Berliner Tageblatt - L'Iran exclut des négociations avec Washington sous la "pression"

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L'Iran exclut des négociations avec Washington sous la "pression"
L'Iran exclut des négociations avec Washington sous la "pression" / Photo: © POOL/AFP

L'Iran exclut des négociations avec Washington sous la "pression"

Les négociations entre Téhéran et Washington ne pourront réussir qu'en l'absence de "pression et de menace", a déclaré vendredi le président iranien Massoud Pezeshkian, lors d'un sommet régional au Turkménistan.

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"Le dialogue n'a de sens et n'a une chance de réussir que s'il repose sur le respect mutuel et des engagements réciproques, et s'il est exempt de toute pression et de toute menace", a-t-il affirmé au sommet de la Communauté des États indépendants (CEI), alors que les pourparlers pour mettre fin à la guerre au Moyen-Orient sont dans l'impasse.

La veille, le dirigeant iranien avait rencontré son homologue russe Vladimir Poutine, qui a proposé son aide pour contribuer au règlement de la guerre au Moyen-Orient.

"Nous sommes prêts à faire tout ce qui est en notre pouvoir pour contribuer au règlement de cette situation", a dit jeudi soir le dirigeant russe.

Selon lui, l'Iran fait "de véritables efforts pour mettre fin au conflit" lancé fin février par des bombardements américano-israéliens.

Les deux hommes participent au sommet de la Communauté des Etats indépendants (CEI) organisé à Avaza, une station balnéaire située sur les rives de la mer Caspienne.

Le chef de l'État russe s'est félicité de "l'évolution positive" des relations entre la Russie et l'Iran, qui ont renforcé leurs liens diplomatiques et militaires depuis le début de l'offensive russe en Ukraine en 2022.

L'Iran a été accusé par Kiev et les Occidentaux d'avoir fourni la technologie des drones Shahed et des missiles de courte portée à la Russie, tandis que cette dernière a été accusée de fournir des données de ciblage à Téhéran pour frapper les intérêts américains au Moyen-Orient.

La précédente rencontre entre les présidents russe et iranien s'était déroulée en septembre au Kirghizstan, en marge d'un sommet de l'Organisation de coopération de Shanghaï, dans un contexte de coopération accrue entre la Russie et l'Iran sur le plan économique et militaire depuis le déclenchement du conflit en Ukraine.

Plusieurs autres rencontres bilatérales sont prévues en marge du sommet d'Avaza, qui rassemble habituellement neuf anciennes républiques soviétiques, auxquelles s’ajoute cette année l’Iran.

- Diversifier les liens -

Créée en décembre 1991 dans les dernières semaines de l'Union soviétique, la CEI avait pour objectif de maintenir des liens entre les anciennes républiques soviétiques après l'effondrement de l'URSS.

"Le but était de régler les problèmes" entre elles, "tels que des questions économiques, certains problèmes politiques et de gouvernance", analyse Janibek Arynov, chercheur en géopolitique de l'Asie centrale, basé au Kazakhstan. La CEI "a joué un rôle important dans les années 1990 mais, depuis, elle n'a pas vraiment évolué", note-t-il.

Certains États ont depuis quitté cette organisation.

La Géorgie s'en est retirée après la guerre russo-géorgienne de 2008, tandis que l'Ukraine a cessé d'y participer après l'annexion russe de la Crimée en 2014. La Moldavie a annoncé son retrait en 2023, dans le cadre de son rapprochement avec l'Union européenne.

Pour Moscou, qui joue toujours un rôle prédominant dans cette région, "la CEI montre que la Russie dispose de sa propre sphère d'influence, consolidée et institutionnalisée par cette organisation", selon Temour Oumarov, chercheur au Centre Carnegie Russie-Eurasie à Berlin.

Toutefois, plusieurs États de la CEI cherchent à diversifier leurs partenariats économiques et diplomatiques, notamment en renforçant leurs relations avec Pékin et les pays occidentaux.

"Même si la Russie décide d'utiliser cette plateforme pour véhiculer une rhétorique anti-occidentale ou anti-ukrainienne, cela ne veut pas dire que les autres membres souscriront systématiquement à sa position", souligne Janibek Arynov.

Plus de quatre ans et demi après le début de l'invasion russe de l'Ukraine, le conflit connaît une nette intensification des frappes de longue portée des deux côtés du front ces derniers mois.

Les efforts diplomatiques déployés par les États-Unis pour tenter d'y trouver une issue pacifique sont dans l'impasse. Une situation qualifiée jeudi de "très dangereuse" par le secrétaire d'État américain Marco Rubio.

burs-ema/blb

L.Dubois--BTB