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L'inflation continue de déraper aux Etats-Unis
L'inflation américaine a bondi depuis le déclenchement de la guerre au Moyen-Orient qui a fait s'envoler la facture énergétique, mettant le gouvernement sous pression à quelques mois des élections de mi-mandat.
Interrogé à la Maison Blanche, le président Donald Trump ne s'est pas montré inquiet: "Les chiffres étaient supers (...) j'aime l'inflation", a-t-il lancé, avant d'assurer que celle-ci allait "tomber comme une pierre" une fois le conflit terminé.
Il avait fait de l'amélioration du pouvoir d'achat une de ses priorités lors de sa campagne victorieuse.
Les données officielles publiées mercredi montrent une spectaculaire poussée des prix entamée dans la foulée des premiers bombardements israélo-américains contre l'Iran, le 28 février.
Téhéran a rétorqué en bloquant notamment le trafic d'hydrocarbures dans le détroit d'Ormuz, propulsant les prix du pétrole et des produits qui en sont dérivés comme le plastique et les engrais.
L'indice des prix à la consommation (CPI) avait entamé une décrue en fin d'année 2025 et s'était stabilisé autour de 2,4% début 2026. Il a décollé dès mars.
Il faut remonter à avril 2023 pour trouver une inflation plus élevée que les 4,2% enregistrés en ce mois de mai.
Sur la même période, les salaires ont progressé en moyenne de 3,4%, dont nettement moins vite.
La hausse des prix de l'essence (+40,5% sur un an) découlant de la guerre explique largement l'accélération de l'inflation.
Un indice montre toutefois que les augmentations tarifaires sont plus largement répandues dans l'économie. Ainsi, l'inflation sous-jacente (hors variations de l'énergie et de l'alimentation) est désormais de 2,9% sur un an (contre 2,5% en février).
Les billets d'avion flambent (+26,7% sur un an). Il coûte aussi nettement plus cher de faire entretenir sa voiture (+6,1%) ou de se faire soigner à l'hôpital (+5,7%).
- "Pic" ou "plateau"? -
Selon un outil en ligne d'un service statistique gouvernemental, les Américains doivent désormais débourser un peu plus de 130 dollars pour avoir l'équivalent de ce qui leur coûtait 100 dollars en mai 2020.
Les bouleversements mondiaux liés au Covid-19 avaient ensuite commencé à tirer les prix vers le haut (jusqu'à quasiment 9% d'inflation en juin 2022).
Plusieurs analystes ont estimé mercredi que la situation devrait s'améliorer dans les mois qui viennent.
"Nous considérons que l'inflation a atteint un sommet et devrait ralentir au cours du second semestre, à condition qu'un accord soit trouvé rapidement avec l'Iran pour rouvrir le détroit d'Ormuz", écrit Kathy Bostjancic, économiste de l'assureur Nationwide, dans une note.
Nancy Vanden Houten, du cabinet Oxford Economics, pense aussi qu'un "pic" pourrait être passé "compte tenu de la forte baisse des prix de l'essence" observée ces derniers jours.
Economiste pour le cabinet KPMG, Diane Swonk se montre plus pessimiste. Elle envisage que l'inflation reste durablement sur un "plateau" élevé.
Les perturbations logistiques causées par la guerre ne se résoudront pas du jour au lendemain, souligne-t-elle, s'attendant à ce que la banque centrale des Etats-Unis finisse par devoir relever ses taux d'intérêt pour refroidir la surchauffe.
Chargée de contenir l'inflation autour de 2%, la Réserve fédérale (Fed) veut pour l'heure croire que le choc sera de courte durée.
Elle optera sans doute la semaine prochaine pour un quatrième statu quo monétaire d'affilée.
Ce sera la première réunion de l'ère Kevin Warsh, désigné par Donald Trump pour succéder à Jerome Powell. Le chef de l'Etat ne cache pas attendre de lui une politique plus accommodante pour stimuler l'économie.
Avant d'obtenir sa nomination fin janvier, M. Warsh avait plaidé pour des baisses de taux. Les conditions ont radicalement changé depuis.
N.Fournier--BTB