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BP: bénéfice trimestriel en forte hausse, porté par la volatilité des prix du pétrole avec la guerre
Le géant pétrolier britannique BP a annoncé mardi un résultat en forte hausse au premier trimestre, porté par la "contribution exceptionnelle" de son activité de négoce pétrolier, qui a profité de la volatilité des prix du pétrole dans le contexte de la guerre au Moyen-Orient.
Le bénéfice net du groupe s'affiche à 3,842 milliards de dollars (3,28 milliards d'euros) sur le trimestre, contre 687 millions un an plus tôt.
Le bénéfice sous-jacent (hors éléments exceptionnels), très scruté par les marchés, est lui aussi en progression, à 3,198 milliards de dollars, contre 1,381 milliard l'an passé, un chiffre qui "reflète une contribution exceptionnelle du négoce pétrolier", est-il souligné dans le communiqué.
"Dans l'ensemble, notre activité continue de bien se porter. Ce trimestre encore a été marqué par une solide performance opérationnelle et financière, et nous avons poursuivi nos progrès vers nos objectifs pour 2027", se félicite Meg O'Neill, la nouvelle directrice générale, nommée en fin d'année 2025 à la place de Murray Auchincloss.
Le groupe avait annoncé mi-avril s'attendre à tirer profit de la hausse des cours, rappelant qu'en moyenne sur les trois premiers mois de l'année, le prix du baril de Brent, la référence internationale, a atteint 81,13 dollars, contre 63,73 dollars moyens enregistrés au quatrième trimestre.
- Rétropédalage -
Mais au delà de cette hausse, le pétrole a aussi énormément fluctué au gré des évolutions de la guerre, flirtant même avec les 120 dollars courant mars, ce dont les traders de BP ont su tirer profit.
L'entreprise avait révélé mi-avril que chaque variation d'un dollar du prix du baril entraîne un impact annuel de 340 millions de dollars (251 millions de livres sterling) sur son bénéfice d'exploitation avant impôts.
"Les équipes de BP travaillent sans relâche pour que nos actifs continuent de produire en toute sécurité, de manière fiable et efficace", dans "un environnement marqué par les conflits et la complexité", a déclaré mardi Meg O'Neill.
L'Américaine a pris ses fonctions début avril avec pour mission de mettre en oeuvre le plan de redressement du groupe, en difficulté, et dont le bénéfice 2025 a plongé de 86% sur un an à 55 millions de dollars.
Les performances de BP ont de manière générale décroché ces dernières années par rapport à celles de ses rivaux et l'entreprise a amorcé l'an dernier une vaste révolution interne, après avoir largement rétropédalé sur une ambitieuse stratégie climatique pour se recentrer sur les hydrocarbures.
- Désaveu cinglant -
Mme O'Neill prévoit de réorganiser l'entreprise, en dissociant clairement ses activités amont et aval --c'est-à-dire la prospection et l'extraction d'un côté, et le raffinage et la commercialisation de l'autre.
L'objectif est de "de faire de BP une entreprise plus simple, plus solide et créatrice de davantage de valeur", avait expliqué le groupe mi-avril.
"Désormais, nous devons tirer pleinement parti des opportunités offertes par l'ensemble de notre portefeuille, simplifier notre manière de travailler, libérer la croissance et améliorer nos rendements", souligne Mme O'Neill dans son communiqué.
A peine en poste, la nouvelle dirigeante a déjà dû faire face la semaine passée, lors de l'assemblée générale annuelle, à un désaveu cinglant de ses actionnaires, qui ont largement rejeté deux résolutions vues comme un recul de la transparence, notamment sur sa stratégie climatique.
L'une des propositions visait à révoquer deux résolutions adoptées lors de précédentes assemblées générales, qui obligent BP à publier certaines informations relatives au climat. L'autre devait autoriser la tenue d'assemblées d'actionnaires exclusivement en ligne.
Le président de BP, Albert Manifold, entré en fonctions le 1er octobre à la tête du conseil d'administration, a lui affronté un coup de semonce personnel, la résolution sur son élection ayant reçu plus de 18% de votes défavorables.
S.Keller--BTB