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Moyen-Orient: les marchés mondiaux jubilent après la réouverture du détroit d'Ormuz
Chute du prix du pétrole, Bourses en hausse, recul des taux d'emprunt: les marchés mondiaux saluent vendredi à l'unisson l'annonce par Téhéran de la réouverture complète du détroit d'Ormuz pour les navires commerciaux.
Le stratégique détroit, essentiel pour le commerce mondial d'hydrocarbures, est désormais "entièrement ouvert" tant que durera la trêve au Moyen-Orient, a annoncé vendredi un ministre iranien.
Cet étroit passage, par lequel transite d'ordinaire un cinquième du pétrole et du gaz consommés dans le monde, était verrouillé par l'Iran depuis le début du conflit, qui y a instauré de facto des droits de passage.
"C'est la bonne nouvelle de ce vendredi", et c'est "une première depuis le début du conflit", relève Kathleen Brooks, analyste pour XTB.
Cette annonce a provoqué une forte chute des prix du pétrole: le baril de Brent de la mer du Nord, référence mondiale, baissait vers 15H50 GMT de 10,13% à 89,32 dollars, quand son équivalent américain, le WTI, perdait 11,73% à 83,58 dollars.
Après avoir passé une première partie de la séance en légère hausse, les principaux indices européens ont eux accéléré leurs gains dans la foulée de cette information. Paris a finalement terminé en hausse de 1,97%, Francfort 2,27% et Milan 1,75%. Londres a pris 0,73%.
A New York, vers 15H50 GMT, les indices avançaient nettement: le Dow Jones prenait 2,00%, le S&P 500 1,27% et le Nasdaq 1,55%.
- Les taux d'intérêt des Etats chutent -
"Le passage de tous les navires commerciaux par le détroit d'Ormuz est déclaré entièrement ouvert pour la période restante du cessez-le-feu", a écrit sur X ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi.
Il n'a pas précisé s'il faisait référence à la trêve entre l'armée israélienne et le Hezbollah, entrée en vigueur jeudi soir au Liban pour une durée de dix jours, ou au cessez-le-feu entre les Etats-Unis et l'Iran qui prend en théorie fin le 22 avril.
Dans tous les cas, "c'est un coup de pouce massif" pour les marchés, "perçu comme un apaisement considérable des tensions" dans la région, résume Neil Wilson, analyste pour Saxo Markets.
Le détroit d'Ormuz est en effet le principal point de préoccupation des investisseurs depuis le début de la guerre, son blocage ayant provoqué une forte hausse des prix du brut ces dernières semaines.
Mécaniquement, les taux d'intérêt des Etats, qui avaient flambé au mois de mars en raison des craintes d'inflation provoquées justement par cette flambée du pétrole, reculaient nettement.
Référence en Europe, le rendement du "Bund" allemand repassait vers 15H50 GMT sous la barre symbolique des 3,00%, à 2,95%, contre 3,03% la veille. Son équivalent français chutait de 0,09 point de pourcentage, à 3,58%. Le taux italien perdait lui 0,12 point à 3,67%.
Le rendement américain à dix ans reculait de son côté à 4,23%, contre 4,31% la veille.
Seul grand perdant de la séquence: le dollar, monnaie internationale du marché pétrolier, qui avait largement profité du conflit. Il cédait jeudi 0,21% face à la monnaie unique européenne, à 1,1806 dollar pour un euro.
- Expectative -
Depuis le début du cessez-le-feu le 8 avril dernier entre Téhéran et Washington, les marchés, qui avaient connu de fortes secousses durant tout le mois de mars, faisaient déjà le pari d'un apaisement de la situation du conflit au Moyen-Orient.
Les pertes des dernières semaines avaient d'ailleurs déjà largement été rattrapées depuis le début de la trêve, particulièrement aux Etats-Unis.
"L'Iran vient juste d'annoncer que le détroit d'Iran (sic) était entièrement ouvert et prêt pour une traversée complète. Merci!", a d'ailleurs immédiatement réagi le président américain Donald Trump sur sa plateforme Truth Social. Il a aussi affirmé vendredi que l'Iran avait accepté de "ne plus jamais fermer le détroit d'Ormuz".
Mais il a aussi affirmé le maintien du blocus mis en place par les Etats-Unis sur les ports iraniens.
"La situation reste donc confuse et peut être est-il un peu prématuré de crier victoire. Mais pour l'instant, les marchés ne voient que le positif", relève Vincent Juvyns, chef des stratégies d'investissements pour la banque ING.
M.Furrer--BTB