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Israël et le Liban conviennent à Washington d'entamer des négociations directes
Israël et le Liban ont accepté mardi d'entamer des négociations directes en vue d'une paix durable à l'issue de discussions jugées productives à Washington entre représentants des deux pays, les premières du genre depuis 1993.
"Toutes les parties sont convenues d'entamer des négociations directes à une date et en un lieu qui restent à fixer d'un commun accord", a expliqué le département d'Etat américain dans un communiqué.
Le chef de la diplomatie américaine Marco Rubio, qui a réuni les ambassadeurs israélien Yechiel Leiter et libanais Nada Hamadeh Moawad, avait salué en amont une "occasion historique" pour le Liban et Israël de faire la paix.
La réunion de mardi a duré un peu plus de deux heures.
"Nous avons découvert aujourd'hui que nous (Israël et le Liban, ndlr) sommes du même côté", a déclaré l'ambassadeur israélien à des journalistes. "Nous sommes tous deux unis dans notre volonté de libérer le Liban" du mouvement chiite pro-iranien Hezbollah, a-t-il ajouté.
Son homologue libanaise a qualifié cette "réunion préparatoire" de "constructive" et "appelé à un cessez-le-feu" entre Israël et le Hezbollah.
Ce dernier, grand absent de la rencontre, a qualifié ces discussions de "capitulation" et revendiqué, alors qu'elles débutaient, des tirs de roquettes vers treize localités israéliennes frontalières.
Le Liban a été entraîné dans la guerre au Moyen-Orient début mars quand le mouvement chiite a visé Israël pour soutenir l'Iran face à la vaste offensive israélo-américaine. Israël a alors entrepris une opération militaire au Liban.
- "Cela prendra du temps" -
Si le front iranien connaît une accalmie depuis l'entrée en vigueur d'un cessez-le-feu le 8 avril, le Liban n'est pas concerné par la trêve selon Israël, qui continue de frapper le Hezbollah et ne s'est pas retiré du sud du pays.
Le président libanais Joseph Aoun a dit espérer que les négociations à Washington marquent "le début de la fin de la souffrance des Libanais". Mais "la stabilité ne sera pas rétablie dans le sud (du Liban) si Israël continue d'y occuper des territoires ", a-t-il ajouté.
Les discussions de mardi visent "à définir un cadre sur lequel une paix durable pourra se construire", a ambitionné Marco Rubio. "Cela va au-delà d'une simple journée, cela prendra du temps.".
"Il est temps qu'Israël et le Liban travaillent ensemble", a exhorté le secrétaire général de l'ONU Antonio Guterres.
Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a posé deux conditions: le désarmement du Hezbollah et la recherche d'un "véritable accord de paix", les deux pays étant techniquement toujours en état de guerre depuis des décennies.
- "Fatigués" -
Depuis début mars, plus de 2.000 personnes ont été tuées au Liban dans les frappes israéliennes et environ un million de personnes ont été déplacées, selon les autorités.
Ces déplacés représentent un cinquième de la population, a alerté le Haut-Commissaire des Nations unies pour les réfugiés, Barham Saleh, en visite à Beyrouth.
Côté israélien, l'armée a fait état de treize soldats tués au total au Liban. Dix y ont été blessés mardi lors d'affrontements dans la ville de Bint Jbeil (sud), où l'armée a lancé un assaut.
Un précédent cessez-le-feu avait été décrété en novembre 2024, après deux mois de guerre ouverte, mais Israël avait continué de pilonner les zones frontalières.
"Il sera très difficile de parvenir à un accord, et Israël va créer une zone tampon (...), très similaire à celle que nous avons à Gaza", estime un ancien responsable israélien de la Défense, sous le couvert de l'anonymat.
A Beyrouth, des Libanais, las des guerres successives avec Israël, disent avoir de l'espoir.
"Nous sommes pour (les négociations) si c'est dans l'intérêt du Liban, si cela résout les problèmes", dit à l'AFP Kamal Ayad, un réparateur de fenêtres de 49 ans. "Nous voulons la paix, pour nos enfants et notre avenir, nous sommes fatigués, nous avons vécu tant de guerres".
- Nouvelles discussions à Islamabad ? -
Parallèlement, les négociations entre Américains et Iraniens pourraient reprendre au Pakistan "au cours des deux prochains jours", a déclaré Donald Trump au New York Post.
Après un premier échec dimanche, Islamabad cherche à les relancer, ont confié deux sources pakistanaises de haut rang à l'AFP.
Le secrétaire général de l'ONU a appelé à la reprise de "négociations sérieuses".
Dans le Golfe, l'armée américaine a annoncé mardi avoir empêché six navires de quitter les ports iraniens au cours des premières 24 heures du blocus imposé par les Etats-Unis à la République islamique.
Elle a précisé que plus de 10.000 soldats américains, plus d'une dizaine de navires de guerre et des dizaines d'avions étaient mobilisés pour cette mission.
Au moins deux navires en provenance de ports iraniens avaient franchi le détroit d'Ormuz lundi en dépit du blocus, selon la société de données maritimes Kpler.
Pékin, qui dépend largement de l'Iran pour son approvisionnement pétrolier, a appelé au rétablissement d'une navigation "sans entraves" dans le détroit, stratégique pour le commerce notamment des hydrocarbures.
Son blocage par Téhéran depuis le début de la guerre, le 28 février, a fait grimper les prix du pétrole mais ceux-ci ont chuté mardi (-7,8% pour le baril américain à 91,28 dollars), le marché misant sur une reprise des négociations.
burx-cgo-es/bpe
K.Brown--BTB