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ALEX BODI ȘI AMBASADORUL REPUBLICII SUDANUL DE SUD, GUM DOMINIC MATIOK, DISCUTĂ LA BERLIN DESPRE POSIBILITATEA ÎNFIINȚĂRII UNUI CONSULAT ONORIFIC LA BUCUREȘTI
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Lula ou Flavio Bolsonaro? Le Brésil aux urnes, sous l'œil de Trump
Le scrutin s'annonce serré et Donald Trump le suit de "très près": les Brésiliens vont aux urnes dimanche pour choisir entre le président de gauche Lula et son rival conservateur Flavio Bolsonaro, un choix de société dans un pays polarisé.
Encouragée par le président américain, la droite a engrangé les victoires récemment en Amérique latine. Un basculement de la première puissance économique de la région serait retentissant.
Des villages reculés d'Amazonie aux terres agricoles du Sud et aux favelas des grandes villes, les quelque 160 millions d'électeurs brésiliens sont face à un casting bien connu.
À 80 ans, Luiz Inacio Lula da Silva brigue un quatrième et dernier mandat non consécutif et affirme que la souveraineté du Brésil est en jeu face aux pressions américaines.
Peu connu jusque-là, il a été lancé par son père quand ce dernier a été condamné à 27 ans de prison pour tentative de coup d'État, pour avoir voulu s'accrocher au pouvoir après sa défaite en 2022 face à Lula.
Les deux favoris veulent croire à une victoire dès dimanche, mais les sondages les montrent encore assez loin des 50% de voix nécessaires.
Une enquête de l'institut Datafolha publiée samedi soir donne au président sortant 45% d'intentions de vote au premier tour, contre 42% à son rival, soit une quasi-égalité vu la marge d'erreur.
Un second tour aurait lieu le 25 octobre.
- "Un peu perdu" -
La campagne a connu davantage de scandales et de coups bas que de discussion sur les programmes.
Lula a estimé que son adversaire "n'est même pas apte à être gérant d'immeuble".
"Le Brésil ne te supporte plus", lui a rétorqué le fils Bolsonaro, qui se présente comme "plus modéré" que son géniteur.
Les deux camps se sont renvoyé aussi les accusations de malversations.
Flavio Bolsonaro est visé par une enquête pour corruption et blanchiment d'argent sur le financement d'un film à la gloire de Jair Bolsonaro.
Lula a passé en 2018-2019 plus de 18 mois en prison pour corruption, avant de voir sa condamnation annulée pour motifs de procédure.
Beaucoup d'électeurs devraient faire leur choix à la dernière minute.
"J'ai déjà voté Lula, mais il vieillit et cette fois je voulais quelque chose de différent. Mais je ne vais pas voter pour un Bolsonaro (...) alors je suis un peu perdu", dit à l'AFP Joelio Camargo, 52 ans, coursier à Brasilia.
- "Plus d'ennemis" -
Revenu au pouvoir en 2023, le chef de l'Etat sortant est reconnu pour ses programmes sociaux qui ont sorti des millions de personnes de la pauvreté dans les années 2000.
Il se flatte d'un chômage historiquement bas, mais les électeurs se plaignent du coût de la vie et de la criminalité.
Lula a également fortement réduit la déforestation en Amazonie, même si l'environnement a brillé par son absence dans la campagne.
Le chef indigène Bepdjo Mekragnotire, 45 ans, du village amazonien de Bau, votera Lula. "Si Flavio gagne, il y aura plus d'ennemis, plus de mines illégales, plus de déforestation", disait-il avant le vote.
Sous la présidence Bolsonaro, la destruction de la plus grande forêt tropicale de la planète avait suscité une indignation internationale.
- Drapeaux américains -
Donald Trump n'a pas apporté son soutien à Flavio Bolsonaro mais son ombre a plané sur la campagne.
Le président américain a dégainé droits de douane et sanctions contre le Brésil depuis le procès de 2025 contre son allié Jair Bolsonaro.
Lula l'a appelé à ne pas "se mêler" des élections.
Dans les meetings de la droite, on a vu de grands drapeaux américains et toutes sortes de références au locataire de la Maison Blanche.
Partisan d'un partenariat étroit avec Washington, Flavio Bolsonaro a promis la manière forte contre la criminalité et une politique de rigueur face à la hausse de la dette publique.
Carlos Roberto dos Santos, 62 ans, éleveur dans la ville de Barretos (sud-est), a déclaré à l'AFP qu'il en avait assez des dépenses publiques incontrôlées.
"Ils ont tellement de programmes sociaux. Pour rembourser la dette, ils doivent augmenter les taux d'intérêt et créer de nouveaux impôts", peste-t-il. Il votera Bolsonaro.
A.Gasser--BTB