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Inflation et taux élevés: les Bourses européennes s'accrochent au dernier répit annoncé par Trump
Les Bourses européennes sont en hausse mercredi à l'ouverture, privilégiant le dernier répit annoncé par le président américain Donald Trump aux tendances inflationnistes provoquées par la hausse du pétrole, qui se traduisent par des taux d'intérêt élevés.
Après une heure d'échanges, l'indice du CAC 40 à Paris repassait la barre symbolique des 8.000 points (+0,91%). Francfort progressait de 1,24%, porté par les secteurs de la défense (Rheinmetall) et de la banque (Commerzbank).
Londres suivait la tendance (+0,58%), et même Milan se reprenait (+0,18%) après le glissement de la veille dû au recul de la banque Monte dei Paschi di Siena.
Depuis quelques jours, les marchés boursiers brassent des données contradictoires: informations du jour, inflation à moyen terme, espoirs placés dans l'intelligence artificielle (IA) à long terme.
En l'occurrence, leur optimisme mardi s'appuie sur la dernière déclaration du président américain.
Donald Trump a annoncé lundi avoir annulé au dernier moment une nouvelle attaque qui aurait dû avoir lieu selon lui mardi contre l'Iran, assurant qu'il existait de "très bonnes chances" de parvenir à un accord avec Téhéran.
En Asie pourtant, les principaux indices ont reculé, dont le Nikkei à Tokyo (-0,44%) malgré l'annonce d'un chiffre de croissance de 0,5% de l'économie japonaise au premier trimestre.
"Les chiffres de la croissance économique se sont certes révélés meilleurs que prévu, mais n'ont pas suffi à enrayer la tendance aux prises de bénéfices", décrypte l'analyste Andreas Lipkow de CMC Market.
Champion des valeurs technologiques (notamment Samsung), le Kospi à Séoul a fortement reculé (-3,25%) comme le Nasdaq la veille à New York (-0,51%), "les valeurs technologiques et les semi-conducteurs prenant leurs bénéfices avant les résultats de Nvidia", d'après Florian Ielpo, analyste chez Lombard Odier.
Première capitalisation boursière mondiale, Nvidia (processeurs) annoncera en effet ses résultats mercredi soir, grand événement boursier de la semaine.
Nvidia incarne l'espoir placé par les investisseurs dans un changement de société induit par l'IA, au-delà de l'horizon de la guerre au Moyen-Orient.
Pour combien de temps encore? "L'IA continue de constituer le principal soutien des actions américaines" mais "le pétrole, les rendements longs et les anticipations d’inflation" pèsent également sur le moral des investisseurs, explique Florian Ielpo.
"C’est pourquoi le marché peut encore adhérer au récit autour de l'IA, mais avec moins d’aisance qu’il y a quelques semaines", ajoute-t-il.
Le pétrole recule mais reste 50% plus cher qu'avant le conflit
L'annonce du président Donald Trump a permis de relâcher la pression sur les prix du pétrole.
Vers 08H00 GMT, le Brent de la mer du nord s'échangeait à 110,02 dollars le baril (-1,86%), et le WTI à 108,12 dollars (-0,50%).
Le Brent "reste à plus de 50% au-dessus de ses niveaux d’avant-guerre. Difficile de parler de soulagement, et les marchés ne considèrent pas cela comme une désescalade complète", insiste Florian Ielpo.
L'Agence internationale de l'énergie (AIE) "alerte sur le déstockage commercial mondial rapide, alors que les capacités d’exportation américaines s’essoufflent et que la Chine pourrait relancer ses importations", rappelle le gestionnaire de fonds Aurel.
"Les réserves stratégiques américaines ont enregistré un prélèvement record (...) contraignant l’administration Trump à prolonger de 30 jours une dérogation aux sanctions sur le pétrole russe", ajoute Aurel.
Les taux plafonnent à des niveaux élevés
Si le pétrole est la cause des risques inflationnistes qui se propagent à l'ensemble de la chaîne de production, la hausse des taux d'intérêt en est la conséquence.
En effet, l'inflation réduit la valeur réelle du capital avancé par les créanciers aux Etats ou aux entreprises. Les prêteurs demandent donc une prime de risques sous la forme de taux plus élevés.
Les investisseurs ont logiquement les yeux tournés vers le marché obligataire depuis quelques jours.
Mardi matin, le rendement du Bund allemand à dix ans repassait à 3,14%, et son équivalent français affichait 3,77%.
"Les signaux diplomatiques au Moyen-Orient ont freiné la correction des obligations, entraînant une stabilisation des rendements après avoir atteint des niveaux élevés", résume Natixis.
J.Fankhauser--BTB