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Le pétrole ralentit avec l'abandon par Trump d'un projet de taxe de 20 % sur Ormuz
Les cours du pétrole ralentissent leur hausse mardi après l'abandon par Donald Trump d'un projet de taxe de 20% sur les navires transitant par le détroit d'Ormuz, au profit d'accords commerciaux, tandis que persiste la menace d'un rétablissement imminent du blocus naval américain visant les ports iraniens.
Comme Téhéran, qui envisage de faire payer le passage dans le détroit d'Ormuz, Donald Trump avait affirmé lundi vouloir prélever une redevance équivalente à 20% de la valeur des cargaisons en échange de la protection de cette route maritime, au mépris du droit international et du principe de la liberté de navigation.
Pour l'association d'armateurs Bimco, "le surcoût" qui aurait résulté d'une telle taxe aurait constitué "un frein supplémentaire au transit" via Ormuz.
Mais dans un message publié mardi sur son réseau Truth Social, le président américain a déclaré avoir "décidé" de remplacer ce projet par "des accords de commerce et d'investissements que les différents Etats du Golfe feront aux Etats-Unis".
Après avoir plus tôt dans la séance grimpé de plus de 5% en pleine escalade militaire entre Téhéran et Washington, le prix du baril de Brent de la mer du Nord, pour livraison en septembre, montait de 1,72% à 84,73 dollars vers 15H35 GMT (17H35 à Paris).
Celui de son équivalent américain, le West Texas Intermediate (WTI), pour livraison en août, progressait de 1,59% à 79,38 dollars.
Les deux références du brut avaient gagné jusqu'à plus de 10% lundi, également soutenues par l'annonce de la mise en place d'un nouveau blocus des ports iraniens, qui doit entrer en vigueur mardi à 20H00 GMT, selon l'armée américaine.
"La perte de pétrole brut iranien, qui a représenté en moyenne 2% de la demande mondiale depuis la signature du protocole d'accord" entre Washington et Téhéran le 17 juin - qui s'était traduit par la levée du précédent blocus - "se fera sentir sur les marchés mondiaux", relève Vivek Dhar, de CBA.
L'analyste estime qu'environ 40 à 50% du pétrole ayant quitté le détroit d'Ormuz depuis le 18 juin est attribuable à l'Iran, contre une part de 10 à 15% avant la guerre.
"La véritable inconnue est la réaction de l'offre non iranienne" selon lui, car la République islamique "est désormais fortement incitée à rétablir son propre blocus".
John Evans, analyste chez PVM Energy, constate que "cette dégradation de la diplomatie et cette accélération des échanges de tirs ont pris le marché quelque peu de court".
Mais Donald Trump tout de même estimé, devant la presse à la Maison Blanche, qu'un accord avec l'Iran était encore "possible", les consultations avec les médiateurs se poursuivant selon la diplomatie iranienne.
O.Lorenz--BTB