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En Alsace, le labyrinthe dans le maïs fait un tabac
Grand blond au franc sourire, cheveux en chignon, Lucas Kessler a réalisé son "rêve de gosse": il a installé deux labyrinthes géants dans ses champs de maïs à Soultz (Haut-Rhin), dans le but de "changer la vision des gens sur la profession".
Au pied des Vosges, ces deux attractions font un tabac après seulement quelques semaines d'ouverture. La ferme a dû recruter cinq employés pour accueillir "200 à 400 personnes par jour, parfois même 500", détaille l'agriculteur de 33 ans, tout surpris par son succès. ¨
Pour 10 euros pour les adultes, et 8 euros pour les enfants, la quête peut durer une heure par labyrinthe.
Cet ancien chercheur dans une entreprise de produits phytosanitaires a repris, il y a un peu plus d'un an, l'exploitation familiale de fraises et de maïs qui s'étale sur 100 hectares.
Passionné de parcs d'attractions, il est "revenu pour faire de nouvelles choses, ne pas faire de l'agriculture comme tout le monde". "Je voulais voir et accueillir du monde" explique-t-il.
La ferme Kessler propose deux labyrinthes sur cinq hectares: l'un consacré aux arts, exposant photos et sculptures d'artistes alsaciens autour de la faune et de la flore locales, et un autre jalonné d'énigmes autour de l'agriculture du coin.
L'idée de ces deux réalisations géantes a germé cet hiver. Le jeune agriculteur a fait appel à une entreprise pour mettre au point un logiciel relié à un tracteur connecté, qui semait en fonction des dessins renseignés.
Vus du ciel, les labyrinthes représentent des formes allant de l'étoile, au smiley, en passant par un cœur.
Ces aménagements représentent un "gros investissement" dont le producteur alsacien ne souhaite pas révéler le montant.
M. Kessler, souhaite, de manière ludique, sensibiliser les visiteurs au métier d'agriculteur, en expliquant son quotidien, "par exemple comment fonctionne un tracteur".
- Fausses routes et énigmes -
"Les gens sont curieux, viennent demander +pourquoi faire pousser du maïs en Alsace ?+, raconte-t-il. J'explique que c'est pour faire des biscuits, mais aussi des médicaments, c'est pour cela que j'ai mis des panneaux explicatifs".
L'ancien chercheur veut aussi contrer "l'agribashing" que l'on ressent "ces derniers temps".
"Il faut que l'on crie haut et fort que l'on fait de belles choses dans l'agriculture française", dit-il, regrettant la contestation face à la Loi Duplomb (réintroduisant sous conditions un pesticide interdit).
"Au sujet des pesticides, on n'a vraiment rien à envier à nos voisins. Pour bien connaître le sujet, c'est sûr qu'il faut les réduire, on a encore beaucoup d'améliorations à faire à ce niveau-là, mais on est beaucoup contrôlé", estime M. Kessler.
Pour le bien-être de ses visiteurs, le cultivateur n'a pas pulvérisé ses parcelles qui accueillent les labyrinthes - résultat, certains plants sont malades.
Venus accompagnés de leur chien Rocky, Cindy et Jérémie Hugel, et leur fille Lizie, 9 ans, sont enchantés par leur visite en sortant des rangs d'épis dont la hauteur dépasse 2,50 mètres.
"On vient de faire le premier (labyrinthe, NDLR), celui des arts. De la recherche, et des fausses routes, c'est marrant, raconte Jérémie Hugel. C'est super d'en apprendre plus avec des photos des animaux locaux aussi".
"Ca faisait un moment que j'attendais de venir. On a déjà fait le premier labyrinthe et on a réussi sept questions sur 10!", se félicite Lizie.
Alain Schwebel, 72 ans, venu avec la famille au grand complet, est en pleine réflexion face à la première énigme. "On fait un labyrinthe par an", avoue ce retraité.
Les labyrinthes sont éphémères et ont vocation à être fauchés à l'automne.
Face au succès de cette première année, Lucas Kessler est ambitieux: "l'année prochaine, j'aimerais bien faire quelque chose de différent et d'encore plus grand".
B.Shevchenko--BTB