des licenciements, elles sont reparties à la hausse fin-juillet. La moyenne sur quatre semaines a même atteint son plus haut niveau depuis novembre.
O.Bulka--BTB