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Prudence sur les marchés mondiaux après la frappe américaine contre l'Iran
Les marchés mondiaux restent prudents mardi, partagés entre espoirs de désescalade au Moyen-Orient et regain de tensions après de nouvelles frappes américaines en Iran qui provoquent une remontée des prix du pétrole ravivant les inquiétudes inflationnistes.
"Durant la nuit, les marchés ont retrouvé un ton plus prudent après des informations faisant état de nouvelles frappes américaines dans le sud de l'Iran, malgré l'optimisme du week-end selon lequel un cadre de paix pourrait être proche", commente Daniela Hathorn, analyste chez Capital.com.
Les Etats-Unis ont annoncé lundi avoir frappé des sites de missiles dans le sud de l'Iran, ravivant les inquiétudes sur la solidité du cessez-le-feu malgré des avancées apparentes dans les négociations pour mettre fin à la guerre au Moyen-Orient.
Après des semaines de blocages et de menaces, Washington et Téhéran avaient fait état d'avancées ces derniers jours dans les discussions. Donald Trump avait même laissé entrevoir un compromis imminent au cours du week-end.
Ces espoirs ont été douchés et "les doutes grandissent déjà de nouveau quant à la possibilité d'un accord rapide et sans heurts entre les parties en guerre", estime Andreas Lipkow de CMC Markets.
"Cela place les marchés dans une position inconfortable", résume Mme Hathorn. "Les investisseurs n'anticipent plus une escalade imminente vers une guerre régionale totale, mais ils ne tablent pas non plus sur une résolution rapide et claire."
Pour l'analyste, "le marché semble désormais intégrer un scénario de +statu quo chaotique+, dans lequel le cessez-le-feu tient globalement, mais où des attaques sporadiques, des incidents militaires et des revers diplomatiques continuent de perturber la confiance et les flux énergétiques".
"La situation au Proche-Orient reste complexe et confuse", souligne Andreas Lipkow. "Pour les investisseurs, il est pratiquement impossible de prévoir de manière fiable l'évolution à venir."
Dans ce contexte incertain, les Bourses européennes ont ouvert sans direction franche.
Dans les premiers échanges, la Bourse de Paris perdait 0,41%, Francfort 0,30% et Milan reculait de 0,38%. La Bourse de Londres, de retour après un jour férié, gagnait quant à elle 0,77%.
L'humeur est également mitigée sur les places asiatiques. A Tokyo, l'indice vedette Nikkei a cédé 0,25%.
Shanghai a perdu 0,17%, Shenzhen a grappillé 0,12% et Hong Kong progressait de 0,29% dans les derniers échanges.
Le Kospi de Séoul a terminé en forte hausse de 2,55%, soutenu par les actions des secteurs des semi-conducteurs, de l'automobile et des chantiers navals.
- Le pétrole repart à la hausse -
Vers 07H45 GMT, le Brent, la référence mondiale du brut, prenait 3,32% à 99,33 dollars le baril.
"Le pétrole a rebondi après la forte baisse provoquée lundi par les espoirs d'accord de paix, les investisseurs réintégrant une partie de la prime géopolitique dans les prix", explique Daniela Hathorn.
Le détroit d'Ormuz reste un enjeu clef du conflit: en temps normal, un cinquième du pétrole brut et du gaz naturel liquéfié consommés dans le monde transitent par ce passage stratégique.
"Même si les discussions se poursuivent, les flux maritimes restent contraints et toute nouvelle menace pesant sur le trafic des pétroliers se répercute rapidement sur les marchés de l'énergie", rappelle l'analyste de Capital.com.
- Les taux d'emprunts souverains remontent -
"La hausse des prix du pétrole alimente les anticipations d'inflation dans le monde entier, exerçant une pression haussière sur les rendements mondiaux", relève Ipek Ozkardeskaya, analyste chez Swissquote.
Le taux de l'emprunt allemand à 10 ans (Bund), considéré comme le plus solide de la zone euro, remontait à 2,97% vers 07H45 GMT, contre 2,94% lundi à la clôture.
Le rendement de l'emprunt français à dix ans s'établissait à 3,59% contre près de 3,56% lundi soir.
Pour les marchés actions, "la hausse des coûts d'emprunt exige une attention croissante, car le durcissement des conditions financières devient de plus en plus difficile à ignorer pour les investisseurs", souligne Mme Ozkardeskaya.
"Des rendements mondiaux plus élevés augmentent le coût du capital, mettent les valorisations sous pression et menacent de ralentir à la fois les dépenses des consommateurs et les investissements des entreprises", explique-t-elle.
C.Kovalenko--BTB