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Climat: le record de chaleur de janvier 2025, "étonnant" mais pas "aberrant" selon un responsable du Giec
Janvier 2025 a été le mois de janvier le plus chaud jamais mesuré dans le monde, selon l'observatoire européen Copernicus, qui a qualifié de "surprenant" cet énième record mensuel. Un qualificatif partagé par Robert Vautard, co-président du groupe de travail du Giec sur les bases scientifiques du changement climatique, qui trace pour l'AFP les pistes d'explications examinées par les climatologues.
Pourquoi le record de températures de janvier 2025 serait "surprenant" ?
Ce record est étonnant pendant un phénomène La Niña faible. Normalement, on s'attend à une baisse des températures en fin d'année après un épisode El Niño, qui a connu son pic en janvier 2024 (…) et là elles ne redescendent pas. Pour un mois de janvier, les températures restent tout de même dans l'intervalle attendu pour un climat réchauffé, comme actuellement, d'environ 1,3°C par rapport à l'ère préindustrielle. Ce n'est donc pas aberrant non plus.
Mais les évolutions depuis le milieu de l'année 2024 sont un peu surprenantes. Quelles sont les causes de ces records répétés ? Elles peuvent être multiples et aujourd'hui on n'a que des hypothèses.
Je vois quatre causes possibles :
- la fluctuation naturelle, en plus du réchauffement climatique d'origine humaine qui est le facteur principal
- une éventuelle réponse accrue à l'accumulation de CO2
- la baisse mondiale de long terme des émissions d'aérosols (particules émises par l'activité humaine, ndlr)
- la baisse récente, depuis 2020, des aérosols de souffre du trafic maritime (à la suite d'un changement de régulation, ndlr)
Ce sont des pistes à prendre au sérieux, qui restent ouvertes. Et il va falloir faire des simulations pour déterminer quelle quantité de réchauffement supplémentaire on arrive à attribuer à ce phénomène de réduction des aérosols.
Des études évoquent aussi la diminution des nuages de basse altitude...
On observe en effet une diminution depuis quelques décennies des nuages bas, particulièrement sur les océans, sur l'océan Atlantique, l'océan Pacifique. Cette diminution s'est manifestée fortement dans les dernières années, particulièrement en 2023.
Les nuages bas renvoient le rayonnement solaire, ce qui fait que si leur couverture diminue, alors plus de rayonnement arrive à la surface de la Terre.
Mais cette diminution est une conséquence, pas une cause. Ce qu'on ne comprend pas très bien encore, c'est à quoi elle est due: est-ce une fluctuation naturelle aléatoire, qui est liée au vent, aux configurations météorologiques? Est-ce une réponse à la hausse des températures du réchauffement climatique, qui entraîne davantage de réchauffement, donc qui forme une boucle de rétroaction? Ou bien est-ce une réponse à la baisse des aérosols, qui offre moins de noyaux de condensation qui rendent les nuages plus brillants?
Selon James Hansen, célèbre et contesté climatologue américain, la communauté scientifique a sous-estimé le réchauffement climatique. Qu'en pensez-vous ?
Ce qui est gênant, c'est le fait même que l'étude ne soit pas publiée dans un journal de climatologie, donc on ne sait pas très bien avec quelles expertises les rapporteurs l'ont relue. Mais admettons.
Les auteurs essayent de donner des explications et arrivent assez rapidement au fait que nous ne serons sauvés que par la géoingénierie du rayonnement solaire.
Ils posent néanmoins des bonnes questions : est-ce qu'on observe une accélération, c'est-à-dire une vitesse plus importante du réchauffement climatique ? Les auteurs sont extrêmement catégoriques alors que les éléments de preuve sont quand même encore assez minces.
C'est un article volontairement alarmiste, alors que les incertitudes sur cette accélération sont encore très fortes. Ça ne veut pas dire qu'il n'y a pas d'accélération : elle serait assez logique vu que les émissions de CO2 ont explosé depuis les années 2000 et que les aérosols ont baissé.
Mais c'est présenté comme un acquis alors que d'un point de vue statistique rien n'est démontré.
L'article se base sur des chaînes de déduction pour lesquelles, à chaque fois, il y a des incertitudes très fortes. Donc il arrive à sa conclusion, avec laquelle je ne suis pas du tout d'accord, qui est qu'on ne peut plus limiter le réchauffement en-dessous de 2°C Le Giec, lui, ne prend pas une valeur en disant, "c'est foutu", il parle en termes de probabilité, parce qu'il y a des incertitudes. Or dans cet article, il y a beaucoup de certitudes et pas beaucoup d'incertitudes.
D.Schneider--BTB