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Des pourparlers entre Israël et le Liban prévus la semaine prochaine à Washington
Des pourparlers entre le Liban et Israël sont prévus la semaine prochaine à Washington, a dit un responsable américain jeudi, après des frappes meurtrières de l'armée israélienne sur le pays voisin qui font peser un risque sur la trêve précaire conclue entre les Etats-Unis et l'Iran.
"Nous pouvons confirmer que le département d'Etat accueillera une réunion la semaine prochaine pour discuter des négociations de cessez-le-feu avec Israël et le Liban", a dit ce responsable à l'AFP sous couvert de l'anonymat.
Selon plusieurs médias israéliens, l'ambassadeur d'Israël à Washington, Yechiel Leiter, devrait diriger les négociations pour la partie israélienne.
Après un appel à la retenue de Donald Trump, Benjamin Netanyahu a annoncé jeudi avoir ordonné à son cabinet d'engager des "négociations directes" avec le Liban.
Selon le Premier ministre israélien, ces négociations -- inédites depuis des décennies -- "porteront sur le désarmement du Hezbollah", que le gouvernement libanais s'est engagé à mener à bien, "et l'établissement de relations de paix" entre les deux pays, toujours techniquement en état de guerre.
Le Liban, qui a proposé de tels pourparlers le 9 mars, veut cependant "un cessez-le-feu avant tout début de négociations", a déclaré à l'AFP un responsable libanais requérant l'anonymat.
De son côté le Hezbollah pro-iranien a rejeté toute négociation directe entre le Liban et Israël, appelant au "retrait israélien" du sud du pays.
- Nouvelles frappes -
Benjamin Netanyahu a toutefois averti auparavant que les frappes contre le Hezbollah se poursuivraient pour rétablir la "sécurité pour les habitants du nord" d'Israël.
Dans la soirée, l'armée israélienne a annoncé ainsi avoir commencé à frapper des "sites de tir" du Hezbollah au Liban.
A Beyrouth, l'heure était encore à la recherche de victimes après les frappes menées simultanément par Israël sur plusieurs régions mercredi, qui ont fait plus de 300 morts et un millier de blessés.
Dans le quartier résidentiel d'Ain el Mreisseh, proche de la mer, des corps gisent encore sous l'amas de pierres et de métal d'où émergent, ici un bulletin de notes, là une peluche.
"On ne sait pas où se trouve ma nièce(…) les secours travaillent sans relâche depuis hier" dit à l'AFP Taha Qarqamaz, qui a perdu une autre nièce, et dont deux autres sont en soins intensifs.
"Regardez, ce sont des cahiers, des cours, des livres! Où est le Hezbollah ici?" s'insurge Khaled Salam, un ami.
- "Inacceptable" -
Donald Trump a confirmé jeudi à NBC News avoir plaidé la retenue auprès de Benjamin Netanyahu, après que le site information Axios a fait part d'échanges téléphoniques mercredi entre les deux hommes et l'émissaire américain Steve Witkoff.
Le Premier ministre britannique Keir Starmer a lui jugé "inacceptable" la poursuite des attaques d'Israël contre le Liban, lors d'une tournée pour rencontrer les dirigeants du Golfe avec lesquels il veut s'attacher à faire respecter le fragile cessez-le-feu au Moyen-Orient.
Le Pakistan, médiateur dans le conflit au Moyen-Orient, avait relevé en annonçant le cessez-le-feu que celui-ci s'appliquait "partout, y compris au Liban", ce que démentent Israël et Washington. Il a dénoncé jeudi l'"agression" israélienne contre le Liban.
Le pays doit accueillir à partir de vendredi des négociations entre Iraniens et Américains, ces derniers étant menés par le vice-président JD Vance.
Auprès de NBC News, Donald Trump s'est dit "très optimiste" sur la possibilité de conclure un accord de paix, malgré l'écart entre les positions des deux pays.
- Rassemblement à Téhéran -
Le chef de l'Organisation iranienne de l'énergie atomique a lui exclu d'emblée toute restriction du programme d'enrichissement d'uranium de son pays, une demande fondamentale des Etats-Unis et d'Israël qui accusent l'Iran de vouloir se doter de la bombe atomique - ce que Téhéran nie.
En Iran, des milliers de personnes se sont rassemblées pour marquer le 40e jour après l'assassinat du guide suprême Ali Khamenei, tué par une frappe israélo-américaine au premier jour du conflit, le 28 février.
Dans la foule à Téhéran, Nastaran Safaï, une étudiante de 24 ans, juge que le cessez-le-feu consacre la "victoire" de l'Iran.
"J'ai peur que la guerre reprenne, et en même temps, j'ai peur que le régime reste en place", témoigne de son côté Sheida, graphiste de 38 ans.
Un pétrolier non-iranien, le premier depuis le cessez-le-feu, a franchi jeudi le détroit d'Ormuz, dont la réouverture était une condition du cessez-le-feu.
Le cours du baril de pétrole américain, qui était repassé jeudi au dessus du seuil des 100 dollars, s'est détendu en fin de journée.
Le Fonds monétaire international a pour sa part estimé que la guerre en Iran pourrait plonger 45 millions de personnes dans l'insécurité alimentaire.
burx-rle/ev
W.Lapointe--BTB