Berliner Tageblatt - Action en justice au Royaume-Uni contre un méga projet pétrolier de Total en Ouganda

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Action en justice au Royaume-Uni contre un méga projet pétrolier de Total en Ouganda
Action en justice au Royaume-Uni contre un méga projet pétrolier de Total en Ouganda / Photo: © AFP/Archives

Action en justice au Royaume-Uni contre un méga projet pétrolier de Total en Ouganda

Quatre agriculteurs ougandais ont déposé une action en justice au Royaume-Uni contre un gigantesque oléoduc construit par le géant français des hydrocarbures TotalEnergies en Ouganda et en Tanzanie, a annoncé mardi l'ONG de défense des droits Avaaz.

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Il s'agit de la première procédure judiciaire au Royaume-Uni contre ce projet à 5,6 milliards de dollars, baptisé Eacop, qui a déjà donné lieu à plusieurs poursuites en France contre le groupe français, dont certaines sont toujours en cours.

La société Eacop, acronyme anglais d'Oléoduc de pétrole brut est-africain (East African Crude Oil Pipeline), est enregistrée au Royaume-Uni et détenue majoritairement par TotalEnergies, aux côtés de l'Ouganda, de la Tanzanie et de la compagnie chinoise China National Offshore Oil Corporation (CNOOC).

L'action engagée mardi devant la Haute Cour de Londres vise à empêcher l'exploitation de cet oléoduc avant même qu'il ait commencé à transporter du pétrole.

Long de plus de 1.400 kilomètres, le pipeline doit acheminer l'or noir extrait dans la région du lac Albert, à l'ouest de l'Ouganda, pays enclavé, jusqu'au port tanzanien de Tanga. Sa mise en service est prévue en 2027 et la production des champs pétroliers concernés devrait durer une vingtaine d'années.

Des scientifiques et des experts ont qualifié le projet de "bombe climatique", en raison de ses émissions prévues de gaz à effet de serre.

La requête s'appuie sur le droit ougandais, qui "permet aux particuliers de demander réparation lorsque les activités d'une entreprise compromettent les efforts d'adaptation au changement climatique ou d'atténuation de ses effets", a expliqué mardi Matthew Renshaw, associé du cabinet d'avocats Leigh Day, qui porte le dossier.

Les quatre agriculteurs estiment que le projet enfreint la législation ougandaise en matière de climat et d'environnement. Ils ont toutefois choisi de saisir la justice britannique en raison du "risque réel" de ne pas obtenir justice devant les institutions de leur pays, Eacop étant une priorité du gouvernement.

"Nous avons peur que demain il y ait des fuites de pétrole, car je ne pense pas que ces canalisations puissent rester des années sous terre sans se détériorer ni se casser", a déclaré lors d'une conférence de presse en ligne Rachael Tugume, l'une des requérantes, déplacée de ses terres par le projet.

Selon l'ONG Avaaz, c'est la première fois que le droit climatique et environnemental ougandais est porté devant un tribunal étranger.

"Eacop est devenu un cas d'école mondial pour déterminer si de nouveaux mégaprojets liés aux énergies fossiles peuvent encore être menés à bien malgré une opposition croissante sur les plans juridique, financier, climatique et communautaire", a-t-elle estimé dans un communiqué.

Des opposants locaux affirment subir des intimidations et des arrestations de la part des autorités ougandaises, régulièrement pointées du doigt pour la répression des voix dissidentes.

M.Furrer--BTB