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Moyen-Orient: les marchés boursiers reculent face à l'incertitude
Les marchés boursiers mondiaux évoluent dans le rouge mardi, les perspectives de paix semblant de plus en plus incertaines au Moyen-Orient, à l'approche de la fin du cessez-le-feu entre les États-Unis et l'Iran.
En Europe, Paris a perdu 1,14%, Londres 1,05%, Francfort 0,60% et Milan 0,63%.
A New York, à la mi-séance, vers 15H50 GMT, l'indice Nasdaq cédait 0,11% et l'indice élargi S&P 500 0,23%. L'indice Dow Jones perdait 0,16%,
La tensions grimpe sur le marché pétrolier, baromètre de la confiance des investisseurs depuis le début du conflit.
Après une séance sans mouvement, le Brent, référence du brut en Europe, montait de 2,65% à 98,01 dollars le baril. Son équivalent américain, le WTI, grimpait de 4,27% à 93,44 dollars.
"Le risque d'une nouvelle escalade après l'expiration de la trêve ne doit pas être sous-estimé. Si les parties en conflit ne parviennent pas à un accord d'ici là, cela pourrait provoquer un embrasement régional", estime Andreas Lipkow, de CMC Markets.
Entrée en vigueur le 8 avril, dans une guerre qui a fait des milliers de morts et ébranle l'économie mondiale, le cessez-le-feu doit s'achever mercredi soir, alors que la tenue d'un nouveau round de négociations entre Washington et Téhéran à Islamabad s'éloigne de plus en plus.
Donald Trump a accusé mardi l'Iran d'avoir "violé le cessez-le-feu à de nombreuses reprises", dans un message sur son réseau Truth Social.
Le gouvernement du Pakistan a lui déclaré être dans l'attente d'une réponse de l'Iran sur l'envoi ou non d'une délégation à Islamabad pour une nouvelle série de négociations avec les États-Unis.
Aucune confirmation n'a en outre été obtenue côté américain que le président JD Vance irait au Pakistan. Et la télévision d'État iranienne a indiqué qu'"aucune délégation" ne s'y rendait, précisant que Téhéran attendait un "changement de comportement" des États-Unis.
Or, si "le détroit d'Ormuz n'est pas ouvert très rapidement, la pénurie menacera, avec à la clé une croissance qui va ralentir et une inflation qui va déraper", estime Nicolas Forest, de Candriam.
- Le marché des taux obligataires à l'écoute de la Fed -
Autre point d'attention des marchés: l'audition par le Sénat américain de Kevin Warsh, le candidat qui a les faveurs du président Donald Trump pour remplacer Jerome Powell à la tête de la Réserve fédérale (Fed).
Cette prise de parole est d'autant plus écoutée que les craintes d'un regain d'inflation, provoquée par la flambée des prix du pétrole depuis le début du conflit, complique la tâche des banques centrales des grandes économies.
Il a assuré qu'il ne sera "absolument pas" la marionnette de Trump et qu'"une politique monétaire indépendante est essentielle". Il a en revanche estimé que cette indépendance n'était pas "particulièrement menacée quand des élus s'expriment sur les taux d'intérêt".
Une référence claire aux commentaires de Donald Trump, qui considère que la banque aurait d'ores et déjà dû largement abaisser les taux d'intérêt afin de soutenir sa politique économique et accuse sans arrêt Jerome Powell d'agir trop peu et trop tard.
Le taux des bons du Trésor américain à échéance 2 ans, le plus sensible aux évolutions de politique monétaire, atteignaient 3,78%, contre 3,72% la veille, signe que les investisseurs restaient sceptiques face à ces déclarations. Son équivalent à dix ans atteignait 4,29%, contre 4,25%.
En Europe, le "Bund" allemand à dix ans, qui fait office de référence, promettait dans les derniers échanges un rendement de 3,00%, en hausse par rapport à la veille (2,98%). Le taux français grimpait à 3,65%, contre 3,61%.
- Thales souffre à Paris, RTX relève ses prévisions -
Du côté des publications d'entreprises, le secteur de la défense est à l'honneur des deux côtés de l'Atlantique.
A Paris, Thales a perdu 5,92% à 247,70 euros, malgré la progression de son chiffre d'affaires à un niveau supérieur aux attentes. C'est le chiffre des "commandes qui a +raté+" les estimations, selon les analystes d'UBS.
A Wall Street, l'entreprise d'aéronautique et de défense RTX reculait elle aussi, perdant 4,34% à 187,40 dollars, malgré le relèvement de ses prévisions annuelles après un premier trimestre ayant dépassé les attentes du marché.
T.Bondarenko--BTB