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Marchés: les espoirs de réouverture d'Ormuz poussent pétrole et taux à la baisse, les Bourses en forme
Chute des prix du brut, taux d'emprunts souverains en baisse, marchés d'actions dans le vert: un vent de soulagement traverse les marchés lundi avec les espoirs de conclusion d'un accord entre les Etats-Unis et l'Iran pour mettre durablement fin à la guerre au Moyen-Orient.
Après "des semaines passées à naviguer dans un ouragan géopolitique", les marchés entament une semaine écourtée par un jour férié avec "des investisseurs observant enfin les nuages de guerre commencer à se dissiper au-dessus du détroit d'Ormuz", passage stratégique par où transitait 20% de l'offre mondiale de pétrole et de gaz naturel liquéfié (GNL) avant le conflit, souligne Stephen Innes, gérant de SPI AM.
Les Etats-Unis ont affirmé lundi être toujours sur le point de conclure un accord "solide" avec l'Iran, après que Donald Trump a tempéré la veille les espoirs d'entente imminente pour mettre fin durablement au conflit.
Selon les médias américains, l'accord en préparation entre Téhéran et Washington permettrait aux navires de franchir à nouveau Ormuz.
En réaction, le Brent de la mer du Nord, la référence mondiale du pétrole, s'affichait en forte baisse (-5,00%) à 98,36 dollars le baril vers 07H20 GMT, passant sous la barre des 100 dollars pour la première fois depuis deux semaines. Son équivalent américain, le WTI, chutait de 5,40% à 91,38 dollars le baril.
Ainsi, "la réouverture du détroit d'Ormuz devient de plus en plus tangible", résume M. Innes. "Les marchés commencent à intégrer l'idée que l'une des artères énergétiques les plus critiques du monde pourrait finalement éviter une perturbation prolongée."
- Dollar et taux reculent de concert -
Avec la chute du prix du brut, le dollar flanche face aux principales autres devises et les taux d'emprunts des Etats reculent.
Sur le marché obligataire, le taux de l'emprunt allemand à 10 ans ("Bund), considéré comme le plus solide de la zone euro, évoluait à 2,98% vers 07H20 GMT, contre près de 3,04% vendredi à la clôture.
Le rendement de l'emprunt français à dix ans s'établissait à 3,59% contre 3,66% vendredi soir.
"La réaction des marchés (est) parfaitement logique compte tenu du niveau de crainte inflationniste et des anticipations de hausses de taux agressives qui avaient été intégrées dans les prix avec le choc énergétique", souligne Stephen Innes.
L'analyste note un "changement psychologique (...) important" sur les marchés, qui ont passé ces dernières semaines à réagir aux gros titres en provenance du Moyen-Orient, chaque nouvelle tension faisant craindre un choc inflationniste sur les actifs mondiaux.
"Désormais, les investisseurs se retrouvent soudain face à la possibilité que la même prime de risque géopolitique qui avait poussé le pétrole, les rendements et le dollar à la hausse puisse commencer à se résorber", ajoute-t-il.
Sur le marché des changes, le billet vert cédait 0,28% face à la monnaie unique, à 1,1636 dollar pour un euro.
- Les Bourses mondiales dans le vert -
Sur les marchés boursiers, l'humeur est à l'optimisme, la baisse des rendements obligataires profitant aux actions: elle permet aux entreprises d'emprunter plus facilement à moindre coût et rend les obligations moins attractives pour les investisseurs.
L'Europe et l'Asie, deux continent très dépendant des importations d'hydrocarbures profitent également directement de la chute des prix du brut.
Dans les premiers échanges européens, la Bourse de Paris prenait 1,11%, l'indice Dax de Francfort gagnait 1,05% et Milan progressait de 0,90%.
En Asie, à la Bourse de Tokyo, l'indice vedette Nikkei a terminé sur une forte hausse de 2,87%. En Chine, la Bourse de Shenzhen a terminé en hausse de 1,66% et Shanghai de 0,96%.
Hong Kong et Séoul sont fermés lundi, tout comme les Bourses de Londres et de New York en raison d'un jour férié.
Si le prix du pétrole poursuit sa baisse "à mesure que le trafic dans le détroit d'Ormuz se normalise", "les actions pourraient continuer à progresser simplement" grâce au recul de "la peur inflationniste qui a poussé les rendements obligataires à des sommets pluriannuels" poursuit M. Innes.
Et ce "au moment même où la saison des résultats se termine sur une note remarquablement résiliente pour les entreprises américaines", souligne-t-il.
H.Seidel--BTB