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La Banque de France abaisse nettement sa prévision de croissance pour 2026
Mauvaise nouvelle pour l'économie: la Banque de France a nettement abaissé mardi sa prévision de croissance pour 2026, en tablant désormais sur une croissance nulle au deuxième trimestre, après le recul inattendu du produit intérieur brut (PIB) sur les trois premiers mois de l'année.
Dans ses projections macroéconomiques publiées mardi, la banque centrale française s'attend dorénavant à une croissance de 0,5% du PIB sur l'année 2026, soit nettement moins que les 0,9% qu'elle prévoyait en mars.
C'est aussi bien plus pessimiste que les attentes du gouvernement, qui table à ce stade sur +0,9% cette année. Le Fonds monétaire international (FMI), quant à lui, avait abaissé en mai sa prévision de croissance de la France en 2026 de 0,9% à 0,7%.
"Le prix du pétrole a davantage augmenté que dans les hypothèses du scénario de base de mars. Mais surtout, l'activité s'est avérée moins résiliente qu'anticipé au premier trimestre 2026", avec un recul de 0,1% du PIB, "et devrait rester relativement atone au deuxième trimestre", a expliqué la Banque de France.
Elle souligne cependant que ces projections ont été "réalisées dans un environnement international particulièrement incertain" et sans tenir "compte de l'annonce du 14 juin relative à la signature possible d'un accord-cadre entre les États‑Unis et l'Iran".
Ces prévisions "en demi-teinte" ne prennent pas en compte "les annonces de cessez-le-feu et de réouverture du détroit d'Ormuz" au Moyen-Orient, a d'ailleurs réagi le ministère de l'Economie, qui veut y voir le "signal de relance de l'économie française"
"L'heure est au retour de la confiance collective : c'est elle, davantage que la dépense publique, qui permettra de soutenir durablement la croissance", selon le ministre Roland Lescure.
- "Rebond" en 2027 et 2028 -
La Banque de France a aussi nettement relevé sa prévision d'inflation pour l'année 2026. L'inflation IPCH (Indice des prix à la consommation harmonisé, qui permet les comparaisons entre les différentes inflations de la zone euro) grimperait à 2,5%, contre 1,7% lors des prévisions de mars, "tirée par la hausse des prix de l'énergie et ses effets indirects".
Dans son scénario central, la banque s'attend en 2027 à un "rebond" de la croissance à 0,9% (contre 0,8% prévu en mars) et 1,2% en 2028 (comme précédemment). Elle serait "soutenue par le redressement de la demande intérieure privée, en particulier la consommation des ménages et l'investissement des entreprises".
L'inflation refluerait en 2027 et 2028 à 1,7%, en raison de la détente des prix de l’énergie (contre respectivement 1,4% en 2027 et 1,6% en 2028 prévus en mars).
De son côté, la Banque centrale européenne (BCE) a ajusté jeudi ses prévisions, prévoyant désormais une inflation globale de 3% dans la zone euro en 2026 et une croissance de 0,8%, avec des scénarios alternatifs.
La Banque de France envisage elle aussi trois scénarios, en plus de celui de base prévoyant une flambée transitoire des prix des hydrocarbures à partir d'hypothèses arrêtées au 21 mai.
L'un, plus favorable, reposerait sur une baisse plus rapide et plus marquée des prix des hydrocarbures, et deux plus défavorables sur des anticipations de marché plus pessimistes.
- Dégradation du déficit -
Dans le scénario le plus défavorable, l'inflation atteindrait 4% en 2026 et 3,9% en 2027 avant une normalisation en 2028. Le PIB stagnerait en 2026 et 2027, avant un rebond en 2028.
La Banque de France publie également mardi son enquête mensuelle de conjoncture pour mai, menée auprès de 8.500 chefs d'entreprises: elle montre un net ralentissement de l'activité dans l'industrie et un recul dans les services et le bâtiment. Les chefs d'entreprises anticipent en revanche une meilleure activité en juin.
Dans ses projections, la banque centrale se montre peu optimiste pour les finances publiques françaises: le déficit public "pourrait se dégrader légèrement en 2026". Après s'être établi à 5,1% en 2025, il serait de 5,2% du PIB "en l'absence de mesures d'économies supplémentaires".
Le redressement du déficit pourrait alors être "limité" dans les années à venir, "ne permettant pas une stabilisation du ratio de dette", qui augmenterait pour atteindre 122% du PIB en 2028.
F.Pavlenko--BTB