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Trump veut bloquer les ports iraniens, Téhéran crie à la "piraterie"
Les Etats-Unis doivent commencer à bloquer lundi les ports iraniens au lendemain de l'échec de pourparlers avec l'Iran, qui crie à la "piraterie" et menace de s'en prendre aux ports de la région.
Lundi 14H00 GMT: c'est à cette heure que le président américain Donald Trump a prévu d'imposer un blocus aux ports iraniens, une perspective qui refait flamber les cours du pétrole et inquiète particulièrement la Chine.
D'avance, l'armée iranienne a dénoncé un blocus "illégal", qui relève de la "piraterie", et menacé ses voisins du Golfe, déjà ciblés par des frappes iraniennes lors de la guerre déclenchée fin février par l'offensive israélo-américaine sur l'Iran.
"Si la sécurité des ports de la République islamique (...) est menacée, aucun port dans le Golfe persique et la mer d'Arabie ne sera en sécurité", a averti le commandement militaire iranien dans un communiqué lu à la télévision.
Après l'accalmie des derniers jours, le baril de pétrole a directement commencé la semaine au-dessus du prix symbolique de 100 dollars, bondissant de plus de 7% pour le Brent de la mer du Nord, référence mondiale, et de plus de 8% pour le WTI, référence américaine, vers 05H00 GMT.
Avec le blocus des ports, "on peut supposer que l'intention de Trump est d'essayer de priver l'Iran de ses revenus d'exportation et d'obliger ses principaux importateurs de pétrole, particulièrement la Chine, à faire pression sur Téhéran pour qu'il lève son blocage du détroit" d'Ormuz, analyse depuis New York le centre de réflexion Soufan Center.
La Chine, qui dépend largement de l'Iran pour son approvisionnement pétrolier, a appelé au rétablissement d'une navigation "sans entraves" dans le détroit, qui voit passer en temps normal un cinquième du commerce mondial d'hydrocarbures.
Le ministre turc des Affaires étrangères Hakan Fidan a pour sa part réclamé sa réouverture "au plus vite".
- Critiques des alliés -
Mais même du côté des alliés de Washington, le blocus naval américain est critiqué.
"Nous ne soutenons pas le blocus", a déclaré le Premier ministre britannique Keir Starmer, tandis que Madrid estime qu'il n'a "aucun sens".
L'Allemagne, elle, ressentira "encore longtemps les conséquences" de la guerre au Moyen-Orient, "même lorsqu'elle sera terminée", a averti le chancelier Friedrich Merz, après avoir annoncé des mesures pour soulager les consommateurs et les entreprises face à la hausse des prix des carburants.
L'incapacité de Washington et Téhéran à trouver un accord après plus de 20 heures de pourparlers au Pakistan inquiète, après plus de six semaines d'une guerre qui a fait plus de 6.000 morts, principalement en Iran et au Liban et a déstabilisé l'économie mondiale.
Le respect du cessez-le-feu de deux semaines, qui doit expirer le 22 avril, reste incertain: si le Pakistan, médiateur dans les pourparlers infructueux, a appelé à son respect, ni les Etats-Unis ni l'Iran n'ont évoqué le sujet.
Sans fermer la porte à une reprise des tractations, Washington et Téhéran se renvoient la responsabilité de l'échec des discussions.
Donald Trump a mis la faute sur le refus des Iraniens de renoncer à se doter de l'arme nucléaire, une ambition démentie par Téhéran.
"S'ils ne reviennent pas, ça me va très bien", a assuré M. Trump.
Selon l'Iran, un accord était "à deux doigts" d'être trouvé. Pour le ministre iranien des Affaires étrangères Abbas Araghchi, l'un des principaux négociateurs de la République islamique, l'échec est dû au "jusqu'au-boutisme américain".
Le porte-parole de la diplomatie iranienne, Esmaeil Baqaei, avait auparavant évoqué "une atmosphère de suspicion et de méfiance", jugeant "évident" qu'un accord ne pouvait être obtenu "en une seule session".
- Poursuite des attaques au Liban -
Au Liban, deuxième terrain principal de la guerre, les attaques se poursuivent, Israël ayant soutenu que ce front n'était pas inclus dans la décision de cessez-le-feu.
Lundi, le mouvement islamiste pro-iranien Hezbollah a affirmé avoir lancé des roquettes sur deux localités israéliennes juste de l'autre côté de la frontière.
Le ministère libanais de la Santé a annoncé la mort de quatre personnes après une frappe israélienne sur la localité de Maaraoub, dans le sud du pays. Le conflit a tué plus de 2.000 personnes au total dans le pays.
Des pourparlers sont toujours prévus mardi entre des représentants libanais et américains à Washington, après le feu vert donné par Israël sous pression américaine.
"La guerre continue, y compris dans la zone de sécurité au Liban", a affirmé le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, lors d'une première visite dans le sud du Liban, dont l'armée israélienne a pris le contrôle.
Son homologue libanais, Nawaf Salam, a assuré que Beyrouth oeuvrait à obtenir par la négociation un retrait total d'Israël.
burx-bar/hme
H.Seidel--BTB