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Le G20 au défi de prouver sa volonté d'aider les pays en développement
Surmonter leurs divisions sur l'Ukraine ou le climat et prouver qu'ils sont prêts à des actions concrètes en faveur des pays en développement: c'est le défi pour les dirigeants du G20, réunis à partir de samedi à New Delhi.
L'Inde, qui préside cette année ce groupe rassemblant les plus grandes économies occidentales et émergentes, a affiché sa volonté d'être le porte-voix pour "les besoins des pays du Sud".
Le G20 de New Delhi devrait a minima envoyer un message à l'Afrique, en actant l'octroi d'un siège permanent à l'Union africaine.
L'initiative, portée par le Premier ministre indien Narendra Modi, a reçu le soutien de plusieurs membres, dont les Etats-Unis et l'Union européenne.
Même si un veto d'un des membres du G20 est toujours possible, un haut responsable du ministère indien des Affaires étrangères, Vinay Kwatra, a dit s'attendre à une décision samedi matin au sommet, auquel a été convié le président de l'archipel des Comores, Azali Assoumani, actuellement à la tête de l'UA.
Les pays du G20 risquent de peiner davantage à trouver un consensus sur les questions géopolitiques ou le climat. Des sujets pourtant lourds de conséquences pour les pays en développement, en première ligne face aux événements météorologiques extrêmes liés au changement climatique, comme face à l'insécurité alimentaire que nourrit la guerre en Ukraine en pesant sur les prix des céréales.
L'absence d'engagements solides sur le climat notamment serait un échec "potentiellement catastrophique" pour ces pays représentant 85% du PIB mondial responsables de 80% des émissions de gaz à effet de serre, a averti Amnesty International jeudi.
A fortiori au lendemain d'un rappel à l'ordre avec un rapport sous l'égide de l'ONU Climat appelant à faire "beaucoup plus, maintenant, sur tous les fronts" pour affronter la crise climatique.
Plus tôt cette semaine, à Nairobi, les participants au premier sommet africain sur le climat ont aussi appelé la communauté internationale à les aider à faire fructifier le potentiel du continent dans la lutte contre le réchauffement climatique, via des investissements et une réforme du système financier international.
- Famille "dysfonctionnelle" -
Les désaccords au sein du G20 sur l'attitude à avoir face à Moscou, l'abandon progressif des combustibles fossiles et la restructuration de la dette rendront difficile une déclaration finale dimanche.
Le secrétaire général de l'ONU, Antonio Guterres, a mis en garde contre les divisions croissantes et les risques de conflits qui en découlent.
"Si nous sommes effectivement une famille mondiale, nous ressemblons aujourd'hui à (une famille) plutôt dysfonctionnelle", a-t-il regretté vendredi lors d'une conférence de presse à New Delhi.
En l'absence des présidents russe Vladimir Poutine et chinois Xi Jinping, l'Américain Joe Biden devrait occuper le devant de la scène.
Il discutera "d'une série d'efforts conjoints pour s'attaquer aux problèmes mondiaux", notamment le changement climatique, et "l'atténuation des conséquences économiques et sociales de la guerre menée par la Russie en Ukraine", qui affecte les pays les plus pauvres, a indiqué son conseiller à la sécurité nationale, Jake Sullivan.
Joe Biden veut proposer une alternative occidentale aux gigantesques projets d'investissements chinois dans les pays en développement.
Il doit ainsi plaider pour muscler les capacités de financement du Fonds monétaire international et de la Banque mondiale.
Des réformes en cours de négociations visent déjà à améliorer la gouvernance des institutions financières internationales, notamment en y accordant plus de place aux grands pays émergents et en y intégrant plus clairement les questions de financement face au réchauffement climatique.
J.Bergmann--BTB