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Marchés mondiaux: les Bourses saluent l'accord Iran-USA, le pétrole hésite
Les Bourses mondiales ont terminé pour la plupart en territoire positif jeudi, rassurées par la signature du protocole d'accord entre Washington et Téhéran, tandis que le marché pétrolier s'est montré un peu plus prudent.
A Wall Street, l'indice Nasdaq a progressé de 1,91%, l'indice élargi S&P 500 a gagné 1,09% et le Dow Jones a pris 0,14%.
Sur le Vieux Continent, Paris a pris 0,44%, Francfort 0,37% et Milan 0,18%, tandis que Londres, plombée par ses géants pétroliers, a cédé 1,04%.
"Les bonnes nouvelles qui viennent du Moyen-Orient améliorent les perspectives", même "si beaucoup de choses peuvent encore se passer", explique à l'AFP Charlotte de Montpellier, économiste pour la banque ING.
Les présidents américain et iranien ont signé à distance mercredi soir le protocole d'accord dans lequel Téhéran s'engage à rouvrir immédiatement le détroit d'Ormuz, passage maritime essentiel pour le commerce d'hydrocarbures.
Ces informations apaisent quelque peu les craintes inflationnistes des investisseurs, mais certains analystes restent sur leurs gardes.
- Le pétrole hésite -
Le marché du pétrole, notamment, se montre nerveux alors que "les opérateurs tentent d'évaluer la quantité de pétrole qui peut être immédiatement disponible", explique à l'AFP Andy Lipow, de Lipow Oil Associates.
Selon l'accord, le trafic des navires commerciaux dans Ormuz sera pleinement rétabli dans un délai de 30 jours, une fois le détroit déminé.
"Mais les marchés se demandent: +Combien de temps faudra-t-il réellement pour que la chaîne d'approvisionnement retrouve un semblant de normalité?+", explique M. Lipow.
Pour les analystes d'Argus Media, quatre à six mois pourraient s'écouler avant de retrouver les volumes d'exportations de brut précédant la guerre.
Des incertitudes demeurent également quant au rythme de reconstitution des réserves stratégiques mondiales, largement sollicitées pour amortir la flambée des prix liée au conflit.
Dans ce contexte, le prix du baril de Brent - en nette baisse pendant la majeure partie de la séance - s'est retourné juste avant la clôture, grappillant finalement 0,38% à 79,85 dollars.
Son équivalent américain, le baril de West Texas Intermediate a reculé de 0,25% à 76,60 dollars.
- Les marchés digèrent les annonces de la Fed -
La séance du jour est aussi marquée par "la digestion des dernières annonces de banques centrales, notamment celle de la Réserve fédérale américaine", relève Romain Aumond, macroéconomiste chez Natixis IM.
La banque centrale américaine a décidé - comme attendu et à l'unanimité - de laisser ses taux inchangés mercredi soir, entre 3,50% et 3,75%, à l'issue de la première réunion de son nouveau président Kevin Warsh.
En revanche, les responsables américains ont suggéré, via leurs prévisions, qu'un resserrement monétaire pourrait intervenir d'ici à la fin de l'année face à l'accélération de l'inflation due au conflit au Moyen-Orient.
Ces déclarations, qui vont à l'encontre de ce que demande Donald Trump depuis plusieurs mois, à savoir des baisses de taux, ont douché l'humeur des investisseurs, faisant nettement reculer mercredi les Bourses américaines.
Après avoir déjà grimpé la veille, le billet vert prenait encore 0,38% face à l'euro, à 1,1458 dollar pour un euro.
Dans la foulée de la décision de la Fed, la Banque d'Angleterre a maintenu jeudi son principal taux directeur inchangé pour la quatrième réunion d'affilée, à 3,75%, malgré l'inflation qui reste élevée au Royaume-Uni.
- Accenture déçoit, Capgemini trinque -
Le cabinet de conseil américain Accenture a plongé de 17,99% à 127,95 dollars à Wall Street, après une révision à la baisse de ses prévisions, à l'occasion de la publication de ses résultats trimestriels, jeudi.
L'entreprise a également annoncé une série d'acquisitions dans la cybersécurité, une stratégie qui suscite des interrogations chez certains analystes, alors que le secteur évolue dans un climat incertain face au développement rapide de l'intelligence artificielle.
Cette annonce a provoqué un net recul de certains groupes du secteur, et particulièrement le français Capgemini, qui a cédé 8,87% à 89,00 euros à Paris.
C.Meier--BTB