Berliner Tageblatt - Papouasie-Nouvelle-Guinée: un projet minier fait craindre un désastre environnemental

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Papouasie-Nouvelle-Guinée: un projet minier fait craindre un désastre environnemental
Papouasie-Nouvelle-Guinée: un projet minier fait craindre un désastre environnemental / Photo: © AFP/Archives

Papouasie-Nouvelle-Guinée: un projet minier fait craindre un désastre environnemental

Un vaste projet minier qui pourrait rejeter plusieurs centaines de millions de tonnes de déchets au large de la Papouasie-Nouvelle-Guinée suscite l'inquiétude des populations locales, une ONG et un responsable religieux mettant en garde contre un potentiel "désastre" environnemental.

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Le projet est piloté par deux des plus grandes sociétés aurifères du monde, l'Américaine Newmont Mining et la Sud-Africaine Harmony Gold, associées dans une joint-venture pour extraire du cuivre et de l'or dans les forêts tropicales de Morobe, une province de cette nation insulaire du Pacifique Sud, au nord de l'Australie.

Le gouvernement papou-néo-guinéen a apporté son soutien au projet, mettant en avant les retombées économiques qui pourraient contribuer à améliorer le niveau de vie de ce pays en développement.

- Roches broyées et produits chimiques -

"Je suis ici pour améliorer les revenus de nos propriétaires fonciers et de notre pays", avait fait valoir en mars le Premier ministre James Marape à propos de ce projet.

Baptisé Wafi-Golpu, celui-ci prévoit, en l'absence de site terrestre pour stocker les déchets, de construire un pipeline long de 100 kilomètres pour déverser en mer un mélange de roches broyées et de produits chimiques.

Selon l'ONG australienne Jubilee Australia Research Centre, 360 millions de tonnes de déchets seraient rejetées au cours des 28 ans d'exploitation du projet en utilisant la méthode controversée de "rejet des résidus miniers en eaux profondes", utilisée par seulement 15 mines dans le monde.

Ces résidus "contiendront des quantités inconnues de métaux lourds, dont de l'arsenic, du plomb, du nickel, du mercure, du zinc" entre autres, s'inquiète encore l'ONG.

Selon elle, "les communautés côtières, qui risquent d'être les plus touchées par la pollution de la mer dont elles dépendent, n'ont pas donné leur consentement libre, préalable et éclairé au projet".

Dans un communiqué à l'AFP, la joint-venture indique que le rejet en mer était la solution "la plus sûre et la plus responsable sur le plan environnemental et social".

Plus de 40 sites de stockage à l'intérieur des terres ont été évalués, mais aucun n'a été considéré comme adapté en raison des fortes précipitations et du risque de tremblements de terre.

Des études ont également démontré que le projet de déversement des déchets en mer ne présentait aucun danger pour la santé humaine, assure encore la joint-venture.

Le projet inquiète également Jack Urame, évêque en chef de l'Église évangélique luthérienne de Papouasie-Nouvelle-Guinée, une institution majeure dans le pays dont les fidèles représentent environ 16% de la population selon les chiffres du gouvernement.

- "Notre mer" -

"Si l'exploitation minière a lieu, ce sera une véritable catastrophe pour la population elle-même", s'inquiète-t-il auprès de l'AFP.

Selon lui, cette partie de la côte revêt une importance culturelle. "Certaines communautés rejettent l'idée dans sa totalité, car elles estiment qu'elle détruira la mer, la vie marine et, par là même, leurs moyens de subsistance", explique-t-il.

Elle abrite également l'une des plus grandes populations nicheuses du pays de tortues luths, une espèce classée comme "vulnérable" par l'Union internationale pour la conservation de la nature (UICN).

Le projet suscite l'inquiétude des habitants du village côtier de Yanga. "Nous ne voulons pas de votre pipeline à travers notre village", ont ainsi écrit des personnes âgées de Yanga dans une pétition datée de 2024, consultée par l'AFP.

"Nous, les habitants de Yanga, ne vous avons pas donné notre consentement donc nous voulons que vous quittiez nos terres ancestrales", poursuit le texte. "C'est notre zone de pêche depuis de nombreuses générations. C'est notre plage et notre mer."

R.Adler--BTB