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Moyen-Orient: les marchés prudents face au regain de tensions
Les Bourses mondiales évoluent en repli jeudi, réagissant sans excès au regain de tensions entre l'Iran et les Etats-Unis qui se traduit par une nouvelle hausse des prix du pétrole.
Après avoir battu record sur record grâce à la tech mercredi, les principaux indices de Wall Street semblaient regarder ce jeudi autant vers les risques géopolitiques que vers les promesses de l'intelligence artificielle (IA).
Les trois indices devraient reculer à l'ouverture, le Nasdaq (-0,42%), encore plus fortement que le S&P 500 (-0,25%), et le Dow Jones (-0,20%), d'après les contrats à terme négociés avant la séance.
Parmi les principales places européennes, Londres enregistrait la plus forte baisse (-1,06%) malgré le rebond du pétrole, sensible à chaque nouvel épisode du conflit dans le détroit d'Ormuz.
Paris et Francfort perdaient 0,63% vers 12H00 GMT.
A Paris, Dassault Systèmes (solutions technologiques innovantes) reculait brutalement (-5,64%), visiblement victime collatérale de l'annonce d'un partenariat entre le champion européen de l'IA Misral et deux géants industriels, Airbus et BMW.
A Francfort, les investisseurs misaient sur le géant de la défense Rheinmetall (+5%) et l'équipementier sportif Adidas (+2,54%), à l'approche du Mondial de football.
Milan parvenait à s'afficher légèrement dans le vert (+0,06%), portée par la belle performance d'Avio (aérospatiale, +4,58%).
En Asie, les Bourses ont également reculé après le regain de tensions au Moyen-Orient, même dans le "triangle d'or" habituellement porté par les prises de risque dans la tech et l'intelligence artificielle (Séoul -0,53%, Taiwan -1,38% et Tokyo -0,47%).
"La nervosité revient sur les marchés boursiers après les nouveaux affrontements militaires en Iran", résume l'analyste Andreas Lipkow de CMC Markets.
Les Etats-Unis ont abattu quatre drones iraniens et mené des frappes sur une base au sol dans le sud du pays dans la nuit de mercredi à jeudi, entraînant des représailles de Téhéran qui a visé une base américaine, dans ce qui constitue les affrontements les plus graves depuis le début du cessez-le-feu.
Pétrole en hausse mais sous le seuil des 100 dollars
Ce regain de tensions retarde la conclusion d'un accord permettant la réouverture du détroit d'Ormuz, goulet d'étranglement de 20% de l'offre mondiale de pétrole depuis le lancement des frappes américaines contre Téhéran il y a tout juste trois mois, le 28 février.
Peu après 11H30 GMT, le Brent de la mer du nord, référence du brut, s'échangeait à 99,91 dollars le baril (+2,78%). Le WTI américain valait 91,21 dollars le baril (+2,85%).
"À ce stade, rien n'indique que les négociations en vue de conclure un accord se soient arrêtées, et le fait que le prix du Brent reste inférieur à 100 dollars le baril montre que le marché continue de considérer qu'un accord pour mettre fin au conflit et rouvrir le détroit d'Ormuz est plus probable qu'improbable", espère Kathleen Brooks, directrice de recherche pour la plate-forme d'investissement XTB.
"Même en cas de normalisation géopolitique, les prix du pétrole devraient rester durablement élevés en raison des besoins de reconstitution des stocks et des perturbations logistiques", tempère le gestionnaire de fonds Aurel dans sa note quotidienne. "La volatilité demeure très forte, chaque déclaration politique ou militaire provoquant des mouvements immédiats sur les cours de l'énergie".
Les taux dans l'attente de la BCE
Sur le marché obligataire, les taux d'emprunts de la dette des Etats se stabilisaient.
Le rendement du "Bund" allemand à dix se situait un peu au-dessus des 2,99%, légèrement supérieur à la veille. Son équivalent français se stabilisait à 3,61% contre moins de 3,60% la veille.
Face aux risques d'inflation, les marchés anticipent la remontée des taux de la Banque centrale européenne (BCE) lors de la prochaine réunion de son directoire mi-juin.
Sur le marché des changes, l'euro patinait face au dollar à 1,1610 dollar pour un euro contre 1,1626 la veille (-0,14%).
"L'euro reste pénalisé malgré les discours +faucons+ de plusieurs membres de la BCE", observe le gestionnaire de fonds Aurel.
"L'or a touché son plus bas niveau depuis deux mois sous l'effet du regain d'anticipations de hausse des taux de la Réserve fédérale et de la flambée des prix du pétrole, qui entretient les craintes inflationnistes mondiales", ajoute Aurel.
Traditionnelle valeur refuge, l'once d'or valait 4.388,43 dollars, contre 4.453,98 la veille (-1,47%).
T.Bondarenko--BTB